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abandonné trop volontiers les peines et l'honneur à l'armée, à la magistrature, à des savants qui ne lui appartiennent point. 11 serait bien qu'elle réparât cette sorte d'indifférence : or combien de sujets et d'études la sollicitent au travail! Quelles surprises historiques tient encore en réserve la connaissance de la langue arabe ; quelles sources inexplorées, quelles lumières sur le moyen âge! Un ouvrage récent et considérable vient proprement de nous révéler la Kabylie et la nationalité berbère * : quelque jeune Michel Bréal ne se laisserat-il pas tenter à ce redoutable problème de l'origine du berbère, abordé par plusieurs, et que personneencore ne paraît avoir résolu? Pour les savants proprement dits, que de trésors d'études encore dans ce vaste pays peu connu, de zones et de productions si diverses, dans ces montagnes aux mille replis, dans cette flore si variée, dans ce sol peu prodigue de ses eaux profondes, mais qui se laisse arracher tous les jours de nouvelles richesses minérales. Un professeur, en Algérie, devrait se considérer comme étant plus ou moins chargé d'une mission scientifique ^ J'oserais même dire et pro-
4. La Kabylie, de M. le conseiller Letourneux et de M. le général Hanoteau.
2: Gomme j'avais raison, alors que j'écrivais tout cela à Alger même î Je lis sur un journal : « Le monde savant s'est ému des découvertes de M. Mouchot, professeur au lycée de Tours. Avec les modestes ressources dont il pouvait disposer, n'ayant à son usage que des appareils imparfaits, M. Mouchot est parvenu à démontrer la possibilité d'utiliser pour l'industrie la source inépuisable de la chaleur, le soleil. Pour le mettre à même de continuer ses travaux, de réaliser ses découvertes, le ministre de l'instruction publique l'a envoyé en Algérie. Là,
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poser davantage : s'il était vrai que la Grèce, explorée dans tous les sens, fouillée dans tous ses recoins par notre pieuse admiration, commençât non pas à fatiguer notre zèle, mais à exiger moins de fervents efforts, sans doute pourrait-elle détacher, au profit de l'Algérie romaine, un ou deux de nos jeunes et si distingués archéologues, et nous les envoyer ici au sortir de l'année féconde qu'ils peuvent maintenant passer à Rome. Peut-être TAlgèrie mériterait-elle à un double titre^ et parce qu'elle est, j'ai essayé de le bien montrer, une précieuse initiatrice aux choses de Tantiquité et par les champs d'ex^ .plorafions et de découvertes qu'offriraient encore aujourd'hui les ruines romaines dont elle estvérita* blement jonchée, de devenir comme une succursale, comme une annexe de nos écoles de Rome et d'Athènes \
L'Afrique romaine se composait de tous les territoires qui sont actuellement désignés par les noms de pachalick de Tripoli, de régence de Tunis, d'Al-
dans ce pays da soleil constant, mieux que sous le ciel nuageux de la France, M. Mouchot, armé des nouveaux instruments qu'il \ient de faire construire, pourra transporter ses théories du domaine spéculatif dans le domaine de la pratique, et opérer pour les pays chauds une grande révolution industrielle dont la portée est incalculable. » (Rapport annuel sur les missions scientiQques adressé au ministre par M. de W'atteville, chef de la division des sciences et des lettres au Ministère de l'Instruction publique.)
1. Combien ne me donne-t-elle pas raison encore, cette mission des monts Aurès, que poursuit, que prolonge si heureusement M. Masquerayl Et son jeune et distingué successeur au lycée d'Alger, M. Georges Duruy, est-ce que ce n'est pas un peu l'Algérie qui l'a mis en goîit de redevenir élève à Rome? — Cette succursale et celte annexe, l'Algérie la -possède maintenant : c'est l'École supérieure des Lettres, dont M. Masqueray est le directeur.
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gérie et d'empire du Maroc. Sans doute les différentes régions qui constituaient ce grand empire nord-africain ne peuvent guère plus s'isoler dans rhistoire qu'elles ne furent séparées par la politique et l'administration. Il y à eu, à toutes les époques, mais à celle surtout que nous nous proposons d'étudier, de telles relations et une telle solidarité entre ces divers territoires, qu'il serait impossible, en s'essayant h un tableau de l'Afrique romaine, de rejeter absolument dans l'ombre telle ou telle partie de ce grand tout. Cependant, outre qu'il ne serait ni conforme à la vérité, ni logique de mettre également en lumière tous les points d'un si vaste espace, plus d'une raison m'invite à me borner dans cet immense domaine. Avant tout, c'est une précaution naturelle qui m'oblige à m'y circonscrire. J'ai eu l'occasion de le dire : un tel panorama dépasserait et ma compétence et mes forces; je ne saurais sans outrecuidance m'engager à retrouver et à suivre les vestiges de la colonisation romaine à travers la vaste étendue de l'Afrique septentrionale tout entière. J'ajoute qu'il est une partie qui se détache assez naturellement de cet ensemble, une région que la géographie et l'histoire peuvent écarter du sujet. L'ancienne Cyrénaïque et la contrée des Syrtes, le pays de Barkah et le Tripoli d'aujourd'hui, isolés de la Tunisie « par les vagues dq sable que pousse le Grand Désert à la rencontre du flot marin * », ont été séparés aussi par l'administra-