TRANSFERT DES INSCRIPTIONS
ce qu'une même personne ne pût, en se faisant inscrire à plusieurs endroits différents, se faire remettre plusieurs rations. Le 10 mai 1917, le Comité National donna à ce sujet aux Comités provinciaux les instructions ainsi conçues :
Nous prions les Comités pro\-inciaux de prescrire aux Comités locaux de remettre aux personnes qui quittent leur commune pour s'établir dans une autre localité, une carte ou un certificat constatant leur radiation de la liste des personnes qu'ils ra\'itaillent.
Cette formalité est indispensable pour éviter les doubles emplois.
I.res personnes qui changent de résidence sans être munies de ce certificat, sont exposées à se voir refuser le ravitaillement dans la commune où elles s'installent.
Il conviendrait de prescrire également de porter à la connaissance des habitants les dispositions qui seront prises à ce sujet.
A la suite de ces instructions, les Comités prirent des mesures de contrôle qui eurent pour résultat de retarder la délivrance aux personnes arrivant dans une localité des rations auxquelles elles avaient droit. Des ouvriers qui revenaient d'Allemagne où ils avaient été travailler, se plaignirent de la chose. L'autorité occupante, leur protectrice, en prit prétexte pour adresser des observations au Comité National qui fut obligé d'ordonner aux Comités de prendre leurs dispositions pour éviter ces retards : « Nous attirons l'attention des Comités provinciaux, dit le président du Comité exécutif à la réunion du 14 juin 1917, sur la nécessité qu'il y a d'assurer convenablement le service des radiations et des inscriptions pour le pain et les cartes de ménage, à l'occasion des changements de domicile de province à province et de commune à commime ou du retour en Belgique de personnes revenant d'Allemagne. Les inscriptions doivent pouvoir se faire sur-le-champ et être suivies d'effets immédiats. Il n'est pas admissible qu'un habitant du pays reste sans pain, ne fût-ce qu'un jour, à cause de formalités à remplir. »
Il fut entendu que les Comités locaux seraient autorisés à ravitailler immédiatement sur simple présentation de la carte d'identité, toute personne changeant de résidence, le Comité du Heu d'origine étant informé de la mutation par une carte spéciale. Cette innovation ne tarda pas à devenir la source d'abus auxquels il fallut mettre un terme. Le Comité National
le fit savoir à la Deutsche Vermittlungstelle, par la lettre que voici du 12 juillet 1917 :
Le Comité National a l'honneur de signaler que cette innovation présente beaucoup d'inconvénients et engendre de nombreux abus. C'est ainsi que le Comité provincial du Luxembourg fait observer que depuis que les nouvelles instructions reçoivent leur application, il arrive notamment que la famille d'une personne ayant changé de résidence, continue à recevoir son ravitaillement complet au Comité de l'ancienne résidence qui, par suite des retards de la poste, n'était avisé de la mutation que trois semaines après le départ; d'autre part, il a été constaté que des personnes se présentaient au cours d'un même mois dans différents Comités locaux et obtenaient successivement de chacun d'eux une nouvelle carte de ravitaillement sur présentation de leur carte d'identité; la fraude ne pouvait être découverte que longtemps après et, comme il s'agissait dans la généralité des cas d'ouvriers nomades, l'application d'une sanction n'était pas possible.
C'est pourquoi, en vue de mettre fin à ces abus, le Comité National voit obhgé d'exiger à l'avenir que les personnes changeant de résidence produisent, pour obtenir leurs cartes de pain et de ménage, un certificat du Comité de leur ancienne résidence constatant qu'elles ne sont plus ravitaillées par lui.
Le Comité National n'imposa pas aux Comités l'observance de règles déterminées pour opérer le transfert des inscriptions. Les mesures prises par chacun des Comités n'étant pas coordonnées n'atteignirent pas au but que l'on se proposait. Les doubles emplois restèrent nombreux. Pour assurer l'exécution uniforme de ses instructions dans tout le pays, le Comité National proposa (8 novembre 1917) aux Comités provinciaux de généraliser le système de cartes mis en vigueur par le Comité de Liège. Ce système, leur exposa- t-il, comporte l'emploi de deux cartes :
La carte A, bleue, demande d'inscription, est remise par le Comité local de départ à l'habitant qui quitte la commune ou envoyée directe ment au Comité local d'arrivée. EUe mentionne, entre autres, les dates auxquelles le ra\itaillement a été assuré en pain ou farine et en denrées diverses.
La carte B, rose, demande de radiation, est envoyée par le Comité local d'arrivée au Comité local de départ, lorsque l'intéressé a omis de s'y faire rayer de la hste de ravitaillement.
Lorsqu'une personne demande son inscription au ravitaillement, le Comité local doit donc exiger la production de la carte A. Si l'intéressé ne la possède pas, le Comité local peut lui accorder provisoirement le ravitaillement en pain, mais en envoyant immédiatement au Comité local de