LES DÉBUTS DE LA CONQUÊTE IH
énorme ; pour constmire des routes, il bouleversa sans ménagement leurs propriétés et leurs eintôti^es. Il s'ior quiétatt peu de frapper juste, mais de frapper fort. Les émissaires douteux d'un ckef «aharien ayant été déra-* Usés , une colonne tomba sur la tribu soumise des Ottffia^ tout à fait innoeents de ce méfait ; hommes , femmes , enfants, tout fut exterminé. Le c^ikh, échappé seAil à cette tuerie, parut devant un cMBeil de guerre ; il n'euit ims de peine à se justijier, mais som acquittement eût été la condanmatk>n de Rovigo ; il fut exécuté ; Tarmée assista avec une stiq>eur indignée à cet assassii^t juridique. Une autre fois, c'étaient deux ealds y&om à Alger avec un sauf-conduit que Vob mettait à mort. Savary prétendait terrifier les Arahes, il les exaspéra; les plus indéds se prononcèrent contre nous, la guerre sainte fut proclamée, on se battit sur toute la Ugne. Dass la Mitidja, les Arabes subirent un échec à Boufarik, eA une colonne alla saccager Blida. A Test, les capitainefi Yusuf et d'Armandy renouvelaient avec plus de succès la tentative du commandant Hoiuler et s'emparaient de Bône. Mais à Oran le général Boy^r se livrait à de tels excès que Rovigo luiHOQême s'en émut e4 le fit rappeler- La commission d'enquête envoyée en Algérie en 18^ apprécia avec sévérité tou4 ce qui s'y était fait et surtout les actes de Savary. Celui-ci, gravement malade, avait du. s'absenter ; le général Voircd exerça l'intérim d'avril 18ââ jusqu'en septembre 18Si!t. S<wi administratioa fut habile et féconde ; il entrait en rapports avec les indigènes, les utilisait comme auxiliaires ; la tribu remuante des Hadjoutes, intimidée par une forte démonstratioa, aeeepla un caïd de sa main. Le général Trézel alla enlever la ville de Bougie et y laissa une garnison ; MLoock-d'Uzer, envoyé à Bône, s'y maintenait victorieuseiiient. L'influence française faisait de rapides progrès j le dheikh de Tuggurt, ennemi déclaré d'Ahmed-bey, soUiciiait une alliance ; autour d'Alger, les relations devenaient plus faciles, la sécu*-
rite renaissait. La bonne foi et l'équité du général Voirol inspiraient la confiance. Quand il s'embarqua pour quitter l'Afrique, les habitants européens firent frapper une médaille d'or en son honneur, les caïds de la plaine vinrent lui offrir des présents d'adieu.
L'ordonnance du 22 juillet 1834, s'inspirant des conclusions de la commission d'enquête, institua un gouverneur général des possessions françaises d'Afrique. L'organisation qui fut alors adoptée prêtait à bien des objections ; mais elle semblait indiquer, dans l'esprit de ceux qui dirigeaient l'Etat, des desseins plus arrêtés et des résolutions plus fermes. On se décidait enfin à conserver l'Algérie. Le premier gouverneur fut Drouet d'Erlon ; il avait soixante-dix ans ; c'était encore une vieille gloire de l'Empire qu'on exhumait mal à propos. De caractère flottant, l'esprit affaibli par l'âge, il se laissa tirailler par toutes les influences et duper par toutes les intrigues- Dans la Mitidja, une rupture avec les Hadjoutes prit les proportions d'un grand événement. C'était une petite tribu pouvant mettre à cheval quelques centaines d'hommes , mais ils trouvèrent moyen de faire beaucoup de mal : ils couraient la plaine, se glissaient entre les postes, pillaient les fermes, enlevaient ou tuaient les isolés. Des colonnes étaient envoyées contre eux ; des bulletins annonçaient leur destruction; mais ils reparaissaient toujours , audacieux et insaisissables. L'impuissance où l'on était de réduire ces faibles ennemis fut du plus déplorable effet. L'incertitude était partout et le désordre. A Bougie, un fonctionnaire civil entrait en pourparlers avec les indigènes sans l'aveu du commandant de la place, Duvivier. Celui-ci, trouvant mauvais qu'on négociât avec un eniiemi qui faisait de son départ la condition de la paix, parla de se retirer; on le prit au mot. Cette injustice et ce manque de dignité ne furent d'aucun profit ; les hostilités recommencèrent presque aussitôt. Mais c'était surtout dans l'ouest que des fautes graves étaient commises.