‹ L'alimentation des nouveau-nésChapitre 16 sur 60 · KICK · texte numérisé non relu

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Un simple coup d'œil jeté sur ces statistiques suffît pour nous convaincre de la supériorité de l'allaitement naturel sur l'allaitement artificiel : les enfants élevés au sein ont plus de chances de survie que les enfants élevés au biberon. Les statistiques étrangères se rapprochent de celles de notre pays et tendent à démontrer le même fait.

Or, si à la mortalité actuelle nous comparons la mortalité qui, autrefois, frappait les enfants élevés artificiellement, nous sommes surpris de la difiërence énorme que nous constatons.

Au siècle dernier, à l'hôpital d'Aix, l'année où l'on se mit à nourrir les enfants avec du lait de vache et du lait de chèvre, il ny eut pas un seul enfant qui dépassa quatre mois. Vers la même époque, à Rouen, on comptait, au bout d'un certain temps, 5 enfants survivants sur 132 soumis à l'alimentation artificielle.

« Dans l'hospice de X..., dit l'abbé Gaillard, aumônier de l'hôpital général de Tours, on ne fait allaiter aucun enfant; tous ceux qui sont reçus sont nourris au biberon. C'est à ce défaut seul d'allaitement qu'on doit attribuer la mortalité effrayante qu'on y observe. Dans cet hôpital, un relevé très exact de la dernière année a montré que, sur 244 nouveau-nés, 197 meurent dans le cours

de la première année, soit 80 0/0, et 116 avant la fin du premier mois, soit 48 0/0. Sur 127 nouveau-nés en 1834, il n'en restait que 29 vivants à la fin de l'année. Dans un autre hôpital, au 1^'' janvier 1833, 129 restaient seuls sur 362 admis en 1834. » A l'hôpital de Poitiers et à celui de Loudun les résultats n'étaient pas plus brillants. A Moulins, dans les premiers mois de 1835, le nombre des nouveau-nés admis a été de 128 et le nombre total de morts imputables à l'allaitement artificiel de 100. Villermé prétend qu'à Reims, sur 100 enfants soumis à l'allaitement artificiel, 61 mouraient; dans le Calvados, en 1867, tandis que la mortalité chez les enfants nourris au sein n'était que de 10 0/0, elle atteignait 30 0/0 chez les enfants élevés au biberon.

Dans la clinique de Franck, à Munich, sur 100 décès, il y en eut, en 1868, 89,4, en 1869, 83,9, en 1870, 82,4, chez les enfants allaités artificiellement. Dans celle de Stolz, à Strasbourg, les enfants au sein présentaient une mortalité de 19 0/0, les autres de 43 0/0.

Vers le milieu du siècle, la mortalité infantile était :

Seine-et-Oise 60.23 p. 100

Indre-et-Loire 62.16 —

Côte-d'Or 66.46 —

Aube 70.27 —

Calvados 78.09 —

. Eure 78.12 —

Seine-Inférieure 87.35 —

Loire-Inférieure 90.50 —

Sur 5202 enfants morts d'athrepsie à Paris pendant Tannée 1881, 3067 avaient été élevés au biberon.

On comprend qu'en face de pareils chiffres, on ait pu dire : « Le biberon a tué plus d'enfants que la poudre à canon n'a tué d'adultes ».

Si c'était vraiment l'allaitement artificiel qui, en prin-

cipe, fût la seule cause d'une si grande mortalité, celleci devrait être la même dans tous les temps et dans tous les lieux. Bien plus, puisque Tallaitement artificiel a pris de nos jours une telle extension que les enfants élevés au sein sont devenus presque l'exception, la mortalité aurait dû augmenter en proportion; or, nous voyons, au contraire, qu'elle diminue tous les jours, et, dans cette constatation, n'avons-nous pas la preuve évidente que ce n'est pas le biberon qui tue, mais bien la manière de s'en servir qui le rend meurtrier? Si, autrefois, les enfants élevés artificiellement mouraient en aussi grand nombre, c'est que la plupart du temps les règles de la plus élémentaire hygiène étaient absolument méconnues, et que, sous prétexte d'allaitement artificiel, on donnait au nouveau-né les plus invraisemblables nourritures.

Dumas estimait que les 80 0/0 de mortalité parmi les nourrissons étaient dus à ce qu'ils étaient confiés « aux premières nourrices venues qui les emportaient au fond des campagnes et qui là, sans que les parents s'en souciassent, les bourraient de cette bouillie dont les pauvres petits prenaient le parti de mourir, comme s'ils avaient compris tout de suite que c'était ce qu'ils avaient de mieux à faire ». Voilà comment, pour nous servir d'une expression ayant cours alors dans les campagnes, les cadavres des jjet/Us Paris pavaient les cimetières de certaines communes.

