‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 45 sur 227 · INTERVENTION DU GOUVERNEMENT ANGLAIS · texte numérisé non relu

INTERVENTION DU GOUVERNEMENT ANGLAIS

Ce discours de M. Hoover, déjà alarmant, était cependant trop optimiste : le 20 décembre suivant, la Commission for Relief in Belgium avertissait le Comité National que, durant le mois de décembre, elle ne pourrait importer que 48,000 tonnes de froment et que, jusqu'au 15 janvier au moins, le ravitaillement serait difficile. C'était moins de la moitié des arrivages annoncés comme probables par M. Hoover.

La crise du ravitaillement ne résultait, jusqu'à ce moment, que de causes matérielles, sérieuses sans doute, mais qu'on pouvait espérer passagères. Elles troublaient l'activité du Comité National, elles imposaient des restrictions imprévues au ravitaillement, mais ne le mettaient pas en péril. Il en fut autrement d'une intervention nouvelle du Gouvernement anglais, grave surtout à raison des motifs qui la déterminèrent. Elle fut provoquée, en effet, par la crainte qu'une partie des vivres importés en Belgique ne servît à l'alimentation des troupes allemandes. Nul soupçon n'était plus inquiétant dans les circonstances où l'on se trouvait. Les puissances de l'Entente, qui consacraient des forces considérables au blocus de l'Allemagne et attendaient la victoire de leurs armes de ce blocus, n'auraient peut-être pas hésité à interdire l'introduction de vivres en Belgique, si elles avaient eu la preuve qu'une partie quelque peu importante de ces vivres passait à l'occupant.

Le 12 décembre 1915, le bureau de Bruxelles de la Commission for Relief in Belgium reçut de Londres, au sujet du lard et du saindoux, un télégramme ainsi conçu :

I. Exj^liquez différence entre la consommation actuelle et les importations relativement faibles avant 1914;

II. Envoyez statistiques et indiquez faits expliquant l'accroissement de consommation;

III. Envoyez copie de la série de formules relativ'es à la méthode de distribution du steamer au consommateur en y joignant une note explicative ;

IV. Télégraphiez le stock de lard et de saindoux à la fin de novembre pour la Belgique et le nord de la France.

Le bureau de Bruxelles satisfit à ces demandes et envoya à Londres une note qu'il rédigea avec la collaboration des fonctionnaires du Comité National. A la première et à la seconde

question, les seules qui concernent directement le sujet traité dans le présent chapitre, il répondit de la façon suivante :

I. Expliquez la différence entre la consommation actuelle et les importations relativement faibles avant 1914 :

IMPORTATIONS EN BELGIQUE EN 1913 (Tonnes.)

Page 1