BRUXELLES
M. Sacré. — A Bruxelles, nous n'avons pas reçu de colonnes d'évacués ; nous n'avons eu que ceux qui avaient quitté les colonnes.
Les mesures nécessaires ont été prises dès le début. Le ravitaillement se fait normalement. Beaucoup sont logés chez des habitants, des parents ou des amis. Les administrations communales ont hébergé les autres dans les écoles.
M. Van Brée. — Ce matin, les renseignements suivants ont été relevés :
Il y avait 17,000 évacués inscrits, mais beaucoup ne se sont pas fait inscrire ; il est donc probable qu'il y en a beaucoup plus.
Il doit y avoir en\dron 15,000 Français venant en majeure partie de Cambrai, Douai et Valenciennes.
En ce qui concerne Nivelles où il s'était produit un engorgement, la situation était devenue tellement précaire par suite du manque de logements, qu'il a été jugé nécessaire de faire venir une partie des évacués, qui y étaient arrêtés, vers Bruxelles.
M. Van Maasdyck nous dit qu'on a promis d'organiser des trains, ce serait évidemment la meilleure solution puisque les trains peuvent transporter rapidement 1,000 à 1,500 personnes.
Mais avant de savoir cela, voici les dispositions que nous avons prises. Nous avons obtenu un ser\-ice de trams de ^lont-Saint-Jean, nous avons des camions automobiles du département de Secours et quatre camions à deux chevaux loués ici au prix de 250 francs par jour.
Ce qui rend le transport des évacués le plus difficile, c'est qu'ils sont encombrés de bagages vraiment ridicules : ils traînent avec eux de vieux meubles et d'énormes paillasses. On enlèvera de préférence ceux qui consentiront à céder leurs bagages et leurs \avres qu'on leur rachètera à bon prix. Ils pourront encore emporter 50 kilos de bagages, mais ils seront débarrassés du surplus trop encombrant et, en somme, ils se trouveront mieux d'avoir à leur disposition une petite somme pour passer en Hollande.
Mais il en est encore beaucoup qui n'accepteront pas : il y en a qui
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préfèrent coucher dehors plutôt que d'abandonner leurs bagages. (Marques d'assentiment.)
Quand les évacués arrivent à Bruxelles, ils doivent aller se faire immatriculer. Ils sont alors dirigés sur un refuge ou logés chez l'habitant.
Dans les refuges, on leur donne le logement et la nourriture : le matin, de la torréaUne et du pain ; à midi, de la soupe ; et le soir, un repas servi au refuge ou une carte pour aller au restaurant économique. On leur donne aussi une carte de soupe qui leur permet d'aller au débit de l'abattoir.
Ceux qui savent mieux se tirer d'affaire et qui peuvent se loger chez les habitants reçoivent une carte de pain et une carte de ménage. Cela leur permet d'obtenir la ration ordinaire de pain et le ravitaillement ordinaire plus le ravitaillement supplémentaire du Comité du nord de la France.
M. Roi<i<AND. — J'ai rencontré un évacué qui me disait qu'il était obhgé d'aller se faire inscrire à la Pass-Zentrale ; cela est-il exact?
M. Van BréE. — Voici ce qui arrive : bien des évacués se présentent au Comité local pour obtenir directement une carte de ménage réguhère. Or les Comités locaux ne peuvent déUvrer de cartes de ménage qu'avec inscription réguhère sur présentation de pièces d'identité en règle, visées par la Pass-Zentrale.
Si les évacués viennent se faire immatriculer dans nos bureaux, ils ne doivent pas passer par cette formaUté pour obtenir une carte de pain et une carte de ménage.