FLORE SAHARIENNE
Feci, Fagonias, Hélianthèmes, Herniarias, Polycarpœas, Sclerocephalus^ Gijmnocarpus^ Aristida^ etc.
Dans le fond des Oueds, entre les fentes des rochers, quelques touffes de Dianthus criniius^ Farseiia, Zilla, Morkandia, Henophyton^ Galium ephedroides^ Antirldnum ramosissimum, fiandonia^Perralderia^IJœmia, etc. Mais la flore la plus riche est celle de la dune. Partout où il tombe de l'eau susceptible d'entretenir la fraîcheur du sol pendant quelque temps, se développe toute une flore de plantes annuelles : Moricandia cinerea, teretifolia, Scabiosa feneslraia, Plantago syrtica et ovata^ Reboudia erucarioides, Diplotaxis^ etc., capables d'accomplir en peu de temps le cycle de leur existence. Mais la flore saharienne est surtout formée d'espèces vivaces et sous-ligneuses.
La famille des Synanlhérées s'y montre encore la plus nombreuse, avec plus de 90 espèces et de nombreux types génériques spéciaux : Wan'onia, Gyiiwarrhena^ liheiinolepis^ Rlianierium^ Perraldeina^ Francœuria, Anvillea, Chlainidophora, Ifloga^ Lasiopogon^ Tourneuxia^ etc. Puis viennent les Légumineuses, avec une quarantaine d'espèces, dont 5 à 6 Génistées, de nombreux Astragalus^VAlliagiinaurorum ow k\^o\ si caractéristique, quelques Acacias, etc. Les Crucifères aussi avec une quarantaine d'espèces, parmi lesquelles de nombreux types spéciaux et les genres désertiques : Henophyton, Notoceras, Savignya, Farsetia, Reboudia, Anasiatica, Lonchophora, Zilla, Muricaria, Enarlkrocarpus, etc. Puis les Graminées, à peu près en même nombre avec leurs Aristida, Pennisetum, Tetrapogon, Pappophorum, Andropogon, Lygeum, etc. Les Salsolacées, au moins aussi nombreuses, avec les genres : Fchinopsilon, Traganum^ Battandier et Tkabut. — Algérie, i\
Cornulaca, Noœa , Haloxyloiiy leurs curieux Anabasis, etc. Les Boraginées n'ont guère qu'une vingtaine d'espèces, la plupart caractéristiques, et les genres spéciaux Ecfdochiion, Arnehia, Megastoma. Les Scrophulariées et les Ombellifères ont chacune une quinzaine d'espèces et, parmi ces dernières, les genres très spéciaux Deverra et Ammodaucus. Les Labiées et les Kutacées en ont chacune à peu près une douzaine. Parmi ces dernières, les Fagonia, Zygophyllum, Peganum, Nitraria tiennent une place importante. LesPlombaginées, les Résédacées, avec les genres Randonia et Oligomeris et des Résédas très spéciaux, viennent ensuite avec les Solanées, les Paronychiées, les Euphorbiacées. Les Euphorbes désertiques sont très spéciales et une espèce, YEuphorbia Guy oniana client une grande place dans la flore des dunes. Les Silénées, Cistinées, Tamariscinées, Dipsacées, Rubiacées et Cypéracées contiennent chacune 5 à 6 représentants. Les Rubiacées off'rent le curieux genre Gaitlonia. Les Rosacées sont représentées par une curieuse plante aussi, le Neurada procumbens ; les Asclépiadées par le Dsemia cordata, et le Calotropis procera venu du Soudan ; les Urticées par le Forskholea tenacissima; les Amaranthacées par VŒrua Japonica, etc. Un grand nombre de familles ne sont représentées que par une seule espèce. Des familles communes dans le bassin méditerranéen n'y sont pas représentées du tout : Yiolariées, Iridées, OrchidéeS;, etc. D'ailleurs, en dehors des Graminées et des Cypéracées, peu de Monocotylédones. Une Colchicacée, Erythrostictus punctatus 'jUne AmdiVyUidée, Pancratium Saharœ\ quelques Lihacées : Asphodelus pendulinus et tenuifolius, Dipcadi se?'otinum, Urginea nocliflora.
