Voir le numéro de février 1913 de la revue Le Froid
viande, le poisson, les crustacés, les mollusques, les matières végétales demeureront à la base de notre alimentation, la constitueront on peut dire essentiellement. M. Armand Gautier, que nous avons cité si souvent ici, et que l'on ne peut trop invoquer pour sa science en même temps que pour son autorité, n'aperçoit pas lui non plus cette époque lointaine et peut-être idéale à certains égards, où l'homme se nourrirait de quelques boulettes de matière nutritive hyperazotée.
Il nous faut donc l'agriculture sous ses différentes formes, l'agriculture et le progrès technique appliqués à l'élevage tout aussi bien qu'aux cultures les plus variées. Gomme le disait Yves Guyot concluant il y a bien des années devant la Société de Statistique de Paris à peu près comme nous aujourd'hui, nous avons et nous aurons, pendant encore des siècles sans doute, besoin d'avoir recours à une culture intensive, perfectionnée, adaptée aux conditions de milieu, mais arrivant de la sorte à produire de façon de plus en plus abondante à un prix de plus en plus réduit, à pouvoir par conséquent fournir à l'être humain, moyennant un effort qui ira constamment en se réduisant, les matières alimentaires variées dont nous avons vu la nécessité s'imposer dans sa nutrition.
Le tout est qu'aucun obstacle artificiel ne vienne
se substituer aux obstacles et aux difficultés que la nature avait mis sur notre route, opposé à notre poursuite de cette alimentation facile et abondante. La nature au surplus nous fournissait en môme temps la « nature même de l'homme, son esprit d'invention et d'entreprise, » et par conséquent le germe de toutes les découvertes, de tous les perfectionnements qui peuvent demain améliorer notre vie matérielle, puisqu'il s'agit seulement ici du domaine matériel, et nous mettre mieux à l'abri de 1' « hostilité du milieu extérieur ».