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II. — Oiseaux

La faune oriiithûlngiqLiii. du Tell est iino faii^^g au piiji4 de l'Europe (l), légèrement modifiée par une vingtaine d'espèces égypliennes et orientales et autant d'espèces spéciales, dont deux ou trois passent dans la péninsule ibérique. Le SahaiiujLpart les .ûiseaux migrateurs, qui ne font que le traverser, nîLÇompte ^qu'une quinzaine d'espèces à large dispersion et une quarantaine d'espèces spéciales à la région désertique.

Rapaces. — Les Rapaces sont nombreux et comme espèces et comme individus; d'ailleurs tous les oiseaux, moins chassés que dans le midi de l'Europe, sont encore très abondants. Cette remarque peut aussi s'appliquer aux Mammifères. L'Arabe, essentiellement conservateur, faisait bon ménage avec toutes les espèces végétales ou animales. L'Européen, avec ses grands besoins et sa rage de destruction, y aura bien vite mis ordre. Le gibier diminue rapidement, drainé par les voies ferrées et les voitures.

Parmi les vautours, le Gyps fauve et le Néophron sont assez communs. VOtogyps et le Vautour arrian sont plus rares. Le Néophron Percnoptère ou Poule de Pharaon, vulgairement appelé Charognard par les colons, suit les marchés indigènes dont il connaît le lieu et la date et se charge d'y faire disparaître les débris des animaux al)attus.La voirie de ces marchés lui incombe ; aussi est-il respecté des Indigènes et peu sauvage.

Au Mansourah de Gonstantine, les nègres font tous les ans à la même date de grandes fêtes pour

(1) Pomel, Notices sur V Algérie.

Batïandier et Trabut. — Algérie. 17

célébrer rabolition de l'esclavage. Les vautours, que Ton ne voit pas d'habitude dans ces parages, arrivent à ce moment pour prendre leur part du festin en faisant disparaître les débris des nombreux moutons immolés. Il est probable qu'ils voient ou entendent de loin le remue-ménage qui se fait alors.

Le Gypaète et l'Aigle impérial sont rares. L'Aigle fauve ou royal est assez répandu dans les montagnes. Une espèce plus petite, l'Aigle ravisseur, Aquila nxvioides Ch. Bonaparte, est fort répandu en Algérie, d'où il s'étend jusqu'au cap de Bonne-Espérance et jusqu'au Sénégal. Cet animal, représenté sous le nom. de Falco Belisarius {!), est voisin de l'Aigle criard et de l'Aigle Bonelli d'Europe, espèces qui se retrouvent aussi en Algérie, ainsi que l'Aigle botté, Aquila pennata Vieillot. A citer encore le Pyrargue, le Balbuzard et le Jean-le-Blanc.

Les Buses comptent la Buse ordinaire et une espèce spéciale, le Buteo cirtensis Gh. Bonap., ainsi que la Bondrée commune.

Les Faucons, nombreux en espèces, sont utilisés par les Arabes, qui ont conservé depuis les temps les plus reculés l'institution de la fauconnerie. On ne compte d'ailleurs dans toute l'Algérie que trois ou quatre familles de grands chefs qui se permettent ce luxe. Un chef ou un fonctionnaire de médiocre importance se couvrirait de ridicule aux yeux de ses coreligionnaires, s'il se permettait un équipage de vol. Chacun de ces grands chefs entretient une famille de fauconniers, où les traditions de la fauconnerie se conservent de père en fils. On ne garde les

(1) Atlas de l'Exploration de L'Algérie.

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faucons que pendant la saison de la chasse et le temps nécessaire pour les dresser. Au printemps, on leur rend la liberté. Ils se reproduisent en liberté, élèvent leurs petits, et ce n'est qu'en juin ou en juillet que les fauconniers parviennent à reprendre quebiuesuns de leurs anciens élèves et qu'ils complètent leur équipage avec des faucons niVa6' ou jeunes non dressés et des faucons hagards ou adultes, également ignorants, qu'il faudra dresser sur nouveaux frais. On chasse au faucon le lièvre, le lapin, la perdrix et surtout l'Outarde Houbara.

Au printemps, époque où cet oiseau devient fort gras, on bat la plaine à la recherche des Itoubaras. Celles-ci déploient des ruses incroyables pour échapper à leurs ennemis, allant, venant, s'eufonçant dans les broussailles, en ressortant pour y rentrer; ce n'est que lorsqu'on est parvenu à faire lever un de ces oiseaux qu'on déchaperonne les faucons; ceux-ci se lancent à sa poursuite, en prenant le dessus, et redescendent sur la proie avec la rapidité d'une flèche, ils la frappent de l'aile et du talon et l'abattent. Quelquefois, se voyant sur le point d'être saisie par l'oiseau de proie, la Houbara se renverse sur le dos et frappe fortement son ennemi avec ses pieds (1).

L'espèce la plus recherchée pour la chasse est spéciale à l'Algérie, où elle est peu commune. C'est le Lanier de Barbarie, Gennaja barbarus. On emploie aussi le Faucon vulgaire, le Sacré, Gennaja sacer, le Lanier commun, etc. Les autres falconidés d'Algérie sont : le Chiquera macrodactyle et trois Hobereaux rarement utihsés pour la chasse, l'Lmerillon ordinaire, deux Crécerelles et V Erythropus vespertinus ; l'Autour et l'Epervier ordinaires, le Micronisus niger ; trois Milans, parmi lesquels le Milan d'Egypte;

(1) Loche, Exploration de r Algérie.

V Elanus cxruleus ; le Busard des marais el trois SWigice'ps.

Les Rapaces nocturnes sont assez nombreux aussi.; L'Effraie, la Hulotte, le Hibou commun et le Hibouj brachyote abondent. Le Grand-Duc, le Scops et la Chevêche numide ne sont point très rares ; le Brachyote du Gap a été rencontré quelquefois. A mentionner une espèce saharienne spéciale, le Bubo ascalaphus Savigny.

Le grand Gorbeau, Corvus corax, a une grande dispersion, mais il est peu abondant. On le trouve cà et là par couples isolés, à Boghar, Teniet. au Zaccar de Milianah, etc. Quelques couples habitent les falaises maritimes, surtout près d'Alger, à la Pointe Pescade, etc. La Gorneille noire, le Choucas et le Grave sont assez communs soit dans les forêts, soit dans les escarpements rocheux des hautes montagnes. Le Freux n'a été vu qu'accidentellement mêlé aux Corneilles.

Garrulidés. — Nous citerons la Pie de Mauritanie, belle espèce agréablement bariolée de noir, de bleu, de vert et de blanc; le Geai à tête noire, Garrulm cervicalis Gh. Bonap. elle Graculus minor.

Sturnidés. — On observe l'Étourneau commun, qui forme en automne des bandes innombrables, l'Étourneau unicolore et le Martin roselin.

Passereaux. — Les moineaux se sont multipliés outre mesure près des habitations. Ils nichent en quantités innombrables dans les bouquets de Platanes et A' Eucalyptus et causent aux récoltes des dégâts que leurs services comme oiseaux insectivores ne sauraient compenser. Pourtant ce sont de précieux auxiliaires dans la lutte contre les jeunes criquets. C'est le moineau espagnol qui domine. Le

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