‹ L'AlgérieChapitre 17 sur 102 · LES PHÉNICIENS · texte numérisé non relu

LES PHÉNICIENS

niqne paraît avoir été en défaut. Ils ne comprennent pas au début la gravité de la lutte où ils se sont engagés ; ils soutiennent peu leur glorieux Hannibal et le chassent au premier signe de l'étranger. C'est seulement la troisième guerre qui leur ouvre les yeux; alors enfin ils s'aperçurent qu'il y allait pour eux non plus de la Sicile ou de l'Espagne ou de l'Afrique, mais de l'existence même. Ils combattirent avec un acharnement désespéré; mais il était trop tard, Carthage fut prise et détruite. Le vainqueur. Scipion Emilien, Romain déjà pénétré d'hellénisme, solda\ philosophe, ne put retenir ses larmes devant ce désastre immense. C'était plus qu'une ville qui s'écroulait, c'était tout un monde, une des vieilles civilisations antiques. Pendant les sept siècles de son existence, Carthage avait mis partout sa forte empreinte. Ceux mêmes qu'elle avait si durement opprimés restèrent fidèles à son souvenir. Dans toute l'étendue de son ancien territoire, les indigènes traversèrent la domination romaine en parlant la langue punique. Leur religion ne varia point. Baal, Tanit, Eschmoun continuèrent d'être adorés, et les dieux de la Phénicie ne disparurent que devant le triomphe du christianisme.

Wahl.

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