‹ L'Alimentation Complémentaire du Nourrisson à l'Allaitement ArtificielChapitre 23 sur 29 · PRE RER · texte numérisé non relu

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règne végétal où elle est associée aux organes pigmentaires {chlorophylle, xantrophylle, carotine), se retrouve dans. le chou, le chou-fleur, la carotte, l’épinard et les herbes potagères. Mais elle est cependant abondante dans les graisses animales : lait, beurre, jaune d'œuf, margarine, lipoides des tissus glandulaires (foie, rein, testicule, ovaire) ; mais c’est assurément l'huile de foie. de morue qui en renferme la plus notable proportion. Âu contraire, elle n’existe pas dans le lard, le suif et les huiles végétales (sauf pour le lin, le millet le soja).

Ces données apportent une interprétation aux résultats qui ont fait préconiser à Czerny et Keller d’une . part, à Kleinschmidt puis à Morro d'autre part, l’usage du beurre dans l'alimentation du nourrisson. Ces auteurs ont mis en honneur un procédé populaire pratiqué . de longue date dans certains cantons de Suisse. Il s’agit de faire un roux de farine et de beurre que l’on délaye ensuite dans de l’eau sucrée. La formule d’origine prescrit un mélange de 7 % de farine, 7 % de beurre et 5 % de sucre, aw’on additionne ensuite d’eau et de lait, dans la proportion de 1/3 de lait chez les enfants très jeunes de 2/5 ou 2/5 de lait si les enfants pèsent plus de trois kilogs. On peut ainsi obtenir des mélanges très divers, dont les proportions varient à l'infini, et qui, selon leur. composition, représentent un apport calorique allant de 750 à 1.800 calories par litre ; cet apport peut donc être parfois considérable relativement au volume alimentaire.

Tel est le lait au roux, dont la préparation semble. présenter, en outre, l’avantage de débarrasser le beurre de ses acides gras volatils, et de fournir une farine rous-

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sie, plus facile à digérer que la farine ordinaire. Son usage est courant à Strasbourg dans le service de M. KRohraer, où il est employé sous le nom de soupe au beurre. il y constitue souvent la nourriture exclusive d'enfants hypotrophiques, préalablement nourris au biberon et ayant présenté des arrêts de poids ou des troubles digestifs.

Sous l'influence de ce régime, on note des ascensions souvent surprenantes de la courbe pondérale ; en même temps que l'appétit revient, la croissance de l’enfant est rapide, et il est bien séduisant d'attribuer ces résultats à l'apport de vitamine liposoluble, qui se double d’un apport calorique souvent massif. Mais tous les auteurs, qui sont familiers de cette pratique, insistent pour en réserver l'emploi aux cas où la tolérance alimentaire est intacte ; à leur avis, la soupe au beurre représente une arme à double tranchant dont l’usage pourrait être funeste en présence de troubles digestifs, et ils recommandent d'apprécier ee ours la valeur des fonctions digestives par un régime banal de 48 à 72 heures avant

de soumettre l’enfan

à de soupe au beurre.

En 1921, encore en Allemagne, Boschan préconisait l'usage d’une soupe à base d'huile, destinée à remédier à la difficulté de se procurer du beurre et à parer aux falsifications de celui-ci. La préparation de la soupe de Boschan était calquée sur celle de la soupe au beurre. Son point de départ résidait dans un roux préparé avec cinq à sept grammes pour cent d'huile et autant de farine ; pour le reste, la préparation étant absolument celle de la soupe au beurre. Le seul point de différence était représenté par son mode d'administration, la tolé-

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rance des enfants en réduisant la consommation à deux ou trois repas par jour au maximum. L'huile utilisée était de l'huile ordinaire de cuisine, huile d’olive ou huile de maïs, et son auteur dit en avoir obtenu des résultats aussi satisfaisants qu'avec la soupe au beurre. Or, il sembie curieux que l’on ait noté une accélération de la croissance chez des enfants soumis à une telle alimentation, ces huiles n’étant pas considérées comme des huiles riches en vitamine liposoluble.

Peut-être cependant, les conclusions admises en pareille matière ne présentent-elles rien d’absolu. Des recherches faites depuis plusieurs années en Italie par M. Frontali, il semble ressortir que l’huile d’olive agit comme facteur de vitamine À, bien qu’en proportions moindres que le beurre, chez les animaux depuis longtemps carencés. Les résultats obtenus par cet auteur le poussent à remplacer par l'huile d’olive une partie du beurre du lait de vache, « en vue d'obtenir une meilleure «< absorption de graisse en rendant le mélange de grais- « ses solides et liquides, dans l’alimentation, plus sem- « blable au mélange contenu dans le lait de femme. »

L'emploi de toutes ces préparations a été préconisé chez les hypotrophiques, sans qu’on ait exigé d’eux un minimum d'âge ni de poids. En pratique, ces aliments sont merveilleusement tolérés, et ils ont pu constituer une nourriture exclusive chez des nourrissons même de moins de trois kilogs. C’est dire que de très bonne heure on peut être autorisé à ajouter des graisses à l’alimentation des nourrissons normaux, pour activer leur déve- Joppement et éviter des accidents par carence en vitamine À. On peut, par exemple, remplacer un ou deux

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biberons de lait par une ou deux prises de soupe au beurre, et par la suite, les bouillies pourront être additiornées do beurre.

Plus er quand l'enfant atteint dix mois, il commence à digérer les œufs. On peut alors lui donner un jaune d'œuf, aliment riche en facteur liposoluble et qu'on lui fera prendre bien cuit, durci et de préférence émietté dans un hol de lait.

IT reste à attirer de nouveau l'attention sur l’huile de foie de morue, dont la richesse en vitamine À a été signalée précédemment; les recherches de Zilva et Miura ont établi en 1921 que lhuile de foie de morue conte-

nait à poids égal deux cents fois plus de liposoluble A que le beurre. Mais cette huile semble avoir d’autres raisons de mériter tout spécialement la faveur des médecins, son efficacité contre la carence de liposoluble se doublant d’un important pouvoir antirachi iitique.

RACEITISME. — Cette dernière propriété est très importante, et l'influence antirachitique des rayons ultraviolets ne doit pas la faire négliger. Les premières re- «as dont elle à fait l’objet ont paru-en Amérique à partir de 1920, et sont dues à Mac Callum, Simmonds, -. Park, Howland, Pappenheimer. Ces auteurs chbservent Yaction bienfaisante de l'huile de foie de morue sur la fixation du calcium au cours des régimes hypophosphorés, et ils en viennent à attribuer à cette huile une action antirachitique tant préventive que curative. Leurs recherches expérimentales sont reprises et précisées en France par M. Lesné et ses élèves Vagliano et Christou. En même temps, en 1923, Jundell apporte

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