OBSERVATION X
Démence. — Instincts brutaux. — Vie végétative. — Accidents d'exagération personnelle. — Automatisme. — Incoercibililé et inaptitude à tout. — Relations de famille nulles.
J... est entré à l'asile de..., en... — Démence avec exacerbations maniaques. — La constitution physique est assez bonne, et l'existence est exclusivement animale. — Par intervalles, J... demande sa liberté, mais il est suscité par un désir maladif d'assouvir des passions brutales; il se livre à l'onanisme et, si
la surveillance n'était pas stricte, il tenterait de se livrer à la pédérastie. — De longues années se passent sans modification, sans qu'il soit possible d'éveiller une aptitude normale chez J...
— Aujourd'hui, il joint la nullité mentale complète à des accidents d'orgueil ; les sentiments affectifs sont totalement éteints.
— J... est impropre à tout; son attention ne peut être fixée sur rien ; il végète dans la plus profonde apathie, et vit passivement dans l'oisiveté la plus complète. — Le désir de satisfaire ses appétits pourrait seul le tirer de sa torpeur.
Remarques. — J... inoffensif à l'asile, façonné et habitué à la discipline de notre intérieur, serait dangereux au dehors; car, n'est pas dangereux seulement celui qui frappe...., etc. — J... est incapable de penser pour luimême; sans virtualité, dénué de toute spontanéité vraie, il ne pourrait suivre dans la vie une ligne de conduite sans s'en écarter sans cesse de la façon la plus déraisonnable.
— Son absence d'idées, son inertie l'ont toujours empêché de se livrer à toute occupation ; la surveillance la plus continue est de rigueur.
J... a assez de fortune; il est interdit. Forcément obligé d'être interné, il trouve dans une maison de bienfaisance le soutien, les égards et les soins qu'il n'aurait certes pas au dehors. — Sa famille ne s'occupe jamais de lui, et on éprouve les plus grandes difficultés pour obtenir au malade des vêtements de rechange; on peut alors juger de la longanimité qu'il aurait à l'extérieur.