LOI DES RELATIONS
Relation
digestive.
Relation
adipo*
protéique.
Engrais, intensif ordinaire . • Engrais, intensif supérieur. |
La première série de chiffres est relative à la période préparatoire à l’engraissement, destinée à mettre Ta-
nimalen bon état, et l’engraissement proprement dit ne commence qu’avec les relations 1/7 1/3,5 1/0,8, Remarquons, en passant, comme nous l’avons déjà fait à propos des rations d’élevage, que la première colonne relative aux quanta de protéine ne doit être considérée que comme une indication générale. Dans les chapitres des généralités on a vu combien il est préférable de nourrir les animaux à volonté avec le mélange scientifiquement constitué d’après la loi des relations. « L’emploi et l’utilisation des fourrages dépendent d’un rapport convenable entre les groupes d’éléments nutritifs dans le mélange des fourrages, et la ration doit toujours être réglée dans ce but. Aussi les animaux peuvent bien recevoir autant de fourrages, qu’ils en peuvent manger, mais non pas d’un seul fourrage, pour éviter un rapport défavorable et une perte d’éléments nutritifs passés sans être utilisés dans les excréments. Ils lie doivent manger jusqu'à complète saturation que le mélange normalement calculé. » (J. Kühn, trad. Roblin.)
c. — Mise en pratique des données précédentes.
Critérium du progrès de lopération. — Aliments recommandables, — Boissons^ température, — Rations calculées.
Les deux tableaux de la section a montrent que la proportion de substances sèches et de matières grasses augmente avec l’engraissement. On ne peut donc pas juger du progrès de l’opération par le seul accroissement du poids des sujets. 11 intervient ici la notion de la qualité qui correspond à ce fait que la viande devient moins aqueuse et plus riche on
CALCUL DES RATIONS
graisse. Il n’y a que Texcès de matières sèches sur Teau exhalée qui soit sensible à la balance, mais le kilogramme de principes nutritifs qui remplace le litre d’eau n’en est pas moins à compter finalement. D’après les illustres savants Lawes et Gilbert, 1 kilogramme d’accroissement dans les derniers temps de l’engraissement correspond à 700 et 750 grammes de matière sèche, dont 600 à 650 grammes de graisse et 70 à 80 grammes de matières protéiques, avec 10 à 15grammes de matières minérales, tandis qu’au commencement 1 kilogramme d’augmentation ne correspond qu'à 300 ou 400 grammes. D’où il suit qu’il faut environ deux fois plus de substances nutritives à la fin de l’engraissement pour produire 1 kilogramme de poids vif. L’appréciation de la qualité, qui se fait au moyen des maniements, ne doit donc pas être négligée. Combinée avec celle de l’augmentation de poids, elle forme le seul critérium valable dans l’entreprise zootechnique dont il s’agit.
Cela posé comme conséquence des données de la section a, il est nécessaire de faire une revue rapide des aliments qui , dans la situation actuelle du pays, sont en général les plus économiques à employer.
Ce qui doit servir de guide dans l’emploi des fourrages ou aliments, c’est d’abord la provision qu’on en a. Le prix courant comparé à la composition immédiate, est ensuite l’indicateur des mutations et des importations qu’il convient de faire.
Foins, — C’est dans l’engraissement que l’on doit rechercher le fonctionnement de la machine animale le plus intensif. D’où il suit que c’est alors qu’il faut surtout couvrir rentreti<^n des animaux avec leur aliment
DEUXIÈME PAUTÎE.
naturel, le foin de pré. Qu’on en donne en général 1 0/0 environ du poids vif, cela suffît. Mais il est malheureusement des cas où il est impossible de le faire, même dans ces limites restreintes. — Les foins de luzerne, de trèfle, etc., riches en matières protéiques, sont d’un emploi très-avantageux dans cette opération. Ce sont des aliments complémentaires précieux. Quand on ne peut donner de foin de pré, ils le remplacent dans une certaine mesure. En général, lorsqu’on donne beaucoup de foin dans les rations d’engraissement, il est préférable de ne pas donner tout brut. On en hache une certaine partie, que l’on mélange aux autres aliments. Si ceux-ci sont traités par la fermentation, on opère simplement un mélange. Sinon, il serait préférable, avant de le faire, de traiter le foin haché par l’eau chaude, ou mieux par la vapeur. Les foins, administrés d’une manière convenable, sont en général bien payés dans l’engraissement.
