CONCESSIONS FAITES PAR LE FOREIGN OFFICE
■utilisé par elle. Les achats individuels étant autorisés, le passage des soldats permissionnaires amena le drainage vers l'Allemagne d'une quantité énorme de produits, spécialement de ceux de la charcuterie. Enfin, par l'établissement des bureaux de distribution communément appelés « les centrales », l'occupant se procura le moyen de donner une alimentation abondante aux garnisons de police, aux fonctionnaires allemands et aux ouvriers belges embauchés par ceux-ci, tandis que le reste de la population souffrait de la disette. C'était la répétition, sous une forme plus adroite, de la manœuvre tentée au mois d'août 1915 par le maréchal von der Goltz, qui consistait à réserver à la Croix-Rouge de Belgique une certaine quantité de vivres. Mais cette institution étant placée sous l'autorité d'un fonctionnaire allemand, le but de la mesure apparut trop clairement et le Foreign Office menaça d'arrêter le ravitaillement de la Belgique. L'ordonnance promulguée ne fut pas mise à exécution. Les « centrales » donnaient beaucoup moins facilement prise à une critique précise et elles obtenaient, par des voies détournées, des résultats plus étendus que n'aurait pu le faire la Croix-Rouge.
Sans être pleinement satisfait des concessions consenties par l'Allemagne, le Foreign Office fit preuve de dispositions conciliantes et accepta, le 10 mai, le programme revisé que la Commission lui avait soumis quelques jours auparavant. Il autorisa l'introduction en Belgique, chaque mois, de 4,000 tonnes de lard et de saindoux au lieu de 2,400 et celle de 5,000 tonnes de riz, denrée prohibée depuis le mois de février. Les céréales subsidiaires (maïs, riz, pois, haricots) étaient interchangeables ^us la double réserve que les importations de maïs ne dépasseraient, en aucun cas, 8,000 tonnes par mois et que chaque substitution serait annoncée au Foreign Office. La Commission for Relief in Belgium avait demandé à pouvoir se procurer des pommes de terre en Irlande. Le Gouvernement anglais n'y consentit pas immédiatement, mais promit de faire étudier la question.
Quelques jours plus tard, il fit à la Commission for Relief in Belgium une nouvelle concession en l'autorisant à compenser par des importations supplémentaires le déficit de certains mois.
à la condition que la moyenne mensuelle, calculée par trimestre, ne dépassât pas les quantités permises. Le programme y gagnait en souplesse et la Commission for Relief in Belgium y trouvait immédiatement l'avantage de pouvoir combler, durant le second trimestre de 1916, le déficit de 30,000 tonnes qu'avait laissé le premier trimestre.
En résumé, au milieu de l'année 1916, les autorisations du Foreign Office limitaient aux quantités suivantes les importations mensuelles moyennes : froment, 54,000 tonnes; lard et saindoux, 4,000 tonnes; riz, 5,000 tonnes; pois et haricots, 3,000 tonnes; maïs, 8,000 tonnes; ce qui représentait un tonnage total de 74,000 tonnes et, en y comprenant les produits divers, dont il sera question plus loin, de 76,000 tonnes environ.