CHAPITRE IV
Le gouvernement ratifia le traité de la Tafna ; la ^eule excuse d'une telle faute, c'est qu'on avait besoin de la paix dans l'ouest pour venger l'échec subi devant Constantine par le maréchal Clauzel.
Clauzel avait voulu agir sur tous les points à la fois. Il n'avait rien terminé dans la province d'Oran; autour d'Alger, les incorrigibles Hadjoutes n'avaient pas été détruits ; de deux beys nommés à Cherchell et à Médéa, le premier n'avait pu s'installer, le second n'avait pu se maintenir. A Constantine, le bey Ahmed, bien que sa destitution fût prononcée depuis 1830, continuait de régner. C'était un homme d'intelligence et d'énergie; Hussein-dey, qui, malgré sa qualité de Coulourli, lui avait confié une province, le tenait en haute estime. Il avait su se débarrasser des Turcs, qui ne l'aimaient pas, et les avait remplacéspar des fantassins kabyles et des cavaliers sahariens tout à sa dévotion. Les indigènes sentaient en lui un maître. Malgré les haines que sa cruauté avait amassées, il était docilement obéi *. Ce n'était pas là un adversaire méprisable, et, si on voulait l'attaquer, il fallait s'attendre à one rude résistance. H n'était pas urgent de le combattre ; \a garnison de Bône, bien commandée par Monek d'Uzer, se suffisait parfaitement. L'ennemi redoutable était dans l'ouest; il était sage d'en finir d'abord arvec lui; on aurait