‹ L'Algérie romaineChapitre 59 sur 174 · Renan, Langues sémUiquen, Note intéressante, p · texte numérisé non relu

Renan, Langues sémUiquen, Note intéressante, p

de dénomination ethnique, et que, de ces nombreuses tribus entre lesquelles elle se fractionne, aucune n'a imposé son nom aux autres et à la race tout entière. Aussi bien, U semble qu'il y ait de ce fait étrange une explication naturelle et qui se peut tirer de Tétude du passé de cette race, ainsi que de sa situation présente, telle qu'il nous a été donné de l'observer en Algérie. M. Renan * remarque que le monde berbère offre ce spectacle singulier d'un ordre social très réel, maintenu sans une ombre de gouvernement distinct du peuple lui-même. « C'est l'idéal de la démocratie, dit-il, le gouvernement direct tel que l'ont rêvé les utopistes. » Il montre que, partout où la race berbère a échappé à la domination de l'étranger, on la trouve organisée en petites républiques indépendantes, groupées par fédérations de peu d'étendue. La forme monarchique est dans cette race une exception, et, quand on la rencontre, on peut être sûr que la population qui la subit n'est pas constituée d'une manière normale, qu'elle a fait violence à ses instincts en vue de la défense nationale ou par esprit de domination. Rien n'est plus éloigné, ajoute-t-il, de l'avilissant despotisme de l'Orient, de ce culte de la force considérée comme une manifestation de la volonté divine, qui est le grand mal des sociétés musulmanes. Les rois assez puissants que l'on voit en Numidie, en Maurétanie, en Gélulie, vers l'époque des guerres puniques, paraissent des condottieri, des embaucheurs de cavaliers nomades, plutôt que de vrais chefs de dynasties héréditaires appuyées sur une féodalité. Mais il remarque, en retour, que la passion de l'égalité a toujours empêché chez les Berbers la constitution d'une nationalité forte et homogène. Ils n'en ont pas les charges; ils n'en ont pas non plus les avantages. La facilité qu'ont eue, à toutes les époques, les conquérants pour s'établir dans le nord de l'Afrique , vient du manque total d'institutions centrales, d'armées, de dynastie, de noblesse militaire. Leur

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