‹ L'Algérie romaineChapitre 125 sur 174 · L. Hciiier, fiolice sur IHmcr. de Vcll. Paterculm^ p. S · texte numérisé non relu

L. Hciiier, fiolice sur IHmcr. de Vcll. Paterculm^ p. S

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que OÙ le légat commandanl la 3® légion n'exerce absolument qu'un commandement militaire et est placé sous les ordres du proconsul. Si l'empereur n'est pas mentionné dans l'inscription, c'est que c'était par l'ordre supérieur et sous les auspices, non pas de l'empereur, mais du proconsul, que la voie avait été construite.

Mais ce régime exceptionnel et d'une libérale déférence à l'endroit du sénat était fait pour effaroucher tôt ou tard des princes plus ombrageux ou des maîtres 4noins solidement assis qu'Auguste ou que Tibère. Galigula s'inquiéta d'une pareille irrégularité ; effrayé de cette toute-puissance du proconsul d'Afrique, et d'ailleurs, selon la maxime générale des empereurs, préoccupé de concentrer dans les mains du prince tous les ressorts de l'autorité militaire, il retira au représentant du sénat le commandement des troupes d'Afrique et le confia à un légat impérial propréteur. Le proconsul conservait l'Afrique ancienne; l'Afrique nouvelle, c'est-à-dire la Numidie, et les troupes qui y étaient cantonnées, furent remises à la garde d'un légat nommé par l'empereur.

Il y a là, dans l'histoire de l'administration romaine en Afrique, une véritable étape, à laquelle il est important de s'arrêter. C'est là, sous couleur d'une irrégularité détruite, d'une anomalie supprimée, un changement considérable, sur lequel il convient d'insister, parce qu'il jette sur la politique des empereurs une vive et instructive lumière.

Les empereurs redoutaient beaucoup, non pas l'autorité, ni le contrôle ou même le prestige du Sénat, qui n'était plus que l'ombre d'un grand corps politique et n'avait plus d'indépendance, mais la personnalité de certains sénateurs, et ce qu'on pourrait appeler les individualités considérables. C'était là une conséquence naturelle du peu de stabilité et de la perpétuelle inquiétude d'un gouvernement monarchique sur lequel pesait incessamment la menace de quelque coup d'État prétorien, de quelque compétition lointaine, se rapprochant de Rome et grossie à chaque pas par de nouvelles

légions. Les empereurs, surtout les mauvais princes, appréhendaient à bon droit que l'on ne proclamât quelque part, dans un corps d'armée, au fond d'une province, un de ces personnages bien en vue, un de ces grands citoyens populaires que leurs talents, leur vie privée, leurs services militaires désignaient au respect et à la reconnaissance publics, et qui faisaient souvent avec le prince un vivant et outrageux contraste. Aussi était-ce une règle adoptée depuis Auguste, et cette défiance impériale était devenue raison d'État, que les sénateurs ne pussent jamais sortir d'Italie sans la permission de l'empereur. Leur grandeur, on le voit, les retenait au rivage : ils étaient comme gardés à vue ^

C'est, par exemple, en vertu de cette précaution systématique que l'Egypte, cette riche province et comme unique, qui aurait pu, entre des mains ambitieuses, devenir aisément une monarchie sécessionniste, ne pouvait être gouvernée que par un simple chevalier romain, prœfectus augustalis j^gypli : titre pompeux, exceptionnel, situation considérable, qui plaçait ce fonctionnaire bien haut dans la hiérarchie équestre, puisqu'il venait immédiatement après le préfet du prétoire et avant le préfet de l'annone, mais qui enfin le laissait, le reléguait dans l'ordre des chevaliers *.

