‹ L'Algérie romaineChapitre 24 sur 174 · Voir à l'appendice · texte numérisé non relu

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3. 0. Reclus, passim; Charles dû Bouzet, Algérie, dans le Dictionnaire général de la politique.

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so'ût répandues de TEst à l'Ouest, comme un large ffeuve bienfaisant, la civilisation, la langue, les mœurs, la vie latines, sans qu'elles aient toutefois également pénétré et fécondé toutes les parties de ce grand bassin berbère. C'est à la source même, c'est-à-dire dans la province d'Afrique proprement dite, dans le riche pays de Garthage, que se développe surtout et s'épanouit l'œuvre brillante et durable de la colonisation romaine. Puis le courant civilisateur circule puissant encore et à plein lit à travers l'opulente région numide; mais, à mesure qu'il se répand vers l'Ouest, il s'amoindrit peu à peu et va s'appauvrissant dans les vallées moins proches et dans les plaines déjà moins propices de la Maurétanie Césarienne, pour s'aller perdra enfin en filets de plus en plus minces dans les lointaines solitudes de la Maurétanie Tingitane. Peu connue des Romains qui l'abordèrent à peine, excepté sur quelques points du littoral et peut-être de Tintérieur, cette dernière contrée mystérieuse, à demifermée aux modernes eux-mêmes, se dérobe par l'obscurité de ses annales aux informations et aux recherches *.

1. Léon Renier, parlant de cet amoindrissement progressif de rdcctl^ pation romaine en Afrique, à mesure que Ton s'avance vers roûést, vers le département d'Oran et le Maroc, me faisait remarquer le caractère beaucoup plus barbare des inscriptions, d'ailleurs beaucoup plus rares, trouvées dans ces contrées. La population latine y a été moins dense et s'y est moins avenlurce; la population indigène est restée plus intacte et a eu moins d'occasions de se mêler, moins de maisons de s'assimiler. J'ai retenu aussi p souvenir d'une conversation avec M. le général Wolf : Toccupation, 'me disait-il, fut toute roniaine à Constantine. Ce fut là véritablement une province devenue latine et assimilée;

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Aussi esl-ce de préférence sur ces belles et florissantes provinces de l'Est que se portent naturellement et avec le plus de chance de succès l'intérêt et les travaux contemporains; car là était le cœur même et le foyer intense de la domination romaine. 11 est bien légitime aussi que l'attention de la science française se soit d'abord et plus volontiers attachée à celles des contrées de l'Afrique latine qui sont aujourd'hui soumises à l'autorité française. Mais il est, là encore, une région particulière qui était comme désignée pour moi à une sorte de prédilection, non pas seulement par tout ce qui lui est commun avec la région voisine, c'està-dire par les grands souvenirs historiques, par le développement qui s'y est produit d'une triple et brillante civilisation > par la richesse des documents de toute sorte, livres immortels, ruines éparses, monuments de pierre et de marbre, mais encore et surtout par cette circonstance et cet attrait, que le hasard m'a fait l'habiter et la parcourir, et reconnaître, si je ne me trompe, qu'après avoir été jadis une des contrées les plus prospères de l'empire romain, elle est aujourd'hui celle de nos trois pro-

coloniale dans la province d' Alger» l'occupation n'est plus que purement militaire dans la province d'Oran.

Ce mystère du Maroc antique, de la vieille Maurétanie Tingitane , M. Tissot, notre minisire plénipotentiaire, aujourd'hui notre ambassadeur, cet archéologue si distingué, — je n'ai pas à parler du diplomate, — commençait à le pénétrer et à le révéler ; il continuait sur l'occupation romaine au Maroc ses études si bien inaugurées à Tunis et poursuivies en Orient, lorsqu'il a été appelé à représenter la France auprès du gouvernement grec.

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vinces françaises où la colonisation manifeste, de la façon la plus éclatante, sa force d'expansion, sa vitalité, ses promesses et ses garanties d'avenir. Je veux parler de notre département algérien de Gonstantine, c'est-à-dire de l'antique Numidie, dont la vieille Girta était déjà, il y a tant de siècles, la capitale fameuse et enviée. La Numidie sera donc l'objet particulier de notre étude et le point où nous essayerons de concentrer le plus d'intérêt et de lumière; toutefois nous nous efforcerons de rattacher le plus possible à son histoire, ne fût-ce que par un fil léger qui reparaîtra de temps en temps, rhistoire des contrées voisines.

Alger, 1875^

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