COEFFICIENTS BASÉS SUR LES BESOINS PRESUMES I
entente avec les provinces auxquelles ils étaient destinés. Pour d'autres, d'arrivée irrégulière, comme le macaroni, la céréaline, le Coinité National dressait des tableaux de répartition spéciaux qu'il soumettait aux délégués provinciaux avant de les transmettre à la C. R. B.
En résumé, durant sa première année d'existence, le Comité National put souvent régler, par accord avec les intéressés, le mode de répartition des produits. Le tableau des coefficients calculé en tenant compte du chiffre de la population, établissait simplement la part qui était présumée nécessaire à la province et celle-ci n'y avait droit que si la présomption n'était pas renversée par les indications de la comptabilité. Elle pouvait d'ordinaire renoncer à la part qui lui était attribuée, à moins que le Comité National, à raison de l'importance des stocks dont il disposait, ne l'obligeât à prendre livraison de cette part.
Le Comité National, comme la C. R. B., eût fort désiré d'étendre la liberté des provinces en cette matière et de réduire la répartition par voie d'autorité aux produits dont les provinces avaient un besoin certain et connu. C'est à cette fin qu'il constitua à Rotterdam, en septembre 1915, le Bureau des produits divers auquel les provinces devaient demander directement les denrées que le Comité National ne leur fournissait pas, ou une majoration des quantités pour les denrées qu'elles recevaient de lui. Ce bureau ne put fonctionner pour des motifs qui ont été exposés plus haut et, à partir du mois de novembre 1915, en inaugurant son second exercice, le Comité National dut se résigner à généraliser la distribution par voie d'autorité de tous les produits. Les difficultés de cette opération étaient, à cette époque, beaucoup plus grandes que durant l'année précédente. D'une part, par suite de renchérissement des denrées indigènes, les provinces n'entendent plus renoncer à leur part de produits exotiques; d'autre part, la C. R. B. se voit dans l'impossibilité de fournir à la population belge la quantité de vivres qu'elle avait espéré lui procurer : à certains moments parce que l'Angleterre l'oblige à restreindre ses importations, à d'autres, parce qu'elle ne trouve pas assez de navires pour transporter en Belgique les marchandises dont elle peut disposer. L'augmentation des demandes coïncida donc avec une diminution de la masse à partager.
igS RÉPARTITION INTERPROVINCIAI^E DES PRODUITS DIVERS
Au mois de septembre 1915, un nouveau tableau de répartition avait été dressé d'après la statistique officielle de la population. Le Bureau des produits divers qui venait d'être créé allait donner à la répartition, espérait-on, une élasticité suffisante pour que le Comité National n'eût plus à tenir compte de la condition spéciale des provinces en fixant la part à laquelle elles avaient droit. C'était à elles à acheter les suppléments dont elles avaient besoin. Bien que ces espérances eussent été déçues et que le Bureau des produits divers ne pût fonctionner, on maintint, néanmoins, en vigueur pendant plusieurs mois, le tableau dressé au mois de septembre qui attribuait aux provinces les coefficients suivants :
Anvers 14 %
Brabant 10 . 5 %
Bruxelles 12 %
Flandre occidentale \ ^"""^^^^-y 2.5 %
/ Courtrai ... 3-5 %
Flandre orientale 15.5 %
Hainaut 18 %
Liège 12
Limbourg 4 %
Luxembourg 3 %
Namur 5 %
Le Comité National avait à ce moment plusieurs raisons pour ne pas corriger ce tableau et baser la répartition entre les provinces uniquement sur le chiffre de leur population. En premier lieu, il manquait d'éléments sûrs pour déterminer les besoins , réels des provinces. Une enquête faite au mois de septembre avait révélé que la plupart d'entre elles n'avaient pas imposé aux Comités locaux?' une procédure uniforme dans la distribution des produits aux consommateurs et n'avaient même pas fixé de limite aux achats individuels. A un moment où, en présence de la. disette croissante, les Comités provinciaux revendiquaient énergiquement leur part, le Comité National risquait de se faire