‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 85 sur 227 · GRAIN OU FARINE BLANCHE · texte numérisé non relu

GRAIN OU FARINE BLANCHE

pain blanc, il était plus avantageux pour les Comités provinciaux de recevoir du grain que de la farine, puisqu'il leur restait après la mouture, des déchets (son, rebulet, poussières, boules noires) qui étaient fort recherchés pour la nourriture du bétail. Mais lorsque, pour maintenir le poids de la ration, il fallait laisser dans le blé moulu une portion parfois considérable du son, lorsque la mouture au lieu de se faire à 75 %, ce qui donnait de la farine blanche, se faisait à 82, à 90, voire à 97 %, toutes les provinces préféraient, naturellement, recevoir leur part sous forme de farine blanche. La population habituée de longue date à ne consommer que du pain blanc, n'acceptait qu'à contre-cœur le pain gris et s'émouvait autant d'un changement à la couleur qu'au poids du pain. Le Comité National commença par répartir le froment et la farine entre toutes les provinces. Mais à la réunion du II février 1915 des délégués provinciaux, il leur fit savoir que dorénavant la farine blanche serait réservée exclusivement à l'Agglomération bruxelloise. Deux motifs avaient inspiré cette décision. Le premier, c'est que l'Agglomération bruxelloise avait moins besoin que les autres provinces des déchets de la mouture; le second, c'est que le Comité de l'Agglomération bruxelloise rencontrait de plus grosses difficultés que les autres à distribuer simultanément à la population, de la farine blanche et de la farine grise. Au mois de janvier précédent, il avait été forcé pour maintenir la ration individuelle à 250 grammes, de porter à 90 % le taux de mouture des froments que le Comité National lui avait envoyés. Les boulangers, au lieu de mêler les deux espèces de farine qui leur étaient remises — la farine blanche d'origine américaine et la farine grise livrée par les moulins belges — de façon à fabriquer un pain aussi blanc que possible, avaient très souvent réservé la farine blanche à la confection d'articles de luxe et avaient fourni aux consommateurs un pain de couleur très foncée, ce qui avait provoqué de multiples réclamations.

La décision du Comité National plut aux provinces agricoles qui avaient besoin de son pour leur bétail, mais elle mécontenta fort les populations de la région industrielle du Hainaut qui se plaignirent d'être moins bien traitées que les habitants de la capitale. Le différend n'eut bientôt plus de cause, les arrivages

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ayant permis d'abaisser de nouveau le taux de la mouture et de rendre à la population du pain blanc.

Dans la suite, le Comité National ne reçut plus que rarement le froment sous la forme de farine. L'économie de tonnage que la farine permettait de réaliser ne compensait pas les risques inhérents au transport d'une matière aisément corruptible, que réchauffement ou le mouillage rendait impropre à la consommation D'ailleurs les déchets de la mouture donnés au bétail, servaient indirectement à l'alimentation humaine qui les consommait sous la forme de viande, de lait ou d'œufs. Knlin, à un moment où les usines se fermaient les unes après les autres faute de matières premières, oti l'armée des chômeurs s'accroissait sans discontinuer, il y avait un réel intérêt à maintenir en activité les moulins du pa3-s, fort bien outillés.

La période de début passée, les provinces reçurent donc presque exclusivement' sous forme de céréales en grains, la part qui leur revenait dans la distribution générale. Le Comité National réserva pour les distributions spéciales (malades, œuvres de secours, alimentation infantile, etc.) les cargaisons de farine blanche qui lui parvenaient encore de temps à autre. Les quantités de céréales qu'il reçut sous cette forme après le mois d'août 1915 furent très faibles. Des importations de céréales, la farine constituait :

