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DÉTRESSE DES CITASSES NÉCESSITEUSES

hebdomadaire de 100 grammes. Une seule ville, Hasselt, au centre d'une région d'élevage, obtint à peu près régulièrement ce poids. Ailleurs, la quantité distribuée fut beaucoup moindre : en décembre 1916, elle est à Anvers de 37 grammes, à Mons de 23 grammes, à Bruxelles de 8 grammes. Quant à la chicorée, il n'en fut fait aucune part à la population.

Pour compenser l'insuffisance de ces rations, les habitants achètent en fraude. Un commerce de contrebande s'organise qui, naturellement, fait payer cher les risques qu'il court. Au mois d'octobre 1915, bien que la guerre durât depuis plus d'un an, on pouvait se procurer en abondance à Bruxelles, des pommes de terre d'approvisionnement au prix de 11 à 12 francs les 100 kilos, prix peu supérieiirs à ceux pratiqués en temps de paix. L'hiver suivant, par l'effet des règlements qui défendent le transport des pommes de terre sans autorisation, les habitants paient 16 francs les 100 kilogrammes les pommes de terre que leur distribuent les services officiels et, à partir du mois de décembre, plus de 70 francs !e quintal, celles, qu'avec beaucoup de peine, ils achètent en fraude risquant, en outre, dans ce cas, d'être punis d'une amende ou de voir, en cas de perquisition, leur provision saisie.

Pour les indigents, il n'y a que trois alternatives : ou de travailler pour l'occupant qui donne de gros salaires et y ajoute des rations alimentaires, ou se livrer à la contrebande, ou souffrir de la faim, car les distributions que fait le Comité National directement ou par les œuvres de secours qu'il a organisées, sont bien inférieures à ce qu'exige l'alimentation d'un adulte de poids moyen.

Cette situation rend plus impérieuse pour le Comité National le devoir d'aider les nécessiteux. C'est d'abord aux enfants et aux malades que va sa sollicitude. Le 30 mars 1916, il donne l'ordre formel aux Comités provinciaux, de ravitailler les œuvres de l'enfance et la Ligue contre la tuberculose. Le 17 avril, il insiste auprès des délégués provinciaux pour que, partout, l'on veille à l'alimentation des écoliers, que l'on établisse des soupes scolaires et que, dans tous les centres industriels où elle n'existe pas encore, on crée une œuvre de la soupe pour les adultes indigents. Au mois de juin 1916, pour aider la population pauvre

à attendre la récolte nouvelle des pommes de terre, il autorise l'allocation aux nécessiteux d'une ration de pain supplémentaire de 100 grammes par jour qui exige une quantité de froment égale aux rations ordinaires de 700,000 personnes.

Chaque province, avant de procéder aux distributions générales, doit prélever la part nécessaire au fonctionnement de ces œuvres. Mais c'était pour les provinces, surtout pour les provinces industrielles comptant beaucoup de nécessiteux, un devoir pénible que de diminuer la ration déjà si faible accordée à la population, pour soutenir les œuvres de bienfaisance. Le Comité National le comprit et s'efforça d'obtenir des Gouvernements alliés l'autorisation d'importer une quantité supplémentaire de vivres au profit des œuvres de secours. Le 18 août 1916, il adressait, à la C. R. B., un état de prévisions comportant, pour les œuvres de secours, 1,800 tonnes de graisses et 2,000 tonnes de féculents, outre les produits divers (cacao, café, lait condensé et sucre).

La C. R. B. était toute disposée à seconder de son mieux le Comité National. Le 15 septembre 1916, son président terminait une lettre adressée au Ministre des États-Unis, en disant : «La conséquence de la situation actuelle, c'est que l'importation des denrées alimentaires, durant l'hiver prochain, doit atteindre des quantités supérieures à toutes nos évaluations antérieures et ce, malgré une hausse de prix qui dépasse ce que le monde a connu jusqu'ici ». Le 21 septembre suivant, passant en revue dans un mémorandum ce qu'il y avait à faire pour perfectionner la distribution du pain, il concluait à la nécessité d'augmenter la ration de pain au profit des écoliers et des ouvriers et, à cette fin, il proposait d'accroître les importations de froment de 6,500 tonnes. En y joignant les céréales indigènes, le Comité National eût pu distribuer, dans ce cas, environ 385 grammes de froment par jour et par tête.

Après d'assez longues négociations, le Foreign Office accorda à la C. R. B. la faculté d'importer du café et du savon, d'augmenter ses envois de graisses et d'introduire en Belgique pour le service des œuvres de secours, de plus grandes quantités de féculents. La C. R. B. et le Comité National profitèrent de la latitude qui leur était donnée pour reviser leur programme

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