Fourrages verts. — En beaucoup d’endroits l’engraissement a lieu au pâturage dans les bonnes prairies naturelles. La viande qui en résulte est d’excellente qualité. Mais c’est ici surtout que la surveillance la plus active doit toujours régner, pour que l’engraisseur puisse donner à l’étable ce qu’il juge faire défaut dans son pâturage. Gomme en général les bonnes prairies d’engraissement sont basses et humides, il convient, pour accélérer celui-ci, de donner un peu de bon foin sec avant le départ du matin. Si le pâturage n’était pas assez abondant, on le compléterait par une bonne distribution de luzerne, trèfle, vesces on vert, etc. 11 faut aussi considérer que le moins de mouvement possible est une condition de prompte réussite.
CALCUL DES RATIONS
L’engraissement au vert à l’étable est analogue au précédent. Les légumineuses vertes sont très -bonnes pour l’engraissement tant qu’elles ne sont point en Heurs. Il convient de les hacher et de les mélanger avec du foin et de la paille en quantités variables suivant leur degré devégétation. 11 est inutile d’ajouter des grains et d’autres aliments à haute relation digestive.
L’engraissement mixte au pâturage et à la bergerie se pratique avantageusement avec le mouton. Le maïs haché, mélangé avec des moutures de grains riches en azote et dos tourteaux concassés, forme une excellente nourriture complémentaire du pâturage champêtre. L’essai que nous avons fait nous a si bien contenté que nous avons généralisé l’emploi de cette méthode. On croit difficilement que les moutons puissent manger les grosses tiges du maïs géant qui atteint 3 mètres passés de hauteur, â moins qu’elles ne soient découpées très -finement. L’expérience nous a montré qu’il n’était pas nécessaire de les hacher aussi menues que nous le croyions d’abord. Avec le grand hachepaille Dombasle, qui coupe à trois longueurs, il convient de prendre la longueur intermédiaire qui correspond à 0"\034. La longueur maxima du même instrument convient parfaitement aux bovidés, elle correspond en moyenne à 0'”,059. Dans l’ensilage, plus on découpe fin et mieux l’opération réussit.
Les fourrages verts fermentés, dernières coupes de luzerne, moha, maïs, vesces,conviennent parfaitement dans l’opération qui nous intéresse. Mais il faut, comme dans tous les autres cas, avoir grand soin de compléter les exigences de la loi des rapports avec d’autres aliments en harmonie avec les déficits. Les stations agronomiques et les laboratoires particuliers de chi-
DEUXIÈME PAUTIE.
mie agricole qui se multiplient aujourd’hui en France, permettent aux cultivateurs d’avoir des renseignements sur la valeur de tous les aliments dont ils peuvent disposer pour une dépense relativement très-faible, en se contentant de réclamer les dosages des matières azotées totales, des substances solubles dans l’éther, et du ligneux ou des glucosides.
Racines et tubercules. — Leurs résidus. — Les pommes de terre sont les meilleurs tubercules pour l’engraissement. Leur prix élevé peut seul quelquefois empêcher leur emploi. Il ne convient évidemment pas de les donner crues, mais cuites à la vapeur, et mélangées avec de la paille et du foin hachés, et des fourrages riches en matières protéiques. Il est bon d’en donner en moyenne de 5 à 10 kilogrammes par quintal vif.
Les résidus de féculerie s’emploient également. Ils sont bien meilleurs quand ils ont été cuits à la vapeur ou à l’eau. Il est important de ne pas oublier de les compléter.