Durant le premier trimestre de 1915 43 %

» second >> » 23 %

» troisième » » 14 %

» quatrième » » 0,1%

» l'année 1916 0.5 %

A partir du mois d'avril 1918, les cargaisons de farine constituèrent de nouveau une part considérable des importations. L'économie de tonnage qui en résultait était une des causes de ce changement. Mais le motif principal était la nécessité de fournir rapidement à la Belgique de quoi faire du pain. Les envois de vivres avaient été fort ralentis dès le mois de février par suite du besoin de navires qu'avaient les Alliés pour le transport des troupes américaines en France, et les réserves constituées par

les Comités provinciaux étaient presque épuisées. Ces cargaisons de farine étaient composées les unes de farine de froment, d'autres de farine de seigle, parfois de parties de l'une et de l'autre. Le pain souvent jauni par la farine de maïs qu'on était obligé d'\- mêler, changea fréquemment de couleur durant cette période, allant du gris foncé à une teinte claire presque identique à celle du pain consonnné avant la guerre. Avec l'arrivée des froments de la nouvelle récolte américaine, en octobre 1918, les envois de farine devinrent de nouveau exceptionnels.

2. — La saisie de la récolte indigène dans ses rapports avec la répartition interprovinciale des céréales.

a) Lé rôle DES PROVINCES DANS l'ACHAT DE LA RÉCOLTE INDIGÈNE.

Le 8 juillet 1915, le président du Comité exécutif communique aux délégués des Comités j^rovinciaux la nouvelle importante que l'autorité allemande renonce à réquisitionner les céréales indigènes propres à confectionner du pain (par exem])le le froment, le seigle et l'épeautre), et accorde au Comité National le droit exclusif de les employer au profit de la population civile belge. Il devait résulter de ce fait, au point de vue de la répartition interprovinciale, des conséquences importantes provenant de ce que désormais le Comité National distribue à la fois aux provinces des produits exotiques et des produits indigènes, de ce que le commerce des céréales est monopolisé à son profit, de ce que, enfin, l'autorité allemande se réservant un rôle considérable dans la levée et la distribution des céréales indigènes, toute la répartition des céréales se trouve désormais soumise à son contrôle.

L'arrêté du 30 juin 1915, le premier en date sur cette matière, saisit au profit de la population civile toutes les céréales pouvant servir à la panification et attribue à une commission nommée par le gouverneur général, le droit de les acheter pour les mettre à la disposition de la population du gouvernement général. L'arrêté confiait donc la distribution des produits indigènes à un organisme nouveau, dépendant du gouverneur général et

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étranger au Comité National. Ce mode d'organisation devait rendre fort difficile un rationnement équitable de la population et un emploi judicieux des approvisionnements. L'autorité allemande reconnut les inconvénients de la mesure qu'elle avait prise et renonça à la mettre à exécution. Un arrêté nouveau du 23 juillet 1915, attribua au Comité National de Secours et d'Alimentation le droit exclusif d'acheter au comptant les stocks de céréales saisis et les restants des stocks qui ne seraient pas entièrement utilisés. Mais il ne lui laissa aucune liberté dans l'organisation de ces achats et ne lui accorda aucun pouvoir pour réaliser le droit qui lui était concédé. Toutes les opérations relatives à ces achats furent placées sous la direction et la surveillance de commissions nommées par l'autorité allemande; le Comité National n'avait pour ressource que de leur présenter des vœux ou des observations par l'intermédiaire des quelques Belges qui en étaient membres. Une Commission centrale {Zentral-Ernte-Kommission) fut établie à Bruxelles, des commissions provinciales (Provinzial-Ernie-Kommissionen) furent constituées au chef-lieu de chaque province. Les attributions de ces commissions sont définies de la façon suivante par les articles 5 et 6 de l'arrêté :

Art. 5. — La Commission centrale de la récolte déterminera les quantités pour lesquelles la saisie .sera levée afin qu'elles .soient mises à la disposition de la population.

Elle surveillera l'application des mesures assurant l'approvisionnement en pain de la population belge, et veillera spécialement à ce que, décompte iait du stock à conserver pour les semailles, la consommation mensuelle ne dépasse pas la douzième partie du stock total de la récolte de 191 5.

Elle me soumettra en outre les propositions nécessaires au sujet de la ration uniforme par tête de la population, au sujet des prix d'achat du blé battu, de la farine, du son et du pain.

La Commission centrale de la récolte enverra aux Commissions provinciales de la récolte, par les soins du chef de l'administration civile, des instructions relatives aux questions d'importance capitale, conformément aux décisions que j'aurai prises à ce sujet. Elle surveillera en outre l'exécution de ces instructions.

