VER BLANC
site, qui détruit sa nourrice, la larve de l'Altise. Cet insecte n'a pas été retrouvé, il est malheureusement rare. Les Crapauds mangent aussi un certain nombre d'AItises, mais ce secours est peu appréciable. Enfin un Isaria, introduit récemment, se développe pendant l'hiver sur les Altises et a pu à Tlemcen détruire toute la génération qui devait passer Thiver cachée dans les abris les plus variés.
Les ohviers sont sur certains points attaqués par le Dacus oleœ (fig. 31), qui pond ses œufs dans les jeunes olives.
Ver blanc. — C'est un ennemi redoutable des cultivateurs installés dans le haut Tell surtout; ce Ver n'est pas, comme en France, la larve du Hanneton, mais celle d'un coléoptère appartenant au même groupe, le Rhizolrogue. Les Rhizotrogues ont une couleur marron foncé, sont plus petits que le Hanneton et ne portent pas d'appendice sur le dernier anneau de l'abdomen. En été, on les voit, le soir, voler par nuées au-dessus des champs. Ace moment, les terres argileuses, qu'ils affectionnent, sont crevassées et offrent des voies nombreuses de pénétration pour les femelles, qui vont pondre dans la terre les œufs qui deviendront la terrible larve que les Arabes appellent Douda.
Ces larves rongent toutes les racines et, dans les territoires infestés, on voit d'immenses taches ayant parfois plusieurs hectares où toute végétation a disparu. Ces taches vont s'agrandissant à mesure que les Vers étendent leurs ravages en s'éloignant du centre. Les Indigènes sèment une deuxième et même une troisième fois ces surfaces dénudées. Souvent les dégâts sont plus tardifs et il est impossible de j(3ter encore de la semence avec quelque chance de Battandier et Trabut. — Al^iérie. 20
faire une récolte. Une plante résiste cependant, c'est ï F cbolium elaterium [Concombre d'âne). Cette Cucurbitacée couvre parfois à elle seule de très grandes surfaces où, grâce à ses racines profondes et probablement peu recherchées par le Douda, elle a pu se maintenir. ]
Le Douda, sur le Uttoral au moins, est sujet à des maladies qui limitent ses dégâts; quand on visite pendant l'été les terres à Douda, on trouve facilement des larves momifiées blanches farineuses et envahies intérieurement par une trame blanche de champignon. Ce parasite est un voisin de VIsarïa densa ou Botrylis tenella du Hanneton. Il se cultive aussi facilement sur pomme de terre et peut par ce moyen être propagé.
Phylloxéra. — Il a été constaté en Algérie, en 1885, à Tlemcen. Depuis, le redoutable insecte n'a pas entamé sérieusement l'ensemble du vignoble. Une législation spéciale a protégé, dès 1883, l'Algérie contre toute introduction de sarments et si les viticulteurs s'étaient conformés aux avis qui leur ont été prodigués, ils se seraient abstenus de faire venir en contrebande des sarments de pays contaminés et auraient ainsi évité d'introduire ce parasite dangereux. A Tlemcen et à Sidi-bel-Abbès, premiers foyers constatés, la lutte a été soutenue par an syndicat local digne d'éloges. Il existait à Tlemcen 794 hectares de vigne en 1885 et il en existe aujourd'hui 1 499. A Sidi-Bel-Abbès :. de 1885 à 1894, l'arrondissement passe de 1 776 à 7 043. A Mascara, pour des raisons diverses, la lutte n'a pas été entreprise avec l'énergie désirable ; aussi, sur ce point seul, dans le département d'Oran, le Phylloxéra n'est pas enrayé.
Dans le département de Constantine, à Philippe-