‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 106 sur 227 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1. — La répartition d'après les besoins présumés (novembre 1914-octobre 1917j.

Les premiers tableaux de répartition dressés au mois de décembre 1914 appliquaient le même coefficient à tous les produits, le pain y compris. Chaque province recevait donc une part de tous les produits importés, proportionnée à sa population. On ne tarda pas à s'apercevoir que ce mode de distribution justifié pour le pain, denrée dont chacun consomme journellement une quantité à peu près constante, ne l'était pas pour des produits dont la consommation est irrégulière, variait selon les régions, selon le moment de l'année et selon la condition sociale des consommateurs.

Après avoir consulté les délégués provinciaux, le Comité National reconnut que les besoins en féculents et en graisses étaient grands surtout dans les régions industrielles et les villes où les autorités pubHques devaient soutenir, par des distributions gratuites de vivres, de nombreux ouvriers dont l'arrêt du travail industriel avait fait des indigents. En transmettant le 7 janvier 1915, à la C. R. B., le tableau de répartition revisé, le Comité National lui faisait remarquer qu'il avait accordé un pourcentage élevé à la province de Hainaut qui compte une population ouvrière très dense, et que, de 2 % retirés au Stock généra], i % avait été attribué à la province de Liège. Le tableau du 25 janvier 1915 qui devait ser\ar jusqu'au mois d'avril suivant, attribue, pour les féculents, aux trois provinces de Bruxelles, de Liège et de Hainaut, des coefficients beaucoup supérieurs à ceux que le chiffre de leur population leur donnait droit de revendiquer. Le Hainaut, par exemple, qui comptait

moins de 18 % de la population du pays, devait recevoir 28 % du riz des pois et des haricots importés par la C. R. B.

Le tableau de répartition fut encore revisé plusieurs fois avant la fin de l'année 1915, non par voie d'autorité, mais d'accord avec les provinces intéressées. La hausse du prix des denrées indigènes qui devait donner plus tard aux produits une valeur parfois décuple de celle à laquelle le Comité National les facturait aux Comités provinciaux, commençait à peine à se manifester. Aussi ces Comités n'avaient-ils en général, à cette époque, aucun intérêt à exagérer leurs demandes. Parfois même ils ne trouvaient pas à écouler les produits que le Comité National leur envoyait et demandaient, dans ce cas, à ce qu'on réduisît leur part dans les envois. La Flandre orientale, j)ar exemple, avertit le Comité National qu'elle ne désire pas recevoir de riz, de pois ou de haricots durant les mois de janvier et de février 19 15. Le 4 octobre 1915, le Comité de la Flandre occidentale déclare n'avoir plus besoin, avant deux mois, de lard, ni de farine de maïs. Au mois de mai 1915, comme les légumes frais devenaient abondants, la majorité des Comités se montraient peu disposés à accepter encore des haricots et des pois secs. Le Comité National, pour éviter l'encombrement des entrepôts de Rotterdam, dut insister auprès d'eux pour leur faire accepter leur part et, afin d'éviter le retour de pareille difficu té, il leur fit signer l'engagement de prendre dorénavant, au prix fixé par la C. R. B., leur part proportionnelle des vivres que cette Commission introduisait en Belgique. Bien entendu, le Comité National n'entendait faire usage de cet engagement que si, faute d'entente avec les provinces, l'écoulement des marchandises devenait impossible. Lorsque les circonstances le permettaient, il s'efforçait de régler la répartition selon le vœu de chaque Comité. C'est pourquoi le tableau soumis aux délégués des provinces, le 23 septembre 1915, stipule que les chiffres en seront rectifiés suivant les desiderata qu'exprimeront les provinces. Bruxelles avait déjà demandé à ne recevoir que 300 tonnes de riz au lieu de 750, le Limbourg avait renoncé à sa part de ce produit, tandis que le Hainaut réclamait une augmentation de la sienne. •

Pour certains produits, tels que le maïs, la viande, les pommes de terre, les commandes ne se firent le plus souvent qu'après

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