‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 12 sur 93 · LES PREMIERS HABITANTS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS HABITANTS

« Depuis le Moghreb jusqu'à Tripoft ou pour mieux dire jttBfu'à Alexandrie, depuis la mer romaine jusqu'au pays de» no»8, toute cette» région a été habitée par la race berbère^ et cela depuis une époque dont on ne connaît ni les éTénements aDtérieurs m même le commencemeot. » Ainsi s'exprime rhistorien musulman Ibn-Eiialdoun. Cette rtce^ les écrivains de l'antiquité classique ne paraissent pts e» avoir soupçonné l'unité. Us parlent des Lilyjreii», des Numides, des Gétules, des Maures comme d'i«ta»t de nations différentes, sans lien de parenté entre die». Les Grecs et les Latins se souciaient peu d'ethnologie : tts voyaient dans TAfrique du nord des peuplades dottt cbaeune* avait son nom particulier, tt''ayant ni les ittèmes cfeefs ni les mêmes lois, toujours en guerre les unes contre les autres. Ils n'en cherchaient pas davantage et décrivaient ce qu'ils voyaient, sans rapprocher ni géoérabser. A vrai dire, si nous n'avions pas d'autres moyens d'investigation, nous en serions au même point. Aussi bieo, ce root d'unité de race n'a-t-il qu'une valeur très relative. L'histoire des peuples dont nous c(yn»ais- S0B8 le noueux les antiquités nous les montre se formant

des éléments les plus divers. On peut dire qu'il n'existe pas de race absolument pure, et ce n'est pas dans l'Afrique du nord que cette loi générale rencontre une exception. Dans ce pays qui touche au Soudan par le sud, à l'Europe par le nord et par l'est à l'Orient, dans ce vaste carrefour où viennent se croiser trois mondes, il a dû se produire de tout temps une immense circulation humaine. Les émigrants de toute provenance y affluent aujourd'hui comme à l'époque turque, comme sous les Arabes, comme sous les Romains. Il est vraisemblable que les choses se sont passées ainsi de toute antiquité.

La question de l'origine des Berbères, obscure comme toutes les questions d'origine, a donné lieu à diverses théories, fondées sur l'observation des faits actuels, sur des textes anciens, sur des rapprochements que fournissent l'histoire, la géographie, la philologie. Le général Faidherbe explique la présence des nombreux types blonds que l'on trouve dans l'Afrique du nord par une invasion de Kymris. Ces mêmes guerriers à la longue chevelure, aux yeux bleus, au teint blanc qui firent la conquête de la Gaule , auraient couru par l'Espagne et Gibraltar jusque dans le pays berbère. Ils auraient élevé tous ces monuments mégahthiques, aussi fréquents sur le sol algérien que sur celui de la France. D'autres assignent aux Berbères une origine purement orientale ; ils seraient des Kouschites venus de l'extrême Asie. Il y a dans l'Inde dravidienne une population de Warwara; une province de l'ancienne Perse s'appelait le Barbaristan ; sur les bords de la mer Rouge, on trouve des Barbara ; sur le cours moyen du Nil, des Barabra. Tous ces noms marquent les étapes de la longue migration qui aurait amené du fond de l'Inde des habitants à l'Afrique du nord. On cite à l'appui le fameux texte de Salluste, dans lequel il parle de Perses, de Mèdes, d'Arméniens échoués en Afrique après la dispersion de l'armée d'Hercule ; on rapproche le nom latin de la ville de Tanger, Tingis, du mot

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