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CHAMPIGNONS

tier alimente au Fondouk une distillerie qui produit de 20 à 40 litres d'essence par jour.

Au point de vue de l'hygiène, les bouquets à' Eucalyptus autour des fermes tempèrent la chaleur, donnent un abri précieux aux gens et aux bètes; un lideau à'Eucalyptus placé entre un foyer de malaria et des habitations peut aussi s'opposer à la diffusion du poison tellurique. V Eucalyptus a donc contribué à l'assainissement des territoires colonisés.

Champignons. — Dans le Tell, la flore mycologique ne présente pas un caractère bien particulier; ce sont les espèces de l'Europe qui dominent ; les espèces comestibles et vénéneuses sont les mêmes que dans le midi de la France. Sur les marchés, on trouve en abondance l'Agaric champêtre et quelques formes voisines :1e Lactaire déUcieux ou Sanguin, le Pleurote de la Férule qui est identique à l'Oreille de chardon, la grande Lépiote, enfin plus rarement l'Oronge ovoïde, quelques Tricholoma, le Bolet granulé, le Cep, l'Hydne, quelques Clavaires.

Les empoisonnements, qui ne sont pas très rares, sont causés par les Ammanites phalloïde et bulbeuse. Ces deux espèces, assez fréquentes dans les stations fraîches, sont confondues avec l'Ammanite ovoïde.

Dans les steppes à Hélianthèmes qui s'étendent jusque dans le Sahara, les Indigènes récoltent en abondance les Terfôs, sorte de grosses truffes qui entrent couramment pour une part importante dans l'aUmentation des Nomades.

Ces truffes, bien étudiées dans ces derniers temps par M. A. Chatin (1), appartiennent à deux genres,

(1) A. Chatin, La truffe, Bota^nique de la truffe et des plantes truffières. P£|,ris, 1892,

les Terfezia, dont le Terfezia Boudieri est l'espèce abondante dans les hauts plateaux, et les Tirmania [T. Camboni et T. africana)^ qui se rencontrent dans le Sahara proprement dit après les pluies d'automne.

Daas la région montagneuse très boisée en chênes, on n'a pas jusqu'ici trouvé un Tuber ou une truffe vraie. Ce fait est assez curieux, car ce genre est bien représenté en Kspagne et en Italie.

Dans les sables désertiques, on rencontre après les pluies quelques Gastéromycètes remarquables, comme les Gyrofihragmium , Secotium , Tylostoma, Podaxon^ Xylopodium, Phellorina.

Sériciculture. — La sériciculture fut implantée de bonne heure en Algérie. Dès 1843, d'importants essais étaient faits sous l'habile direction de M. Hardy, à la Pépinière centrale, deA^enue le Jardin d'essai. Aa^cc l'excellent esprit d'observation et le zèle qu'on lui connaît, M. Hardy établit en quelques années les bases de l'industrie séricicole en Algérie. Des encouragements administratifs provoquèrent la plantation d'une grande quantité de mûriers et l'on put croire un moment à l'installation définitive de la sériciculture sous un climat qui lui est très favorable.

Mais soit insuccès de quelques essais, soit rareté de la main-d'œuvre, soitabaissement desprix, soit extension des maladies des vers, nous voyons les colons abandonner l'éducation des vers à soie, pour s'adonner à d'autres cultures en apparence plus lucratives.

Cette question est à reprendre, il faut d'abord détruire un préjugé bien établi, en démontrant que le prix de revient du kilogramme de cocons n'est pas aussi élevé qu'on le croit généralement.

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