Les Commissions provinciales de la récolte lèveront mensuellement la saisie du blé en faveur du Comité National. Cette levée de saisie se fera en se basant sur les statistiques qu'elles dresseront et tiendront constamment au courant. Elles surveilleront les stocks de leur province, y compris

SAISIE DE LA RÉCOLTE INDIGÈNE l6l

les qualités y apportées d'autres provinces. Elles contrôleront les prix de vente et, en général, toutes les opérations du bureau spécial que le Comité National créera dans chaque pro\'ince pour l'achat et la répartition de la récolte de la province.

Art. 6. — Chaque commission provinciale de la récolte a pour mission de lever mensuellement la saisie du blé en faveur du Comité National. Cette levée de saisie se fera en se basant sur les statistiques à étabUr par elle et qui devront être tenues constamment au courant. Elle surveillera les stocks de la province et ceux y amenés des autres provinces. Elle contrôlera également les prix de vente et, en général, toutes les opérations du bureau spécial que le Comité National créera pour l'achat et la distribution de la récolte indigène dans chac[ue province.

Elle a le droit de donner à cet effet des instructions aux communes belges. Les droits et obhgations de la députation i^ermanente, conformément aux articles 121, 133 et 147 de la loi communale, sont transférés pour ce cas au président de la Commission pro%ànciale de la récolte.

Les mesures nécessaires à la mise à exécution de l'arrêté dti 23 juillet 1915 furent prises par des arrêtés postérieurs ou par des instructions émanant de la Commission centrale des récoltes.

De l'ensemble de ces dispositions, il résulte que la quantité de céréales produites et celle des céréales à mettre à la disposition dti Comité National après déduction de ce qui est réservé à l'alimentation des cultivateurs, à celle du bétail et aux semailles, sont déterminées par des relevés que dressent les Commissions provinciales des récoltes sotts la surveillance de la Commission centrale. Le Comité National est obligé d'acheter toitt le blé mis à sa disposition ; il doit, dans la mesure nécessaire, transporter le blé acheté jusqu'aux magasins et aux motilins et l'y emmagasiner, veiller à ce que les stocks emmagasinés restent en parfait état de conservation et à ce qu'on puisse à tout instant contrôler leur importance.

Le Comité National, fidèle à son S3'stème de décentralisation, confia aux Comités provinciaux l'exécution des obligations qui lui incombaient. Il les invita à créer chacun un bureau des récoltes dont les opérations seraient surv^eillées et coordonnées par un bureau central établi à Bruxelles. Mais, pour éviter toute confusion entre les ojDérations relatives à la distribution des marchandises importées par la C. R. B. et celles qui concernaient l'achat des céréales indigènes, il leur prescrivit de donner à leur bureau la forme d'une société coopérative ayant pour

unique objet l'achat de la récolte indigène et la vente de celle-ci aux Comités provinciaux d'alimentation. C'étaient ces coopératives qui, par l'intermédiaire de commissionnaires-acheteurs, devaient acquérir la partie saisie des récoltes, l'emmagasiner et en faire l'emploi que leur indiquerait le Comité National par l'intermédiaire de son bureau central.

Ce mode de procéder, seul compatible avec le système d'organisation du Comité National, faisait peser sur les Comités provinciaux une lourde responsabilité. Certains d'entre eux, ceux notamment des provinces qui produisent de grandes quantités de céréales, s'effrayèrent même des conséquences financières que ces achats de grains pouvaient avoir pour eux. Ils signalèrent au Comité National la situation qui leur était faite par l'obligation qu'ils avaient d'acheter les grains indigènes disponibles chez les producteurs. Ils faisaient valoir que l'existence dans leurs provinces d'importantes quantités de froment indigène non libéré ne leur rapportait aucun avantage particulier, mais profitait au pays entier; au contraire, ils avaient seuls à supporter les charges de l'immobilisation qui était la con.séquence de la constitution de ces stocks.

Pour remédier à cette situation, il fut décidé (mars 1916) que tous les Comités provinciaux supporteraient, au prorata de leur population, les conséquences de la baisse de prix qui pourrait se produire au moment de la liquidation après la guerre, pour autant que la perte fût la conséquence des acquisitions de froments indigènes.

