Annuaire archéolog, de Conslantine, 1833, p
En résumé, les Romains, comme nous-mêmes aujourd'hui, voyaient, par la conquête du nord de l'Afrique, s'ouvrir devant eux un champ d'exploitation des plus vastes. une terre d'adoption des plus favorables. « Tout fait d'acclimatation, a dit M. de Quatrefages, est une sorte de résultante dont les deux composantes sont la race et le milieu. » Or Romains d'autrefois. Italiens et Français d'aujourd'hui, c'està-dire les fils généreux de ces Aryas primitifs qui se sont répandus à travers le globe tout entier, peuvent quitter sans mourir la terre où ils sont nés. Les Romains se sont perpétués en Afrique; la race créole française, née sur place et fille des premiers immigrants, commence elle-même à y faire souche ^ < Êtres organisés et vivants, nous sommes en cette qualité soumis à toutes les lois générales qui régissent la vie et l'organisation dans les plantes aussi bien que dans les animaux. Quand nous changeons de milieu» nous devons presque toujours accepter d'avance des sacrifices dont l'étendue et la gravité seront proportionnelles aux difTérences entre le point de départ et le point d'arrivée, sous le rapport des conditions d'existence; à peu près constamment, il faut nous
1. La race cosmopolite par excellence, celle dont on a trouvé des représentants partout où l'on a pénétré, la race juive, se développe fort en Algérie, — dans les villes s'entend ; — elle y prospère dans tous les sens.
De 1867 à 1873, dans une période de sept ans, il y avait eu en Algérie 12 140 mariages européens, soit en moyenne 1734 par année. Dans la période triennale 1873-1875, le nombre des mariages a été de 7603, soit en moyenne de 2534 par an. Sur ces 7603 unions, 3871 ont eu lieu entre Français et Françaises, 893 entre Français et étrangères, 353 entre étrangers et Françaises, 20 entre Musulmans et Européennes, et vice versa, le reste entre étrangers et étrangères. Quant aux Israélites naturalisés Français, cette période triennale a vu chez eux 977 mariages, soit 325 en moyenne par an.
De 1867 à 1873, on avait compté 53 371 naissances européennes, soit 7623 par année, et 9040 naissances israélites, soit 1291 par an. Dans la période triennale 1873-1875, le nombre des naissances a été de 31 530, soit de 10 510 par an, et celui des naissances israélites de 4939, ou 1646 par année. Sur les 31 530 naissances, la part des Français est de 16 627.
Pendant les sept ans qui vont de 1867 à 1873, il y avait eu dans la population européenne un excédant de naissances de 2477, et, dans
résigner à perdre un certain nombre d'individus et de générations. Le tout est de juger sainement les faits ; si la conquête vaut ce qu'elle doit coûter, il faut s'en fier à la persévérance et au temps *. » La belle contrée qui nous occupe n'est pourtant point une terre exceptionnellement fortunée, un milieu privilégié de toute manière; conune dans les autres colonies, les conditions d'heureux acclimatement y dépendent, pour les différents immigrants, de la race à laquelle ils appartiennent, et, notamment, pour ceux que lui envoie l'Europe, où elle se recrute exclusivement, du milieu européen où ils ont vécu et d'où ils sortent. Les chances ne sont même point égales pour tous les individus d'un même peuple, et, pour les Français, par exemple, elles varient sensiblement, suivant qu'ils sont originaires du nord, de l'est ou du midi de la France. Le climat algérien, auquel résistent si heureusement les Maltais et les Espagnols, convient beaucoup mieux à nos Méridionaux, à nos Provençaux, tout d'abord, qu'à nos compatriotes d'origine alsacienne ou flamande *. Mais combien est-il vrai, en somme.
la population Israélite naturalisée, un excédant de 3055. Dans les trois ans qui vont dtt 1«» janvier 1873 au 31 décembre 1875, cet excédant a été de 5 804 pour les Européens, de 2279 pour les indigènes naturalisés.
Or ces trois années ont été marquées par l'installation de plusieurs milliers de Français qui ont eu à subir Tépreuve de racclimatement. De plus, « Teffectif des prisons, des orphelinats, des communautés religieuses d'une part, et d'autre part les groupes d'étrangers qui viennent passer la saison d'hiver en Algérie fournissent un nombre de décès très appréciable, qui devrait être retranché du total de la mortalité au même titre que les décès militaires. »
En 1873, il y a eu 75,78 décès européens contre 100 naissances; en 1874, il y en a eu 73,99. {BulUtia du tour du monde.)