‹ L'AlgérieChapitre 38 sur 102 · BUGEAUD ET ABD-EL-KADER · texte numérisé non relu

BUGEAUD ET ABD-EL-KADER

que le ministère français, devant les réclamations de la presse et des chambres, se décidait enfin à adopter, leur donnèrent à réfléchir. Ils engagèrent l'empereur à faire la paix, mais lui laissèrent croire qu'il pouvait en dicter les conditions. A l'ultimatum signifié par le prince de Joinville il fut répondu que l'on punirait d'une façon exemplaire les chefs marocains coupables d'agression sur notre territoire, mais qu'on exigeait expressément la destitution du maréchal Bugeaud, pour avoir franchi la frontière et occupé Oudjda. Ces propositions étaient dérisoires. Bugeaud et Joinville furent autorisés à agir parles armes.

Le maréchal avait en face de lui non plus seulement El- Guennaoui, mais le fils même de l'empereur, Mouley-Mohammed. Le prince avait amené de nombreux renforts, et son armée, qui grossissait tous les jours, formait déjà une masse de trente à quarante mille hommes. Abd-el-Kader, qui voulait tenter une diversion en Algérie, s'était heurté partout à des colonnes et avait dû rentrer au Maroc. Mais il était à craindre qu'il ne renouvelât cette manœuvre avec un meilleur succès. L'ennemi avait assez de cavalerie pour faire des détachements sur les flancs de la petite armée française, pour soulever le pays autour d'elle et lui couper les vivres. Bugeaud se décida à prendre l'offensive; il appela à lui la cavalerie du colonel Eynard et le général Bedeau, avec lequel il fit sa jonction sur l'oued Derfou. 18 bataillons d'infanterie, 19 escadrons de cavalerie, constituant ensemble un effectif d'à peu près 11 000 hommes avec 16 bouches à feu, c'était assez pour combattre et pour vaincre.

A l'ouest d'Oudjda, l'oued Isly, venant du sud, décrit une légère courbe pour recevoir son affluent l'oued Chaïr; il continue ensuite sa marche vers le nord, mais en changeant son nom pour celui d'oued Bou-Naïm; dans la boucle formée par l'Isly et le Chaïr s'élèvent quelques collines;

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