Le principal inconvénient de la décentralisation, c'est qu'elle faisait dépendre le ravitaillement en céréales indigènes de la diligence et de la vigilance des Comités provinciaux. Si ceux-ci se montraient négligents, n'achetaient pas les produits disponibles aussitôt qu'il le fallait et les emmagasinaient sans soins suffisants, il en pouvait résulter un déficit dont pâtirait la population entière. Les opérations faites pour la collecte de la récolte de 1915 ne donnèrent pas sur ce point toute satisfaction et, dans mie dépêche du 21 septembre 1916, le président de la C. R. B., M. Hoover, proposa de modifier la procédure suivie de façon à faire peser la responsabilité de la collecte sur chaque province séparément, pour empêcher que les provinces les plus énergiques

ne souffrent de la négligence des autres. Dans ce système on eût compté, dans la part de froment attribuée à chaque province, la quantité de céréales qu'elle était chargée de collecter. Mais l'emploi de ce moyen eût abouti à des conséquences profondément injustes pour les motifs suivants :

jo Les Comités provinciaux ne pouvaient exercer aucune contrainte sur les cultivateurs pour obliger ceux-ci à vendre la partie saisie de leur production. L'autorité allemande seule avait ce droit dont elle usait ou non à son gré ;

2° Les céréales achetées et emmagasinées n'étaient utilisables pour la consommation que moyennent un ordre de libération délivré par l'autorité allemande. Celle-ci aurait trouvé dans ce refus de libération un moyen d'action très efficace sur les Comités provinciaux ;

30 Les céréales indigènes, par suite de leur haut degré d'humidité, se conservent souvent mal (i). Elles sont exposées à s'échauffer quand arrivent les chaleurs de l'été qui suit la récolte et ne donnent plus dans ce cas que de la farine moisie. Ce danger était d'autant i^lus à craindre dans les circonstances actuelles.

(i) La lettre suivante écrite par un expert du C. N. expose la difficulté de conserver les'blés indigènes :

J'ai eu l'occasion tout récemment de faire déterminer l'humidité de plusieurs échantillons de froment indigène qui étaient choisis parmi les meilleurs. L'humidité a varié de 16.84 à 20.92.

Pas un de ces échantillons n'est donc susceptible, même avec des précautions, de se conserver pendant les chaleurs. J'ai toute raison de croire qu'il en est de même de tout ce qui reste de la récolte de 1915.

Je sais combien cette situation vous a préoccupé dès le commencement de la récolte; je sais aussi que tous les efforts que vous avez faits pour amener la Z. L. K. à accélérer la livraison des froments indigènes ou à autoriser la substitution des froments exotiques aux froments indigènes dans les stocks, ont été sans aucun résultat. Ne croyez- vous pas qu'il y aurait Ueu pour mettre complètement à couvert la responsabiUté du Bureau des récoltes, de faire noter que celui-ci estime qu'aucun froment indigène ne pourra se conserver à partir de la seconde moitié d'avril, que tous les froments indigènes s'échaufferont et que dès lors il n'y aura plus que de la farine moisie ?

En me permettant d'attirer votre attention sur cette question, je n'ai qu'un seul désir, celui de sauvegarder nos responsabilités.

que les producteurs seraient inévitablement tentés de réserver pour eux-mêmes la meilleure partie de la récolte et de livrer aux Comités toutes les parties défectueuses. Les populations de certaines provinces eussent donc été exposées à ne recevoir à certaines époques que du pain fabriqué avec des farines avariées.

Enfin, depuis le mois de février 1916, par suite de l'insuffisance des arrivages d'outre-mer, le seigle indigène était employé pour la panification concurremment avec le froment. On ne pouvait condamner les provinces productrices de cette céréale de qualité secondaire à ne consommer pendant une partie de l'année que du pain de seigle, alors que d'autres provinces — Bruxelles notamment qui ne produisait rien — ne consommeraient que du pain de froment. L'équité exigeait que le seigle fût réparti également dans tout le pays (i).