1. C'est ce qui explique comment les nouveaux empereurs, au moment où on les proclamait dans les provinces, avaient autour de leur personne un si petit nombre de sénateurs. Ils ne pouvaient avoir en effet, à ce titre, que les légats de légions, ou les rares sénateurs qui étaient bien dûment et ofticiellement autorisés à l'absence, en tant que revêtus de fonctions publiques. C'est ainsi que nous voyons dans Tacite, au moment de la guerre de Judée, Vespasien, récompensant tous les officiers qui se sont distingués sous ses yeux, faire sénateurs un grand nombre de chevaliers et accorder des distinctions nouvelles aux sénateurs très peu nombreux qu'il a eus sous ses ordres, au père de Trayan, par exemple.

2. Tac, Hisi.^ I, 11. « L'Egypte avait sept millions d'hommes et de grandes richesses ; Octave ne voulut confier tant de forces qu'à d'obscurs personnages, à de simples chevaliers qui, n'étant rien que par lui, ne pourraient rien contre lui. Il ne leur donna même pas les insignes des gouverneurs ordinaires. C'étaient des agents qu'il envoyait adminis-

Qu'y a-t-il donc d'étonnanl à ce que, le jour où les yeux un Caligula tomberaient sur le proconsul d'Afrique, où m attention serait appelée sur ce sénateur appuyé d'une rmée redoutable et disposant des céréales de ces fertiles igions, l'empereur s'émût d'un si périlleux étal de choses t coupât court à une situation qui devait lui sembler si melaçante î

Que l'on se figure en effet quel personnage ce pouvait être [ue ce proconsul de la province d'Afrique, avec ses légats, on questeur, ses riches appointements *, et ce cortège de louze licteurs, dont il avait, avec son collègue le proconsul l'Asie, le brillant privilège. Des descriptions du troisième •iècle nous le montrent trônant à Carthage, dans cette ma- [nifique résidence, et comme un véritable roi. Dès les preûiers temps de l'empire, c'était déjà un personnage grand •ami les plus grands. La province d'Afrique était la preîière des provinces sénatoriales, comme la Syrie était la remière des provinces de l'empereur. Les proconsuls d'Asie t d'Afrique avaient, je l'ai dit, douze licteurs, alors que six cteurs seulement étaient attribués à leurs collègues. Enfin, îDs la constitution d'Auguste, on ne pouvait aspirer à l'un i à l'autre de ces deux proconsulats exceptionnels que cinq inées au moins après l'exercice du consulat, que dix années >rès, dans la constitution de Tibère ^. On voit donc que

irune de ses fermes (xb [kiyiGxoy tûv xTr,(jLaTa)v, Philon, adv. Flac, 987), et dont il revoyait lui-même les comptes. 1/Égypte, considérée mme le domaine des empereurs, ne comptait point parmi les proices, et ses revenus, au lieu d'être versés dans les caisses publiques, mentaient leur fortune particulière. Une légion dans Alexandrie, deux ns le voisinage, neuf cohortes et trois escadrons, commandaient une éissance que, en dehors de la capitale, ces populations dociles ne irchandaient pas. » V. Duruy, t. III, p. 613.

1. Dion Cassius, LXXVIII, 23. Le proconsul d'Asie et celui d'Afrique levaient chacun, au commencement du m' siècle, un million de ses-

2. Voir, dans la Revue archéologique de septembre 1873, une note léressante de M. Desjardins sur le cursus honorum d'un légat de Pan-

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tout r^hdijii«dit b di^rniti^ rt raiiUjhti^ du prococksol. L»$ h»^ fit fmndi vinire*. I'àg«^. l'appdri^il exti^rkur. mmsut sŒâ le nombre <;t 1 importance d^ haat* f'XietîijQndîres fpd»vajent souA *^ ordriîs *.

