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CHAPITRE IV LE RAVITAILLEMENT DES AMBULANTS

En principe, chaque habitant est ravitaillé par la commune oti il réside. Que faire à l'égard des familles ambulantes qui n'ont pas de résidence fixe? Comment leur procurer leur ration tout en les empêchant de se faire ravitailler successivement dans plusieurs communes? Le Comité de Liège s'occupa un des premiers de cette question et décida de pourvoir les familles ambulantes de son ressort d'im carnet spécial qui leur permettrait d'obtenir leur ration au lieu de leur résidence temporaire. Ce système plut aux chefs de service qui l'examinèrent dans leur réunion du 7 novembre 1917. Adoptant leur avis, le

Comité National proposa le 15 novembre suivant aux Comités provinciaux de le généraliser et s'offrit à les y aider :

Le ravitaillement des familles ambulantes (nomades, forains, colporteurs, etc..) a donné lieu à de nombreux abus : certaines de ces familles parviennent à se faire ravitailler dans plusieurs localités en même temps.

En vue de prévenir ces abus, certains Comités provinciaux ont instauré une carte ou *un carnet de ménage spécial pour le ravitaillement des ambulants.

Il y a lieu de généraliser la mesure. Dans ce but, le Comité National propose aux Comités provinciaux d'adopter le système de carnet de ménage mis en vigueur par le Comité provincial de Liège.

Des exemplaires de ce carnet, fort bien conçu et qui comporte toutes les indications nécessaires, sont mis à la disposition des délégués.

Les carnets ne doivent être délivrés que par un nombre restreint de Comités par province, par exemple les Comités d'arrondissement.

Chaque Comité enverra mensuellement le relevé des carnets délivrés au Comité National qui, par un pointage des relevés, vérifiera si plusieurs carnets n'ont pas été délivrés au même ménage.

Pour obtenir le carnet, les intéressés doivent produire toutes les pièces propres à établir l'identité de toutes les personnes composant le ménage. Une seule personne désignée nominativement au carnet peut recevoir les vivres, sur présentation du carnet et de toutes les pièces d'identité qui l'appuient.

Le Comité local qui délivre les vivres, les inscrit au carnet et en dresse un bordereau qu'il fait signer par l'intéressé et qu'il conserve comme pièce justificative.

Toute modification dans la composition du ménage doit être signalée immédiatement au Comité local le plus proche, qui l'inscrit au carnet.

Mais les espérances que le système avait fait naître ne se réalisèrent pas. Il fut constaté que des ambulants disposaient de plusieurs cartes de ravitaillement dont ils avaient obtenu, par fraude, la délivrance dans une ou plusieurs provinces pour obtenir des rations qui ne leur revenaient pas. A titre de sanction, le Comité National suggéra aux Comités provinciaux (16 mai 1918) de ne plus considérer les contrevenants de cette espèce comme des ambulants et d'inviter ceux-ci à se faire ravitailler comme habitants sédentaires dans la localité de leur choix. Mais ce mode de répression fut inefficace. Finalement le Comité National décida de rapporter la mesure prise le 15 novembre 1917. Il en

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