‹ L'Alimentation Complémentaire du Nourrisson à l'Allaitement ArtificielChapitre 6 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'alimentation des nourrissons comporte avant tout un problème quantitatif : celui de la ration alimentaire. Cette notion est capitale au cours de la première enfance, où l'allaitement doit assurer l'entretien des éléments déjà existants, et, de plus, apporter les matériaux de construction cellulaire qui permettront la croissance de l’enfant.

Il s’en faut cependant que la question se borne là, et on est loin de pouvoir réduire l'alimentation du tout jeune enfant à une équation mathématique. S'il en était ainsi, à notre époque où la composition des différents laits est bien connue, où leur valeur énergétique a été calculée et exprimée par un chiffre qui traduit leur pouvoir calorique, on serait en droit d'espérer et d’exiger de l’allaitement artificiel les bienfaits presque constants de l'allaitement au sein, à savoir : un succès se traduisant par la bonne santé des enfants, qui se nourrissent avec appétit, augmentent régulièrement de poids et se portent bien. ;

C’est en effet ce que l’on peut obtenir de certains enfants qui, soumis à une alimentation même quelquefois mal réglée, présentent un accroissement régulier,

comme s'ils avaient apporté en naissant une tolérance alimentaire parfaite. Il est probable que la qualité des tissus intervient en pareil cas, chez de tels enfants ; il est d’ailleurs possible de trouver chez les parents Îles signes de la bonne santé et l’absence de tares héréditaires ou acquises.

Mais il n’en est pas toujours ainsi. De nombreux bébés sont l’objet d’une surveillance médicale attentive ; leurs rations sont établies avec soin; leurs biberons sont préparés par des mères vigilantes ou même minutieuses, et pourtant ces enfants sont dans un état précaire, prennent mal ou refusent leur alimentation ; leur courbe de poids est irrégulière ou stationnaire. Ce sont des enfants qui se portent mal, et ces désordres peuvent se prolonger pendant de longues semaines, retentir gravement sur leur état général.

Il en résulte des états pathologiques variés dont l'étude est loin d’être au point. Ces états ont été l’objet de recherches nombreuses, mais que l’on peut sérier, quoique d’une manière un peu schématique, pour y distinguer plusieurs étapes.

On à d'abord bien mis en lumière que les exigences caloriaues du nourrisson ne pouvaient, sous peine d’arrêt de sa croissance, être exclusivement satisfaites par des hydrates de carbone, ou des albumines, ou des graisses, mais que ces espèces chimiques devaient être toutes les trois représentées dans les aliments fournis au nourrisson.

Puis vinrent la description par Barlow du scorbut infantile, la découverte des vitamines, la notion plus vaste encore de carence alimentaire établie par MM.

Mie

Weill et Mouriquand ; la question prit alors un aspect singulièrement complexe, et ouvrit un champ de recherches encore neuf, mais dont la conclusion première semble être que l'alimentation du tout jeune enfant comporte un facteur qualitatif au moins aussi important que le facteur quantitatif.

Ce fut l’objet d’une abondante littérature médicale, produite par tous les pays, mais dans laquelle deux 0rdres de recherches ont surtout marqué : d’une part des travaux de physiopathogénie qui nous viennent surtout d'Amérique, à la suite des expériences fondamentales d'Eyckmann, Funck, Mac-Callum, Osborne et Mendell ; d'autre part des études de thérapeutique préventive, comportant des tentatives alimentaires variées, entreprises surtout par les pédiâtres de langue allemande.

De cette abondante production scientifique, seules les données cliniques, étiologiques et expérimentales sont venues jusqu’à nous dans leurs moindres détails et sont bien connues en France. Il n’en est guère de même des notions thérapeutiques, qui, toutes, aboutissent à la nécessité d’une grande variété alimentaire. Or, cette conclusion, banale en apparence, exige, pour être réalisée, d'ajouter au lait, qui demeure l'aliment fondamental du premier âge, toute une série de substances destinées à combler les déficiences dangereuses de l’alimentation monomorphe. Il y a là un véritable complément du lait dont le rôle adjuvant semble indispensable à garantir une alimentation artificielle correcte et à assurer un développement satisfaisant du nourrisson.

Toutes ces notions paraissent mériter en France une étude approfondie, et leur analyse est l’objet du présent

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