Voy. les cartes du Service géographique de Carmée
c'est là que Mouley-Mohammed avait installé son camp. Pour l'aborder en venant du nord-est, il fallait franchir d'abord l'oued-Bou-Naïm, puis l'Isly. L'armée française commença son mouvement dans l'après-midi du 13 août, le suspendit à la tombée de la nuit et se remit en marche à deux heures du matin *. Elle était disposée en un grand losange avançant par un de ses angles ; les 18 bataillons d'infanterie formaient autant de petits carrés avec une compagnie sur chaque face et une compagnie de soutien au milieu; la cavalerie se tenait à l'intérieur du grand losange. Lamoricière commandait en second; le général Bedeau, les colonels Cavaignac, Pélissier, Gachot dirigeaient l'infanterie; la cavalerie avait pour chefs les colonels Tartas, Morris, Yusuf. L'ordre de bataille adopté permettait de soutenir aussi bien dans les mouvements que dans les haltes l'attaque des cavaliers marocains; quant à leurs fantassins, il n'y avait pas à s'en préoccuper. Au point du jour, on passa l'oued Bou-Naïm; à huit heures en arrivant à risly on aperçut les camps marocains ; sur la colline la plus élevée, on distinguait le parasol et les étendards de Mouley-Mohammed. Des masses de cavalerie se dirigeaient vers les gués pour en disputer le passage. Après quelques minutes de halte, les clairons sonnèrent, et l'armée s'avança au pas accéléré, l'Isly fut franchi sans beaucoup de peine, l'artillerie de campagne ouvrit aussitôt le feu sur la butte où était le prince marocain. Mais alors l'immense cavalerie de l'ennemi, s'ébranlant au galop, essaye de nous déborder; les flancs et la queue de la colonne sont assaillis; l'infanterie reçoit la charge avec une solidité inébranlable pas un homme ne faiblit; les tirailleurs, à cinquante pas en avant, attendent de pied ferme ; les carrés font des salves l'artillerie vomit sa mitraille. L'ennemi s'arrête et tour billonne. Le grand losange toujours formé reprend sa marche; il s'ouvre pour laisser passer la cavalerie. Yusut
1. Voy., pour le récit de la bataille, le rapport de Bugeaud. Voy. aussi la relation de Léon Roches publiée par dldeville (U Maréchal Bugeaud d'après sa correspondance, t. II).