MOLLUSQUES
ville, la lutte par l'extinction n'a pas non plus été bien organisée et soutenue ; il en est résulté la contamination entière du vignoble ; il en est de morne à Jemmapes et à Bùne.
Le département d'Alger est encore indemne.
Les foyers des deux départements contaminés sont au nombre de quinze : sept dans le département d'Oran : Tlemcen, Sidi-bel-Abbès, Mascara, Saïda, Gargenta, Kleber ; huit dans le département de Constantine : Philippeville, Jemmapes, Gastu, El Arrouch, Heliopolis, Bùne, La Galle, Sillegue.
Dans la région de Philippeville, les Vignes américaines prennent une grande vigueur et paraissent devoir assurer, dans de bonnes conditions, la reconstitution du vignoble détruit, les terres y sont profondes, fraîches et pas calcaires.
VIL — Mollusques, Vers et Cœlentérés.
Mollusques. — Les Mollusques terrestres et d'eau douce de l'Algérie, comme les Plantes et comme les Insectes, se rattachent à des espèces ou à des genres de la région méditerranéenne. On retrouve sur notre littoral les Mollusques des îles de la Méditerranée et des rivages européens; le genre Hélix est représenté par un très grand nombre de formes.
Les Mollusques marins sont ceux de la Méditerranée , les espèces particulières à nos côtes sont peu nombreuses.
L'Ostréiculture n'a pas encore été tentée sérieusement sur les rivages de l'Algérie.
Annélides. — La Sangsue d'Alger [Hirudo interrupta)a, été l'objet d'un grand commerce pendant que
florissaient les doctrines de Broussais ; elle est abondante dans les sources et dans les marais permanents, surtout dans la région montagneuse.
Les Lombrics ou Vers de terre se rencontrent surtout dans les jardins. Aux premières pluies, on observe dans les jardins d'Alger un Photodrilus ou Lombric phosphorescent qui le soir sort de terre et illumine le sol; cette phosphorescence doit être passagère et coïncider avec l'accouplement.
Corail. — L'histoire naturelle du Corail, qui est abondant sur le httoral Est de l'Algérie, a été faite par un de nos vénérés maîtres, M. Lacaze-Duthiers (1), qui consacra une année à cette étude si remarquable (octobre 1860 à octobre 1861).
Le corail est péché surtout dans la région de La Galle; la prise du corail s'effectue par l'entortillement autour de ses rameaux de brins de ficelles ayant servi à faire des filets; lorsque ces rameaux sont supposés bien enlacés, une forte traction les casse, ils restent accrochés et sont retirés avec l'engin.
Mais le corail se fixe et se développe au-dessous des rochers, et ces rochers, qui sont ainsi garnis, portent le nom de bancs ; les pêcheurs acquièrent une grande habileté à relever ces bancs. Ce relèvement se fait sans instrument, l'habitude seule et une intuition remarquable guident ces pêcheurs. Le corail vit à partir de 10 mètres de profondeur, mais on le trouve le plus souvent entre 90 et 150 mètres.
Le corail est péché par des Italiens, sans aucun bénéfice pour l'Algérie, car les frais de garde et de surveillance ne sont pas payés par les droits de pêche.
(1) L\iCdiiç,-\}\xi\ùeTQ^ Histoire iiatureUe du Corail, Paris, 1864.