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Les Cryptogames sont encore trop peu connues. Nous citerons seulement un groupe de Tubéracées, les Terfas [Terfezia^ Tirmania, etc.) et le Lecanora esculen/a, à cause de leur rôle alimentaire. LesTerfaz, IrulTcs blanches peu parfumées, forment un aliment sain, parfois abondant; quelques-unes atteignent le volume d'une pomme, mais, comme elles demandent une certaine quantité d'humidité pour se développer, elles ne poussent pas tous les ans au Sahara. Le Lecanora esculenia est un lichen globuleux, mamelonné, de la grosseur d'un pois le plus souvent, d'un gris rosé, sec, facile à pulvériser et formant une farine nutritive. On le trouve parfois en grande abondance amassé par le vent. Il est assez rare en Algérie et se développe après les fortes pluies. On lui donne le nom de Manne du désert.
Toute cette llore a un cachet très spécial. Plus de la moitié des espèces lui sont propres. Beaucoup des genres sont également spéciaux. On ne sait môme pas à quelle sous-famille des Synanthérées attribuer le genre Wariojiia. Tout cela indique pour cette llore une ancienneté bien reculée.
Là plus grande partie des plantes sahariennes sont vivaces avec un aspect sec et rigide très particulier. Les Synanthérées et les Crucifères, si généralement herbacées, ont au Sahara beaucoup de représentants sous-frutescents : Warioma Saharx, divers AlracU/lis^ Rhanterium, Henophylon^ Farsclia^ Zilla, etc. Une Linaire et un Mufllier y sont également ligneux. Un Sainfoin très caractéristique, VAlhagimaurorum, y forme un arbrisseau épineux et presque sans feuilles.
Beaucoup de plantes sahariennes, pour diminuer
l'évaporation, ont plus ou moins supprimé leur feuillage et ressemblent à des brindilles de bois mort ou à des pailles sèches que l'on est étonné par moments de A^oir pousser et fleurir [Dcverra, Statice pruinosa, etc.). Chez d'autres, les feuilles deviennent extrêmement petites et, appliquées contre la tige, sont à peine visibles (^a/so/asyomescens et beaucoup de Salsolacées, les Tamarix^Calligonum, les Ephedr a, etc.). Chez d'autres, elles tombent à la moindre sécheresse [Genisla Saharœ, Rétama, etc.). Les Graminées enroulent les leurs pour cacher leurs siomcites. ]j' Ephedra alaia obture les siens d'un tampon résineux. Les épidermes se revêtent de fortes cuticules, d'enduits cireux ou mucilagineux. Partout l'évaporation est réduite à son minimum.
Les Salsolacées conservent dans leurs tissus gras et charnus des réserves d'eau qui s'épuiseront pendant les longues sécheresses. Pourtant quelques plantes ont toujours un aspect tendre et vert. Telle est, dans les dunes, VEuphorbia Guyoniana dont les racines peuvent aller chercher l'humidité très bas dans la dune. Telle est surtout la Coloquinte, assez semblable à la Pastèque, quoique plus petite. Mais outre que ses racines vont chercher l'eau très profondément, elles sont charnues et forment une réserve importante.
Ce sont surtout les plantes de la Hamada qui ont l'aspect le plus hgneux. Les Fagonia y ont pourtant des feuilles vertes, mais les uns ont ces feuilles un peu grasses comme celles des Salsolacées et fortement cuticularisées ; d'autres les ont recouvertes d'enduits visqueux spéciaux, qui leur servent peutêtre à prendre de la vapeur d'eau d^ns l'atmosphère.