‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 20 sur 93 · LES VANDALES^. -^ LA RESTAUI^ATION BYZANTINE · texte numérisé non relu

LES VANDALES^. -^ LA RESTAUI^ATION BYZANTINE

Un gouverneur mécontent ett rébellion contre rautorité centrale appela les barbares du nord. Les Vandales ne demandaient pas mieux que de quitter l'Espagne où ite étaient pressés entre les Wisigoths et les Suèves ; la réputation de cette Afrique fertile les attirait ; ils répondirent avec empressement aux ouvertures du comte Bonifacé. Celui-^ci* leur offrait les Mauritanies jusqu'à l'Ampsagas, à condition de lui garantir le reste. Ils franebirertt le détroit et occupèrent sans résistance le pays quï leuf était livré ; mais cette invasion* avait bouleversé l'Afrique', de tous côtés les nomades accouraient au pillage, tes donatistes se joignaient aux barbares, tous ceux que la société romaine écrasait de son poids se levaient pour la détruire. Il y a de la rage de sectaire dans les dévastations qui furent commises. L'ambitieux chef des Vandales Genséric ne s'arrêta pas à la limite qu'il avait d'abord acceptée. Boniface, effrayé de tant de catastrophes, avait fait sa paix avec Placidie ; il essaya de négocier avec les Vandales, qui ne voulurent pas entendre parler de s'en retourner. Il se décida à combattre, fut défait et rejeté dans Hippone. La conquête subit alors un temps d'arrêt. Les Vandales signèrent avec l'empire un traité qui leur reconnaissait moyennant un tribut la possession des territoires qu'ils avaient occupés. En 439, ils reprirent les

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hostilités, se jetèrent à Timproviste sur Carlhage qu'ils enlevèrent. Us éébordèrcirt jusqu'à la Tripolitaine, qui fut envahie à son tooF en 45&. Ils étaient conduits par un homme peu ordinaire, le plus remarquable peut-être de tons ces eomquérants barbares. Il étendit ses entreprises au dtebors^, se créé une marine, prit les Baléares, la Corse, la Sardaigne, la Sicile. En 655, profitant de l'anarchie où se dbébattait l'Italie, il était venu débarquer à Fembouchure dtf Tibre et pendant quatorze jours et quatorze nuits avait procédé méthodiquement au pillage de Rome : l'or, l'argent, les statues des dieux et des héros, les étoffe», tes meri)le& précieux, même le dôme en bronze à&ré (fui recouvrait le Capitole, tout fut entassé sur ses vaisseaux. Cela ne l'empêcha! pas plus tard de se mêler activement aux intrigues qui disposaient de l'Occident et d'intervenir dans le choix des empereurs. Attaqué par les Grec&,- il les battit et força Zenon à lui demander la paix. La conquête de l'Afrique ressemble à tontes celles que les haibares firent alors sur l'empire. A leur départ d'Espagne, les Vandales e* les Alains, qui s'étaient joints à eux, ne formaient pas hto effectif de 50 000 combattants ; ils mêlaient à lewr suite leurs ferames^, leurs enfents, leurs vieillards. C'était moins une nation qu'une armée. Genséric du* poorvoir à l'existence de ses guerriers : aux uns il distribua des terres, les autres furent installés chez les anciens habitants avec jouissance partiaire ; c'est ainsi que procédaient en Gaule tes Wisigoths et les Burgundes. U est possible qu'il y ait eu des spoliations et des viotences, mais on ne voit pas que les possesseurs du sol aient été expropriés en masse. Il faut se défier des écrivaias ém temps, de leurs exagérations de langage, des termes excessifs qu'ils prodiguent à tout propos et que vient contredire ensuite leur propre témoignage. En Afrique aussi bien que dans le reste de l'empire, le ruir •eux impôt foncier avait eu pour conséquence l'abandon d'une partie des terres ; les biens séquestrés par le fisc

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donnèrent à Genséric de quoi faire des largesses et se constituer à lui-même un magnifique domaine. Il est certain que la loi vandale reconnaissait deux classes de propriétaires : les propriétaires romains ou civils, payant une contribution en argent, et les propriétaires barbares, astreints seulement au service militaire. Ces derniers étaient toujours organisés comme pour la guerre. Leur nombre, accru par l'excédant des naissances et plus encore par de nouveaux afflux d'aventuriers, montait à 80 000. Le commandement était partagé, sous la direction suprême du roi, entre des comtes, des hundafath ou chefs de mille^ des chefs de cent et de dix ; en temps de paix, les mêmes hommes exerçaient les pouvoirs civils et judiciaires , mais ils n'avaient d'autorité que sur les Vandales. A côté d'eux, l'ancienne administration subsistait avec ses cadres et sa hiérarchie; les lois impériales continuaient d'être en vigueur ; c'étaient des fonctionnaires romains qui levaient l'impôt dans les mêmes formes qu'autrefois ; dans les villes, les municipalités conservaient leur large autonomie, le defensor civitatis siégeait toujours dans son tribunal , les appels étaient portés devant un magistrat suprême résidant à Carthage, le prœpositus judiciis romanis in regno Africœ Vandalorum. Les Vandales n'eurent jamais la pensée de détruire la civilisation et d'imposer leurs institutions et leurs mœurs ; ils se considéraient comme une grande garnison, à qui le pays devait la subsistance. L'élément militaire ayant le pas sur l'élément civil, c'était leur chef, le roi des soldats, qui gouvernait. Ainsi la condition de la bourgeoisie romaine ne changea pas beaucoup. Quant aux indigènes, ceux des Mauritanies étaient depuis longtemps presque indépendants , Genséric les ménagea ; il les employait comme auxiliaires dans ses courses maritimes, cette vie d'aventures leur plaisait ; c'était déjà la grande piraterie barbaresque. Les paysans de l'Afrique et de la Numidie demeurèrent ce qu'ils étaient auparavant, esclaves ou

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