Pour tous ces motifs, le Comité National ne pouvait donc, en bonne justice, rendre chaque Comité provincial responsable de la collecte des céréales produites dans son ressort. Il se contenta de faire appel à la bonne volonté des Comités pour accélérer les achats, les menaçant toutefois de ne pas majorer la quote-part de blés exotiques qui leur était attribuée si, par leur négli-

(i) C'est ce qui avait été décidé par le Comité exécutif, ainsi qu'il le fit connaître aux délégués des Comités provinciaux dans leur réunion du 17 février 1916 :

Emploi du seigle. — A partir du i^r mars prochain, le seigle devra entrer en panification concurremment avec le froment. Le seigle sera mélangé au froment avant la mouture à raison de 8.8 %. De cette manière, le seigle saisi pour l'alimentation de la population civile, se consommera insensiblement. D'après nos renseignements, ce mélange aura pour effet d'améliorer la qualité du pain.

A cette fin, la récolte de seigle indigène devra être répartie entre les diverses provinces au prorata de leur consommation de pain.

Nous publions ci-après le tableau de répartition à faire de province à province. Les Comités sont priés de prendre dès maintenant les mesures nécessaires pour que le ravitaillement en seigle de tout le pays soit assuré dans le plus bref délai possible.

Le tableau ci-joint indiquera, notamment, par province : 1° les quantités de seigle qui seront nécessaires pour obtenir un mélange uniforme de iarine de froment et de farine de seigle dans tout le pays; 2° les quantités

gence, ils n'obtenaient pas la libération prévue de céréales indigènes. A la réunion du 28 septembre 1916, le président du Comité exécutif tint aux délégués des provinces le langage suivant :

Le Comité National prie instamment les Comités provinciaux d'agir auprès des Bureaux provinciaux des récoltes pour leur faire activer les achats de blés indigènes. Les quantités de blé indigène qui viendraient à manquer ne seront remplacées par du froment exotique qu'après justification de l'impossibilité absolue de fournir les quantités requises pour obtenir une pleine libération mensuelle. Les quantités de froment exotique, indiquées dans le tableau communiqué aux délégués, ont été calculées en tenant compte d'une libération mensuelle normale pour chacune des provinces. Les manquants qui proviendraient soit de l'inertie, soit de la négligence des bureaux acheteurs, obUgeraient dons les Comités provinciaux à réduire la ration. Nous avons l'assurance que tous nos Comités provinciaux et tous nos bureaux des récoltes feront l'efEort nécessaire que nous leur demandons.

La plupart des Comités répondirent de leur mieux à l'appel du Comité National, bien que l'autorité allemande, qui seule disposait d'un pouvoir de police, ne leur accordât souvent pas l'appui qui leur eût été nécessaire. La statistique des achats au

de seigle disponibles dans certaines provinces et celles qui font défaut dans d'autres.

Ainsi que l'indique le tableau, 3,890 tonnes de seigle sont libérées à partir du 15 février. La mouture étant faite à 82 % conune pour le froment, ces 3,890 tormes donneront 3,200 tonnes de farine. Ces 3,200 tonnes représentent relativement à la consommation totale — 36,400 tonnes — 8.8 % de celle-ci.

Le Bureau central des récoltes dpnne aux Bureaux provinciaux des récoltes intéressés, des instructions pour qu'ils effectuent une répartition de ces excédents de la manière suivante :

1° Anvers fournira 260 tonnes de seigle à l'Agglomération bruxelloise ;

2° Le Hainaut fournira 50 tonnes de seigle à l'Agglomération bruxelloise et la même quantité au Luxembourg ;

30 Le Brabant conservera pour son usage 434 tonnes sur les 845 libérées et fournira le reste à l'Agglomération bruxelloise, soit 411 tonnes;

40 Le Limbourg fournira 470 tonnes de seigle à la province de Liège;

mois de février 191 7, révélait cependant encore une situation si inquiétante que le Comité National crut devoir adresser tme circulaire aux Comités provinciaux pour les inviter à de nouveaux efforts et leur indiquer en même temps le moyen de surmonter certaines difficultés que les Bureaux des récoltes rencontraient. Il lexxT écrivait le 24 février 1917 :

Il résulte du tableau suivant qui nous est communiqué par le Bureau central des récoltes, que la marche des achats de blé indigène laisse à

50 En ce qui concerne Namur, vu la quantité relativement importante de froment indigène et d'épeautre dont il dispose, il ne lui sera rien fourni.

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