RÈGLEMENTS CONCERNANT LES \^VRES INDIGÈNES 9I
nistration le droit de réglementer le commerce du sucre et de fixer l'échelle des prix; arrêté du 24 novembre 1915 réservant au (' Bureau de répartition du sucre » la réglementation de la consommation.
Oignons. — Arrêté du 6 novembre 1915 plaçant les oignons sous saisie et attribuant à la « Centrale des fruits » le soin de les répartir dans le paj's.
Beurre. — Règlement du 30 novembre 1915 sur le commerce du beurre; arrêté du 12 février 1916 réservant le droit de s'occuper de ce commerce aux marchands patentés avant le 1^^ août 1914; arrêté du 26 juillet 1916 réservant ce droit aux membres de la Ligue des marchands de beurre.
Graisse. — Arrêté du 9 décembre 1915 ordonnant de livrer à la « Centrale des huiles » toutes les graisses brutes de bœuf ou de mouton, à l'exception de la graisse des rognons.
Porcs. — Arrêtés du 19 décembre 1915 et du 22 février 1916 sur le commerce et l'abatage des porcs.
Bœufs et porcs. — Arrêté du 22 février 1916 réservant la faculté de s'occuper du commerce du bétail aux personnes autorisées par l'administration allemande ; arrêté du 30 mai 1916 renforçant la réglementation établie par les arrêtés précédents.
Bière. — Arrêté du 21 mars 1916 constituant un bureau de contrôle des brasseries chargé de prendre les mesures relatives à l'approvisionnement régulier en bières.
Thé, café. — Arrêté du 11 janvier 1916 ordonnant de faire un relevé des stocks de café et de thé existant dans le pays.
Chacune de ces mesures amène une raréfaction des produits qui, pour ceux de ces derniers dont le commerce n'est pas monopohsé par une « centrale », peut s'évaluer par la hausse des prix : la chicorée qui coûtait 60 centimes le kilo en août 1915 passe à 80 centimes le mois suivant à la suite de l'arrêté prononçant la saisie des racines; l'arrêté du 26 juin 1916 qui étend la disposi-
tion précédente à la chicorée préparée se trouvant dans les fabriques fait monter les prix de i fr. 15 à i fr. 40. La réglementation du commerce des porcs par les arrêtés des 19 décembre 1915 et 22 février 1916, et la saisie des graisses ordonnée le 9 décembre 1915 se combinant avec une réduction des importations, détermine une augmentation rapide du prix du lard : de 3 fr. 25 le kilog. au mois d'octobre 1915, le prix s'élève à 4 francs au mois de décembre 1915, à 7 francs au mois de mai, à 10 francs au mois de novembre 1916.
Les arrêtés sur le commerce de la viande déterminent à Bruxelles, l'abandon du marché par les producteurs. De février à juin 1915, on ne cote plus les prix à l'abattoir de Bruxelles. Quand, au mois d'août, à la suite des concessions faites par l'autorité allemande qui renonce à pratiquer des saisies, la publication d'une mercuriale est reprise, celle-ci constate que les prix ont passé, dans l'intervalle, de i fr. 15 le kilo à 4 f r. 50 1
Le recensement des stocks de thé et de café, en janvier 1916, produit sur les prix à peu près l'effet d'une saisie : le café vendu 3 fr. 20 le kilo au mois de janvier 1916 se vend 4 francs le mois suivant, 5 francs en mai, 6 fr. 30 en avril et plus de 11 francs au mois de novembre 1916.
Les « centrales », prétendument instituées pour assurer une égale distribution de produits, fixent la ration journalière à un poids bien inférieur à celui de la consommation habituelle et, cette ration, elles ne la donnent même pas. Quelques chiffres réunis par la C. R. B. donneront une idée des procédés de l'administration allemande. La « centrale des pommes de terre » arrête à 300 grammes par jour la ration maximum par tête, pour 1916-1917; en réalité, les habitants des sept chefs-lieux de province reçoivent en novembre 1916 160 grammes par tête, en décembre 205 grammes, en janvier 145 grammes. A Bruxelles, la ration effective est, en novembre, de 107 grammes par jour, à Anvers de 100. La ration de sucre devait, théoriquement, être de 600 grammes par mois ; la quantité distribuée fut, en moyenne, pour les sept chefs-lieux de province de 375 grammes dans les derniers mois de 1916. Certaines villes reçurent la ration fixée, d'autres n'obtinrent rien. Pour le beurre, la Ligue des marchands de beurre faisant office de « centrale », avait annoncé une ration