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CHAPITRE PREMIER RAVITAILLEMENT DES ÉTRANGERS

Jusque vers la fin de l'année 1915, la question du ravitaillement des étrangers — et sous cette appellation on ne comprenait de fait que les sujets de pays avec lesquels la Belgique était en guerre — se confondit avec celle du ravitaillement de l'armée. En effet, presque tous les civils étrangers habitant la Belgique avaient quitté le pays au début des hostilités. Comme le Gouvernement allemand, par ses accords avec les Ministres protecteurs du Comité National, avait renoncé à réquisitionner des vivres indigènes pour l'entretien de ses troupes et qu'il ne pouvait prétendre pour elles à une partie des vivres importés, la seule difficulté qu'on eut à résoudre fut celle de la consommation de pain par des militaires dans les établissements qu'ils fréquentaient en même temps que des Belges. On a vu plus haut, dans le chapitre consacré à la fourniture de pain aux hôtels et aux restaurants, ce qui fut fait à cet égard.

La question changea d'aspect quand un. certain nombre de sujets des puissances en guerre avec la Belgique eurent repris leur domicile en Belgique ou vinrent s'y établir à la suite de l'armée occupante. Ces personnes n'appartenant pas à l'armée, les conventions relatives aux troupes étrangères ne leur étaient pas applicables. Fallait-il leur accorder le régime des nationaux? L^ne seconde question connexe à la première se posa à propos des ouvriers belges ou étrangers employés par l'aiitorité occupante à des travaux qui ne concernaient pas directement l'adminis-

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tration militaire, quoiqu'ils fussent faits sans contestation possible dans l'intérêt de l'armée. C'est à propos d'elles que les contestations surgirent entre le Comité National et l'autorité occupante.

Au mois de janvier 1916, ]» Comité National reçut de la Deutsche Vermittlungstelle une série de lettres l'invitant à faire ravitailler les chantiers de divers entrepreneurs allemands où étaient occupés des ouvriers belges ou sujets de pays neutres. L'administration allemande fit preuve en l'occurrence d'une singulière ignorance du rôle du Comité National, car elle émit la prétention d'obtenir pour ces ouvriers tout ce qui était nécessaire à leur subsistance. Voici, à titre d'exemple, ce qu'elle demandait pour 860 ouvriers occupés dans le pays de Hervé (lettre du 5 janvier 1916) :

2,580 kilos de pain (comme supplément à la ration ordinaire de pain déjà distribuée par le Comité de secours ihispanoaméricain) .

75 kilos de pois.

haricots.

lentilles.

flocons d'avoine.

flocons de maïs.

farine de maïs.

sel.

café.

fromage.

cubes de bouillon.

lard.

conserves de viande.

poisson et conserves de poisson,

légumes conservés.

riz.

Le Comité National ne pouvait évidemment exclure du ravitaillement les ouvriers belges emploj'és par l'administration allemande. Dans une lettre du 10 janvier 1916, il fit savoir à la Deutsche Vermittlungstelle que ces ouvriers avaient droit aux mêmes rations que les habitants de la locahté où ils étaient employés. Mais il n'entendait pas accorder le même traitement aux étrangers qu'il plaisait à l'administration allemande d'amener

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