C^X din.*i que, dân.^ «on étal-mâjor. il ne compUit p» moinA «le qmtre lë>:dts. d'abord eeloî qui comiiuiniiii Tannée, /'^y^/'M ief/ionii, puis le^ légats chargés de la dim-

(,ri r^rt^jft ^ibinri-.. apr-r* avorr pircoom [^ ^t^mJtrt parti* •:*««fi^r^ *A f^-fftpl. U pr<:tnr*i, r*i<^oit la cnratell* tî* U tw U(iaa o»>n:apW •{ruii. en '{a^liV <1^ )urviiai* per .-Emiiùtm et Ufmrism^ U lî^c cbr^

i.ï'éxtC'K t\H4'*À\'' «-tibii* M. Aarêk. Il r^rTirrit akfs p«jar hq té»(« 2U ♦•fripl';!" Mit iU:r*r*. fifftùîuitifïf: d'âboM nne li^irioQ et «leTî^Qt aife ^ 'v*«ip ilf' y frffipt-.ff-jir (jint;t\ii, en même temp* qn'ii e^t mU à la l^ M'ijfi i\t'.UfÀi*'.iu*-u* qni prend part à dei opéra t40iL5 miliîaires « 'rffmanie ''213^ ; prftp*t%Hut rtxUlarii* Germankdt exjtedUi&ikU. amnA*- (fu»ti.

\At ^ouverTiernerit de ta provinre impériale de Rhétie e^^l ?a .leraiért fonrAUfU prétorienne.

(Xinnn) ordinaire en l'année 214, poi* p«>ntife et angnre, il est ensiiî^ rhar^ré de ce4 attribution» encore mat coonoes qoe désignent assez ob»tnrément r^jt différente^ formate* : ytM2«x ex deUgatione eoÇÊUû/Kt» Cœtarianarttmf ou yt^iex ex delegaiu frinâffum, oa bien encore ^ti^ ex iUUgatUmibiu tacrU, tke sacra judicant, on enfin a cûgniiii»»^ utrolfiqw; c'est-à-dire qn'il e^t, «oit à Rome l'aisesseur de Ytm^txto. qui avait, comme on «ait, la haute juridiction civile et criminelle, soH le délégué du prince dan^i le« grandes questions litigieuses qui intéressaient les provinces, et qui se jugeaient sur place.

Kn même temp^ peut-être prœfeciu$ alimentorum et chargé d'iae rni4<tion considérable, elecltu ad œrrigendum tUUum Italiœ. il est eifi nommé gouverneur de la province consulaire impériale de Pannooie inférieure, et ce n'est qu'après tant de charges et tant d'honoeors qi'i' reçoit le gouvernement de la province sénatoriale consulaire d'Afrique r'fM'U'A'iTH le gouvernement qui, avec celui de l'Asie proconsnlaire; était le plus élevé de tous dans la hiérarchie des fonctions provinciales.

1. Je trouve, dans un assez récent compte rendu d'une séance de FAcademie des inscriptions, Tintércssante communication que voici : « l* HHUMneur du proconsul d'Afrique. — Une inscription grecque, relevée dann le cimetière israélite de la ville de Kef (l'ancienne Sicca Vaufii de l'Afrique proconsulaire;, vient d'être adressée à rAcadémie par M. Héron de Villefosse, actuellement en mission dans le nord de TAfriqa^' M. I^îon Renier rend compte de ce texte, et son érudition parvient ï en

lioa particulière de chacune des trois circonscriptions administratives, des trois diocèses de la province d'Afrique, dont les chefs-lieux étaient Garthage, Tune des deux Hippone, Hadrumète sans doute ou Tripoli. Or ces légats étaient souvent des personnages considérables, et les égaux en dignité de celui-là même qui les avait choisis avec l'approbation de l'empereur *.

Cette subdivision en diocèses intéresse trop, ce semble, l'histoire administrative de l'Afrique, pour que, la rencontrant, chemin faisant, je néglige l'occasion de donner sur ce point de rapides indications *.

Les inscriptions mentionnent expressément deux de ces diocèses et font connaître- quelques-uns des légats qui lès ont administrés.

tirer des renseignements historiques intéressants. L'inscription est ainsi conçue au début :

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