‹ L'Algérie romaineChapitre 159 sur 174 · Voy. Appendice : XXIX · texte numérisé non relu

Voy. Appendice : XXIX

ainsi glorieusement la récenle annexion politique : la Maurétanie Tingitane, ouverte et pacifiée, offrait un heureux champ d'émigration aux citoyens romains d'Espagne, de Gaule et d'Italie, qui s'aventuraient en grand nombre sur ces rivages nouveaux, et se fixaient bientôt dans l'antique ville de Lixos, par exemple, à Tingis qu'Auguste avait déjà gratifiée du droit de cité, et même dans l'intérieur des terres, à Babba .(Golonia Claudia Julia Babba), sur la route qui menait du littoral de l'océan Atlantique à la ville de Volubilis *.

Néron, nous dit Suétone, ne connut jamais ni ces vastes projets ni ces nobles pensées qui étendent et grandissent les empires ^; le prince qui songea même à retirer ses troupes de Bretagne eut pourtant cet honneur involontaire de déclarer provinces romaines les deux royaumes du Pont et des Alpes Cottiennes qu'abandonnait à Rome la mort de leurs petits souverains. Il se donna aussi la facile gloriole de venir en aide, par des concessions de terres en faveur de ses vétérans, à quelques colonies italiennes qui semblaient dépérir; l'Orient et la Grèce, les pays de sa prédilection, eurent part à quelques faveurs; mais l'Afrique n'attendait rien sans doute de cet histrion couronné. Peut-être même eut-elle à s'en plaindre, car, à sa mort, elle accueillit avec faveur la tentative que fitMaeer de rétablir la république. Macer, légat de l'empereur et commandant l'armée d'Afrique, se soulève au premier bruit de la mort de Néron, et, d'abord, retient dans le port de Garthage les bateaux chargés de grains qui allaient partir pour

1. « A moins d'une demi-lieue de Meknâsa (Mequinez), dans une vallée, on voit les ruines de Volubilis, ancienne ville romaine, dont quelques murs et un splendide arc de triomphe sont encore debout. Le tout est construit en pierres de taille bien travaillées, mais non cimentées. Je copiai là un certain nombre d'inscriptions desquelles il ressort, comme M. Tissot l'avait démontré, que c'est bien là, et non à la Fàs actuelle, que s'élevait la ville de Volubilis. »

D' Oscar Lenz : voyage du Maroc au Sénégal. Conférence faite à la Société de géographie.

2. Suét., I^éron, 18 : « Augendi propagandique imperii neque voluntate ulla^ neque spe motus unquam.^. »

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Oslie. Il lève une légion, des cohortes; il bat monnaie. Les médailles qu*il a fait frapper disent quelles furent ses intentions : il n'y prend pas le nom d'empereur : il s'y intitule simplement proprœtor Africae. Au reste, Galba et Vindex font de même : l'idée est générale alors d'un retour à la république. Sur Tune de ces médailles on voit, au droit, celle légende : L. Clodi Macri S. C. senatus consulta; dans le champ, une femme est debout, portant le bonnet de la liberté; au revers, une aigle entre deux enseignes, et en légende : LEG. I. MAC (Macriana), la légion levée par Macer, qui. sur d'autres médailles, porte le surnom de liberatrix.

Que Macer ait voulu, sincèrement ou non, être, sous l'autorité du sénat, le libérateur du monde et le restaurateur de la république, son insurrection avorta : Galba le fit assassiner ^ . Les règnes qui suivirent, ces règnes d'un moment et comme dévorés à l'envi, ne procurèrent à l'Afrique que de l'agitation et des troubles. Galba mort à son tour, un certain Luceius Albinus, simple procurateur, à qui Néron avait confié l'administration de la Maurétanie Césarienne, et Galba, par surcroît, celle de la Tingitane, rêva de plus hautes destinées. A la tête de ces deux belles provinces, de dix-neuf cohortes, de cinq ailes de cavalerie et de nombreuses troupes indigènes, ses visées ambitieuses dépassèrent l'Afrique et franchirent le détroit qui le séparait de l'Espagne. Mais le rêve dura peu de temps : Vitellius apprenait bientôt qu'Albinus avait été massacré avec sa femme *.

Vespasien, le sérieux et dur Vespasien, fut, dans le sens vrai du mot, un souverain réparateur.

L'empire et l'Italie surtout avaient cruellement souffert de ces sanglantes luttes civiles. Vespasien adopta ce système de relever les ruines, de réparer les désastres, d'étayer et de reconstruire ce qui tenait encore debout, plutôt que de fonder et d'édifier de toutes pièces et de jeter l'argent du trésor dans

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