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Aeèehiffre^il feadnnt ajouter tout ce qai a été défriché lllieileaumi, tout ee qui a été détruit par des abus d'exploitation.
Depuis 45 ans, on défriche annuellement 34 mille hectares, et depuis 5 ans, on reboise 40 mille hectares. On défriche des bois tout faits, des forêts de chênes et autres bois propres à TindusArie, et Ton reboise en arbres verts qui ne donneront de produits pour la construeiion que dans 50 et 400 ans.
En 844, il existait 483 mille hectares de parceUes de bois détachées, de .ûO hectares et au-dessous. C'est toujours sur ces parcelles, si l'on ajoute foi sux "protestations officielles, qu'ont dû porter les aliénations; or, on a déjà vendu 280 mille hectares, et on veut vendre encore 100 mille hectares qui doivent, nous assure-t-on encore, comprendre les parties détachées^ de faible contenance^ etc! 1 1
Tout en prétendant que les bois destinés à être vendus sont de mauvais bois, on espère obtenir 400 millions de 80 mille hectares^ soit 4,250 francs par hectare. Or, depuis 4850, 70 mille hectares de riches forêts de l'État ont été vendus aux prix maximum de 900 francs l'hectare. Donc, ou l'on vendra de très-beaux bois, ou le 80 mille hectares ne produiront pas 50 millions; ou l'on nous abuse, ou le ministre est dans une étrange illusion.
Depuis dix ans, la consommation du bois a doublé en France. En 4854, l'excédant des importations était de 50 millions; en 4864, il a été de 100 millions.
L'état des bois à aliéner a été scruté avec un soin qui a dû faire peu de plaisir à M. Fould. On a signalé la forêt d'Orléans, de 35 mille hectares; la forêt de la Hart, de 44 mille hectares, dans l'Alsace; diverses autres forêts, de 1»000 à 2,000 hectares; trois forêts dans l'Orne et l'Oise, qui avaient été comprises dans les ventes précédentes et retirées sur la demanae du ministre de la marine; une forêt de 2 mille hectares, qui alimente le chauffage de Toulouse, où le prix du stère de bois de feu est déjà de 26 francs; etc., etc.
Notre marine militaire emploie, chaque année, 40 mille mètres cubes de bois équarris; ce volume composé exclusivement de bois de choix, comme dimensions, formes et assortiments, exige une production en bois de charpente de 477 mille, mètres cubes équarris, que les forêts de l'État sont insttfiisantes à fournir.
Notre domaine forestier qui a été Tobjet des soins de tous nos rois, depuis Charlemagne, est cher au pays. Aussi, n'est-ce qu'avec une répugnance extrême que nos Assemblées, dans des moments de crise, ont donné leur adhésion à son démembrement. Les sentiments du Corps-Législatif sont aujourd'hui très-prononcés à cet égard, et le projet ministériel rencontre dans toutes les parties de la Chambre une répulsion très-vive qui, nous l'espérons, le fera repousser à une grande majorité.
J. Baoi>u.
LA PATRIE
Vendredi 16 Juin 1865.