Tac, HUL, II
(les entreprises nouvelles \ Très économe des concessions de terres comme de tout le reste, il n'institua de colonies hors de l'Europe que dans la Palestine, dont les misères et les souffrances appelaient d'abord son attention. L'Afrique ne ressentit donc point spécialement les bienfaits du premier Flavien, non plus que ceux de Titus ou de Domitien, qui ne paraissent d'ailleurs, ni l'un ni l'autre, avoir fondé de colonies.
Le souvenir de Yespasien est pourtant lié au nom de notre brillante capitale algérienne, et je n'aurais garde d'omettre en passant ce renseignement ; c'est bien le moins que le nom d'Alger, Icosium^ figure une fois dans cette étude, bien que notre grande ville moderne ait été, à l'époque romaine, singulièrement effacée et comme éclipsée par ses riches voisines, non pas seulement par la royale Caesarea ou par la jolie Tipasa, mais par le petit port de Rusgunia lui-même. Claude, nous dit Pline, avait envoyé dans les environs de Cherchell une colonie de vétérans, qui s'établit sur les bords de la mer, à Tipasa, et reçut les privilèges du droit latin. La même faveur, ajoute- t-il, fut accordée à la ville dlcosium par l'empereur Vespasien. Une seule et pauvre inscription atteste encore le nom latin et la modeste noblesse de notre Alger :
PSITTIO- MF- QVIR- PLOGAMIANO- ORDO- IGOSITANORVM-2
Quoique Nerva ait seulement passé sur le trône, il eut le temps, ce prince provincial, de faire quelque bien aux provinces ; Dion nous dit qu'il ne ménagea point les sacrifices à cette vieille œuvre nationale de la colonisation. La puissante fondation de l'africaine Sétif, cette grande colonie militaire,