Les betteraves, vu les forts rendements qu’elles fournissent, forment encore, là où le maïs ne les a pas détrônées, la base de l’alimentation d’hiver. Additionnées d’une quantité de menue paille ou bien de paille ou de foin hachés, et de matières riches en protéine, elles constituent la base d’un régime excellent, surtout quand le mélange est échauffé et ramolli par la fermentation, qui développe en même temps des condiments très-appréciés des ovidés, des bovidés et des suidés. On en donne de 5 à *10 kilogrammes pour 100 de poids vivant.
Les pulpes de betteraves pressées et fermentées en fosses, forment pour l’engraissement un aliment re-
CALCUL ÜCS UATIONS.
coinmandable ; il est bien plus recherché et plus digestif alors qu’à l’état frais. Les pulpes humides doivent être traitées de même ; mais la viande qu’elles fournissent a moins bon goût et la graisse plus molle est moins propre à la fonte. Mais quand on mélange aux pulpes assez de fourrages secs et riches on n’a qu’à se louer de leur emploi.
Les résidus de brasserie sont très-bons pour l’engraissement.
Aliments concentrés, — Le son et les tourteaux sont les aliments concentrés préférables. En outre de ses qualités nutritives élevées, le son de froment est un léger apéritif, et il empêche réchauffement. Les tourteaux en général sont très-précieux pour combler les déficits de matières protéiques et grasses. Leur emploi rationnel permet de faire varier les relations alimentaires avec la plus grande facilité. Les farines de légumineuses sont aussi très-bonnes, mais moins économiques que les aliments précédents, outre qu’elles constipent. Celles de céréales sont surtout avantageuses dans la troisième période pour fournir des hydrates de carbone facilement assimilables. Enfin, pour combler le déficit des matières grasses, on emploie avec avantage la farine de graine de lin. Elle jouit à un plus haut degré des propriétés émollientes du son.
On donne en général par tête de bétail de 500 grammes jusqu’à 3 kilogrammes de son et de tourteaux de colza, et pour la graine de lin on peut aller jusqu’à 3 kilogrammes, mais on en donne généralement moins.
Les tourteaux sont donnés concassés et mélangés au moment du repas avec les autres aliments. Le son et les farines sont donnés surtout en soupes tièdes aux bovidés. La graine de lin est réduite en farine et cuite
DEUXIÈMn; PAIITIE.
pour la mélanger aux soupes précédentes auxquelles on ajoute le sel de la ration. Les boissons nutritives comme celles-là agissent très-favorablement sur les animaux à Tengrais, et l’on doit s’efforcer de leur en faire beaucoup consommer, en combattant leurs effets débilitants par des fourrages secs. En outre de ces boissons, il faut toujours laisser aux animaux suffisamment d’eau pour qu’ils ne souffrent jamais de la soif. (V. L® partie, Boissons.) La température de l’eau, comme celle des étables et des bergeries, doit toujours être maintenue autant que possible à 16° G.
Rations calculées.
Exemple.
Deux vaches pesant ensemble 1,208 kilogrammes à l’origine, ont été soumises à l’engraissement intensif pendant l’hiver 1874 à l’école de Grignon, et elles ont reçu pendant le cours de l’opération les rations suivantes établies par M. André Sanson, professeur de zootechnie:
Distribution de la nourriture.
5h. 1/2 du matin, - du mélange de betteraves, balles
et tourteaux, et moitié du foin. — 11 h. 1/2, bois on
tiède à l’étable. — 12 heures, deuxième repas : 3 du
mélange, soupe de son et graine de lin, seconde moitié du foin. — 4 heures du soir, boisson tiède à l’é-
table. — 5 heures, troisième repas : - mélange et
paille pour la nuit.
Température de l’étable, 12 à 20° G.
CALCUL DKS HATIONS
DÉSIGNATION
des
aliments.
POIDS
brut.
PROTÉINE.
GRAISSE