Hist. univ., pag. 93 (édit. Jacquinet
4. Pour les noms carthaginois, dit M. Duruy, je suis l'orthograph* consacrée. Si Annibal, Asdrubal et Amilcar étaient d'obscurs personnages, il faudrait les appeler de leur vrai nom que nous donnent des inscriptions puniques : Hannibaal, Azroubaal et Ahmilcar ou Ahmilc^r» la forme latine Amilcar répondant à deux noms différents, Ton ({^ signifie frère (ah), l'autre serviteur (abd) de Melkart. Ecrire HasdrnW et Hamilcar est une vraie faute, car l'aspiration dans ces deux nonis est trop faible pour être marquée par un h; elle est très forte aa contraire dans Annibal, qui devrait en prendre un. {Note de M. de Swlcg^ citée par M. Duruy.)
[lome entrevoit tout d'abord terrible, et qui va, se disait-on, a mettre aux prises avec toutes les nations de l'univers, et lela en Italie môme, elle se prépare du moins avec son énergie )rdûiaire. L'un des consuls, P. Cornélius Scipion, eut ordre ie diriger par mer une armée sur l'Espagne et d'en chasser Darthage; l'autre, Sempronius, avec 30 000 hommes el ÎOO vaisseaux environ, fut chargé de passer en Sicile et de à en Afrique, si son collègue suffisait à contenir l'ennemi *. iinsi, dés la déclaration de guerre, avant môme l'ouverture les hostilités, une diversion puissante en Afrique était entrée dans le plan de campagne et apparaissait au sénat comme une nécessité stratégique. On sait comme tournèrent les événements, et cette série de coups de foudre : le Tessin, la Trébia, le lac Trasimène et Cannes. Pour Sempronius battu et pour son corps d'armée détruit, il ne pouvait plus être question de l'Afrique ^. Mais, lorsque la chance eut tourné, lorsque les deux Scipions d'Espagne, ramenant la fortune, eurent battu les Carthaginois et conquis la province, ils reprirent l'étemel projet et les anciennes convoitises.
le ne puis pas ne pas m'arrôter ici, quand je devrais sembler même un peu m'attarder. J'ai plus qu'une tentation, j'ai l'occasion toute naturelle de montrer sur le fait, ici, dès le début, comment s'est déployé, dans la conquête de l'Afrique, ce merveilleux esprit de conduite par lequel, comme dit magnifiquement Bossuet, les Romains s'avançaient à la con- <|uête du monde; de mettre en action sous les yeux cette politique de prévoyance et ces qualités nationales de patience