ÉTÉ R
en Suède les résultats de ses observations cliniques qui portent sur 34 cas de rachitisme humain. Il en arrive à attribuer la même efficacité aux rayons ultra-violets et à l'huile de foie de morue phosphorée, l’association des deux thérapeutiques n’aboutissant pas à une guérison plus rapide du rachitisme qu’une seule des deux méthodes agissant isolément. Jundell conclue aussi à la possibilité de prévenir le rachitisme par ces méthodes, toutes deux ayant à peu près la même valeur préventive.
Des études ultérieures sur la question, et en particulier les dernières recherches entreprises par MM. Lesné et Serge Simon au laboratoire de l’hôpitai Trousseau, ont abouti aux mêmes conclusions. D'après eux, une huile de foie de morue de bonne qualité a une action curative et préventive évidente sur le rachitisme expérimental. Maïs on doit savoir gré à ces auteurs d’avoir cherché à expliquer la cause des insuccès possibles au cours de cette thérapeutique. Des recherches longues et minutieuses les ont portés à conclure à lexistence d'huiles toujours actives et d’huiles toujours inactives. A l'heure actuelle, cette activité ne présente aucun rapport apparent avec les propriétés physico-chimiques exigées par le Codex et avec la couleur de l'huile, ef seule l'épreuve biologique peut renseigner sur lefficacité d’une huile de foie de morue.
Pour transposer ces conclusions pleines d'intérêt, du terrain expérimental sur le terrain clinique, il n’y a qu’un pas. Les expériences antérieures de Jundell portent à croire qu’il sera vite franchi. Mais dès maintenant les données existantes semblent inviter le médecm à faire un très large emploi de l'huile de foie de morue,
oies
d'autant que si, comme semblent l’admettre certains auteurs, cette huile agit par la présence d’une vitamine antirachitique, il s'agirait d’une vitamine inexistante dans le lait. On réaliserait de la sorte une lutte importante contre la fréquence du rachitisme en France ; cette fréquence, habituellement insoupçonnée, est aussi grande que dans les autres pays, mais trop souvent on néglige de diagnostiquer cette affection au début.
Pour tous ces motifs, il semble indiqué de donner très précocement l’huile de foie de morue au nourrisson. C’est une médication facile que l’enfant digère habituellement très bien dès l’âge de six mois. En général, il suffit de commencer par quelques gouttes chaque jour dans un biberon, pour augmenter ensuite progressivement la ose jusqu’à une demie ou une cuillerée à café à la fin de la première année. Il n’est nullement besoin d'en pousser davantage l’administration, car à la fin de la première année, le jaune d’œuf viendra apporter en méme temps que la vitamine liposoluble une quantité appréciable de facteur antirachitique.
Le maniement facile de l'huile de foie de morue en fait une arme précieuse mise à la portée de tous les médecins. Son usage ne saurait cependant prétendre Supprimer l'application des rayons ultra-violets, qui gardent pour eux des indications bien déterminées, et qui permettent toujours de parer aux échecs observés avec l'huile de foie de morue, surtout si cette huile détermine des troubles digstifs.
AVITAMINOSE B. — L'apport de vitamine hydrosoluble ne comporte pas les indications pressantes des autres
Mages Dies
substances minimales. En effet, le béribéri est une rareté dans nos pays, où l'enfant au sein n’a jamais pour nourrice une femme exclusivement alimentée au riz décortiqué, et où la teneur du lait de vache en lactose assure à l'allaitement artificiel un apport suffisant de vitamine B ; cet apport est d’ailleurs renforcé à l’âge de six mois par la farine de la première bouillie. Pourtant, il ne faut pas oublier que le facteur B existe aussi dans les céréales, les légumineuses et la viande crue. L'action de cette dernière substance, déjà signalée à l'occasion du scorbut, trouve de nouveau ici une indication très précise. Son emploi semble particulièrement recommandé dans les arrêts de croissance, les ralentissements de la nutrition. Dans tous ces cas, on est en droit de penser à une carence hydrosoluble fruste, à symptomatologie mal déterminée, mais dont il n’y aurait aucun lieu d’être surpris, puisque des recherches de métabolisme ont décelé dans le béribéri aigu une augmentation des excrétions phosphorées et azotées dans les urines. Mais pour avoir une valeur définitive, cette interprétation exige un complément de démonstration. Des notions nouvelles, publiées au cours de ces dernières années par M. Monceaux, laissent à penser que les faits peuvent être beaucoup plus complexes. Celuici a pu identifier, par des recherches laborieuses, l’existence dans la viande crue d’un nouveau principe actif, le « facteur O », véritable catalyseur oxydant, qui activerait les combustions digestives et améliorerait la nutrition de l'organisme. Ce facteur, dont l’auteur a retrouvé dans la levure une proportion abondante qui permet d’en réaliser la préparation industrielle, serait
Do7ale
différent de la vitamine B mais très voisin d’elle. Son application à l’alimentation des tubereuleux a permis à Mhnceaux de noter une amélioration des assimilations que lon pouvait vérifier à la fois par la clinique et par les épreuves de laboratoire, en particulier par l’établissement du coefficient de Maïllard-Lanzenberg.
L'intérêt de ces données vaut qu’on cherche à les adapter à l'alimentation du nourrisson. Si l'enfant tire à l’âge de dix mois des profits appréciables de la viande erüe, il paraît légitime, en attendant des indications
plis précises, de chercher à compléter chez l'enfant plus jeune l'apport de vitamines UE et anti-scorbu-
Les par un apport du facteur oxydant de Monceaux. Houne expérience n’est encore venue vérifier cette inuence en pédiatrie, mais il est permis d'attendre de la recherche du coefficient de Maillard, des résultats aussi eaconräigeants que chez les tuberculeux pulmonaires.