‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 197 sur 227 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

M. Sacré expose qu'à Bruxelles les évacués arrivent irrégulièrement. Il y en a peut-être une dizaine de mille. On les loge provisoirement dans les écoles parce que tous les grands bâtiments sont occupés par l'autorité allemande.

On leur donne le matin de la torréaUne et 70 grammes de pain avec du saindoux; à midi, la soupe conununale avec 300 grammes de pain et le soir le repas du restaurant bruxellois avec 35 grammes de pain.

C'est trop peu et M. Sacré est d'avis de leur accorder 140 grarmnes de pain le matin, 300 grammes à midi et 100 grarmnes le soir.

Lorsque les évacués arrivent la nuit, on les héberge et, le matin, on les envoie chercher leur billet au Service des évacués et une pièce d'identité à la Pass-Centrale pour être à couvert à l'égard de l'autorité allemande. Alors on leur déUvre une carte de ménage.

M. Van BréE dit que M. Rieth a donné, à M. Saura, l'assurance que pour les évacués il ne devait pas être exigé de pièces d'identité. Il ne faut donc plus les envoyer à la Pass-Centrale, ce qui constitue une démarche trop pénible pour la plupart d'entre eux.

Pour les évacués qui restent en ville, il faut tâcher de les faire passer le plus vite possible de la catégorie des évacués provisoires dans la catégorie des évacués définitifs. Du moment où ils prennent leur domicile dans l'agglomération, on peut les inscrire au ravitaillement.

M. Sacré répond que c'est ce qui se pratique et lorsque les évacués trouvent à se loger chez des habitants, on leur déUvre une carte de ménage distincte et on leur donne, indépendanmient des denrées de la quinzaine, le ravitaillement supplémentaire.

Le restaurant pour les évacués fonctionnera dès demain.

Les délégués des autres provinces n'ont pas encore vu arriver de colonnes d'évacués.

M. Van BrÉE complète les renseignements et donne les indications suivantes sur les mesures qu'il y a lieu de prendre pour l'assistance à donner aux évacués :

Depuis hier matin, les évacués arrivant du Hainaut entrent en grand nombre dans le Brabant par Nivelles. De là, ils traversent la province par deux routes : Genappe, Ottignies, Jodoigne, Tirlemont d'une part; Houtain-le-Val, Marbaix, Gembloux, ^ghezée. De là, on les dirigera peut-être vers le Nord (Hollande) ; en tout cas, il semble qu'ils passeront par les provinces de Limbourg et d'Anvers.

C'est l'autorité allemande qui désigne la route par où ils passent et

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qui indique l'étape journalière à efiectuer et les localités où ils doivent loger.

Il est bon de se mettre d'accord avec l'autorité militaire, ce qui est plus facile, ou avec l'autorité ci\Tle, ce qui est moins facile, pour faire réquisitiormer des chariots et des chevaux qui accompagnent les colonnes avec de la paille et du foin pour servir au couchage des évacués lorsqu'ils arrivent à l'étape et logent chez l'habitant.

En ce qui concerne le ravitaillement, les évacués sont généralement munis d'une carte spéciale que les Comités locaux des communes où ils passent timbrent en même temps qu'ils leur déUvrent leur ration (pain et soupe).

On leur donne le matin i kilo de pain et de la torréaline; ils reçoivent la soupe vers midi dans la commune où ils passent; le soir, ils mangent le reste de leur pain avec de la soupe lorsqu'il y a moyen de leur en préparer.

Le principal, dans chaque étape, c'est de ne pas se laisser encombrer et de faire en sorte qu'une colonne soit partie avant l'arrivée de la suivante. C'est pourquoi l'on a reconnu qu'il valait mieux les nourrir le long de la route.

Lorsqu'il n'y a que 5,000 personnes par jour, l'on en sort encore aisément, mais si on laisse accumuler les évacués jusqu'à 10 et 15,000, il y a trop de confusion et l'on ne s'y retrouve plus. Beaucoup de gens se perdent. A Nivelles, on a dû créer un asile spécial pour les enfants qui avaient été perdus en cours de route.

Pour les mesures à prendre, il faut faire agir les bourgmestres et les Comités locaux. C'est la commune qui est responsable du logement et de la réquisition des chariots et des chevaux; le Comité local est responsable du ra\dtaillement. Mais si la commune ou le bourgmestre n'agit pas, le Comité local ne doit pas hésiter à prendre les initiatives nécessaires.

Les autorités allemandes ont déclaré qu'elles fourniraient une part de ravitaillement par évacué et par jour : 50 grammes de pommes de terre, 30 grammes de sucre et 15 grammes de gruaux d'orge.

Il faut donc s'adresser aux commissaires civils pour se faire délivrer les quantités voulues d'après le nombre d'évacués à ra\'itailler.

En cours de route, il vaut mieux distribuer les vivres aux évacués sans les faire payer, le paiement étant quasi impossible. Les comités locaux porteront ces vi\'res en compte sur le crédit de 500,000 francs qui a été ouvert à chaque Comité provincial pour les évacués français et au compte du Comité National, pour les évacués belges.

Il faut facihter également aux évacués français l'échange des bons municipaux dans les limites prévues par les instructions.

Il faudra partout faire tout ce qui est possible pour aider les malheureux réfugiés. La plus grande difficulté n'est d'ailleurs pas la nourriture, mais bien le repos à leur fournir. Beaucoup de ces malheureux sont en route depuis quinze jours, ils arriveront dans le nord du Brabant et dans

les provinces d'Anvers et de Limbourg exténués. Ce sont les populations le long de la route qui doivent les aider en leur donnant à boire et de quoi s'asseoir. Il faut que ces gens aient partout l'impression qu'ils sont secourus sur leur passage.

L'essentiel pour aboutir, c'est de donner des instructions nettes et précises aux Comités locaux pour qu'ils fassent le nécessaire. Jusqu'à présent, les évacués ont l'air satisfaits; il faut qu'ils continuent à l'être.

M. Fru^ing préconise de faire escorter les colonnes par des inspecteurs des Comités provinciaux, notamment par ceux qui ont une bicyclette et qui pourraient aller en avant faire préparer tout ce qu'il faut aux étapes. (Assentiment général.)

Il demande ce qu'il convient de donner comme ravitaillement en route.

M. Van BréE répond que les Comités doivent surtout agir d'initiative, mais qu'ils peuvent s'inspirer de ce qui est donné dans le Hainaut : i kilo de pain, 25 grammes de saindoux, torréaline le matin, soupe à midi et si possible le soir.

Il importe surtout de renseigner les Comités locaux en temps utile de la date d'arrivée et de l'importance des colonnes.

Il faut compter qu'il arrivera de 15 à 20,000 évacués par jour venant de France.

On compte d'autre part qu'un grand nombre d'évacués des Flandres seront dirigés sur la province d'Anvers.

Actuellement, après le Hainaut, c'est le Brabant qui est dans une situation difficile, mais ce seront bientôt les provinces d'Anvers et de Limbourg qui recevront ces évacués.

Il se peut aussi que si on les éparpille au delà de Tirlemeont, il en îurive un certain nombre dans la région de Warenune. Si plus tard, on en évacue de la région de CharleviUe, la province de Namur aura son tour.

Il sera prudent, en tout cas, d'envoyer des vivres d'avance aux Comités locaux susceptibles d'avoir à ravitailler des évacués, sinon ils n'auraient pas de quoi leur donner à manger.

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