‹ L'AlgérieChapitre 47 sur 102 · CONQUÊTE DU SAHARA ET DE LA KABYLIE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DU SAHARA ET DE LA KABYLIE

front. Les Beni-Iraten, attaqués les premiers, se ilcfendirent avec vigueur; mais, écrasés sous le nombre, ils cédèrent après une lutte de deux jours ; parmi les tribus voisines, plusieurs se hâtèrent de demander l'aman; mais les Beni-Menguillet, retranchés dans leur village d Icheriden, soutinrent le 24 juin un sanglant combat contre la division Mac-Mahon. Leur défaite entraîna celle des Beni-Yenni; Tafïaire du 11 juillet et la capture de la prophétesse des Illilten Lella-Fathma furent les derniers épisodes de la campagne. Elle avait duré soixante jours. Toutes les tribus livrèrent des otages et payèrent la contribution de guerre. Le fort Napoléon, construit sur le plateau de Souk el-Arba, chez les Beni-Iraten, dominait le pays jusqu'à i Djurjura; des routes militaires s'ouvraient au milieu dei montagnes. La Kabylie était domptée, mais elle conser vait ses institutions municipales, ses Djemaas, ses Amins et ses Kanoun *.

Le traité de Tanger nous avait donné comme voisines, sans les soumettre à notre autorité, les tribus remuantes des Beni-Snassen et des Angad; c'étaient d'incorrigibles pillards, toujours en révolte même contre le Maroc et qui ne connaissaient ni traités ni frontières. En 1859, les Angad et d'autres Marocains se permirent des incursions sur le territoire français; des isolés furent assassinés, des détachements et des postes assaillis. Ces agressions insolentes devaient être réprimées. C'était le temps du ministère de l'Algérie; le général de Martimprey était alors commandant des forces de terre et de mer; il agit avec vigueur. Un camp fut formé à l'Oued Kiss, et, malgré les ravages que le choléra taisait dans leurs rangs, les divisions Walsin et Yusuf enlevèrent le plateau d'Aïn Taforalt et le village de Tagma, où s'étaient retranchés les Beni-Snassen. En plaine, la cavalerie du général Durrieu châtiait les Angad et leurs complices les Maya. La fron-

1. Voy. Carrey, Récits de Kabylie; Letourneux et Hannoteau, La Ka^ bylie.

lière avait besoin d'être nettoyée au sud aussi bien ({n'au nord; une petite colonne, composée de quelques soldats français et de contingents indigènes, sortit de Géryville et exécuta sur les Beni-Guil une brillante razzia.

La région du sud-ouest, depuis Géryville jusqu'à Oiiargla, avait été érigée en un grand commandement au profit des Si-Hamza; c'était donner une importance excessive à cette famille déjà trop puissante par l'ascendant religieux qu'elle exerçait non seulement sur les Ouled Sidi-Chcikh, mais sur toutes les populations de notre Sahara; on se ménageait pour l'avenir de redoutables complications. Tout alla bien tant que vécut le khalifa Si-Hamza ; son fils aîné, Si-bou-Beker, servit aussi la France avec ardeur et dévouement, mais il mourut quelques mois après son père. Si-Sliman, qui le remplaça, était jeune, d'un orgueil facilement irritable, disposé à subir les entraînements du fanatisme et de Tambition. Quelques froissements éprouvés dans ses rapports avec les officiers français l'avaient mécontenté; son oncle Si-Lala le poussait à la défection. Dès le mois de février, son attitude ne laissa plus de doute \ Au premier bruit, le lieutenant-colonel Beauprêtre, commandant supérieur de Tiaret, se porte vers le Djebel-Amour; mais les goums des Harrar le trahissent et ouvrent son camp à l'ennemi; le colonel et son infanterie, une centaine d'hommes, sont massacrés. Leur résistance désespérée a coûté la vie à Si Sliman ; mais Mohammed Ben Hamza, son frère, lui succède; à la nouvelle de l'anéantissement d'une colonne française, les tribus du Djebel-Amour se soulèvent, l'agitation s'étend jusque dans le Tell. L'insurrection avait bien choisi son moment, elle nous prenait au dépourvu; la meilleure partie de l'armée d'Algérie était au Mexique ou en Cochinchine; le gouverneur général Pélissier, alourdi par l'âge, n'avait plus son énergie d'autrefois. Les premières opérations, exécutées avec des forces insuffisantes»

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