Tlemcen
rAtlaotique, de l'autre vers la Cyrénaïque; des routes intérieures se développaient parallèlement et se reliaient à elle par des voies transversales; partout existaient des chemins, dont nous retrouvons encore les solides dallages ; sur ce cadre étaient semés, dans les intervalles des grandes villes, les villages, les maisons de campagne, les camps, les postes militaires.
Les Romains avaient mis à profit les leçons de leurs prédécesseurs ; tous leurs agronomes reconnaissaient pour leur maître le Carthaginois Magon *. Dans les fermes et les exploitations rurales, on élevait, avec des troupeaux de moutons et de chèvres, des chevaux de selle, des bœufs de labour, des bœufs aux cornes larges et fortes, au cou musculeux, au fanon tombant, bien difiérenls de la maigre race d'aujourd'hui. Des irrigations habiles combattaient la sécheresse ; l'olivier, le dattier, le figuier, tous les arbres indigènes donnaient leurs fruits ; la vigne était cultivée avec soin pour le raisin, pour la fabrication des vins ordinaires, des vins cuits, des vins de raisin sec. Dans les espaces découverts, dans le sol profond des plaines, on ne semait que du blé. La Numidie et l'Afrique propre étaient alors dans le monde romain ce que sont actuellement pour l'Europe les grands marchés à céréales de la Russie, de la Hongrie, de l'Amérique. Elles nourrissaient leurs habitants et versaient à l'Italie le trop-plein de leurs greniers et de leurs silos. C'est pour cela que la politique des empereurs attachait une telle importance à la possession de ces provinces. Là étaient les ressources de l'annone, le pain quotidien de la grande ville ; qui tenait l'Afrique pouvait affamer Rome.
Les témoignages des contemporains et plus encore le spectacle grandiose des ruines donnent l'idée d'une remarquable prospérité. Partout des aqueducs, des thermes, des temples, des théâtres, des arcs triomphaux, les tra<