Lorsque Bouchaut arriva à la Maternité de Paris, la mortalité parmi les nourrissons élevés artificiellement était très forte, et elle devint très faible à partir du jour où Bouchaut veilla sur l'alimentation des enfants et obtint dans le service une plus stricte observation des lois de l'hygiène. Jusque-là, les enfants étaient tantôt

suralimentés, tantôt au contraire pâtissaient de la faim. Les biberons n'étaient pas propres; le lait dont on les remplissait était un lait chauffé, datant d'un jour au moins et destiné à servir pendant vingt-quatre heures. Il était toujours acide et très fréquemment déterminait la diarrhée chez les grandes personnes qui en faisaient usage.

On rencontre, dans les auteurs qui ont écrit sur la matière, de nombreuses observations contre l'allaitement artificiel; mais, en examinant attentivement ces observations, on s'aperçoit bien vite qu'il ne faut pas leur accorder une trop grande importance. La plupart du temps, en effet, elles sont incomplètes et manquent de certains détails qu'il serait indispensable de connaître; ou bien on constate que les soins faisaient absolument défaut, que le lait ne valait rien et s'acidifiait dans un biberon malpropre ; d'autres fois le liquide qu'on donnait à l'enfant n'était rien moins que nourrissant; quand ce n'était pas un véritable poison, c'était tout ce que l'on voulait, excepté du lait.

Ainsi pratiqué, l'allaitement artificiel ne donnera jamais que de mauvais résultats; ajoutez qu'on le confond souvent avec Valimentation prématurée^ et qu'on met sur son compte les méfaits de celle-ci, et vous aurez l'expHcalion de la réprobation dont il a été frappé par presque tous les médecins.

Les griefs reprochés à l'allaitement artificiel, en effet, sont aussi graves que nombreux. Il n'est pas une maladie infantile dont l'étiologie ne reconnaisse, d'après quelques auteurs, l'allaitement artificiel; on l'a accusé d'engendrer le rachitisme, l'athrepsie, la gastro-entérite et d'être Tunique et véritable cause de la grande mortahté infantile. Denis-Dumont, dans une brochure

publiée en 1869, déclare que « l'influence du biberon sur les nouveau-nés pouvait se résumer par deux mots : la mort des uns et Vétiolement des autres ». Ducoudray n'est pas éloigné d'affirmer que c'est à Tallaitement artificiel que nous devons attribuer notre défaite en 1870.

Certes, si l'allaitement artificiel était aujourd'hui ce qu'il était autrefois, nous n'essaierions pas de le réhabiliter aux yeux de ses détracteurs, nous le condamnerions en toutes circonstances, et comme les Gallo- Romains du iii° siècle, à côlé des cadavres de nos enfants, nous mettrions dans leurs tombes le biberon assassin, pour servir de leçon aux générations futures et les empêcher de renouveler l'essai d'une méthode d'élevage aussi meurtrière. Mais, grâce aux progrès de l'hygiène infantile, nous savons aujourd'hui que l'allaitement artificiel, bien dirigé, conduit avec intelligence et dévouement, peut donner des résultats très satisfaisants. Les faits sont là, avec leur force brutale, pour nous détromper et nous dire que le secret, pour avoir de beaux et robustes enfants, ne consiste pas tout entier et exclusivement à avoir recours à l'alimentation par le sein.

Si nous nous rapportons à la statistique citée plus haut, laquelle donne les résultats comparatifs de l'allaitement au sein et de l'allaitement au biberon, nous voyons que, dans certains cas, tout l'avantage est resté à l'allaitement artificiel. Dans le département de l'Aisne, alors que la mortalité pour les enfants illégitimes élevés au sein était de 30,50 0/0, celle de ces mêmes enfants élevés au biberon n'était que 26,40 0/0. Même résultat dans le département de La Marne où la mortalité est de 39,96 0/0 pour les enfants illégitimes élevés au sein et

de 38,08 seulement pour ces mêmes enfants élevés au biberon. Dans le Pas-de-Calais, la mortalité des enfants légitimes élevés au sein est de 35,62 0/0, alors que celle de ces mêmes enfants élevés au biberon est de 34,41 0/0. Sur 413 enfants légitimes placés en nourrice à l'âge de quinze à trente jours, la mortalité a été de 38,99 0/0 pour ceux qui ont été élevés au sein, tandis qu'elle n'a été que de 36,35 0/0 pour ceux qui ont été élevés au biberon.

Le docteur Pineau, qui a étudié les résultats de l'industrie nourricière pendant dix ans dans la commune de Foussais (Vendée), donne également des chiffres qui militent en faveur de l'allaitement au biberon.

Le docteur Valette vient de publier les résultats de l'application de la loi Roussel dans le Calvados, où les dix-neuf vingtièmes des enfants sont soumis au biberon. La mortalité infantile d'un jour à vingt-quatre mois, qui était de 20,83 0/0 en 1869, est tombée successivement à 7,20 0/0 sur 1985 nourrissons en 1880, à 5,84 0/0 sur 2669 nourrissons en 1881, et à 5,49 0/0 en 1882 sur 3367 nourrissons. Stapfer fait observer que ces moyennes sont égales ou même inférieures à celles du département de la Creuse, où les enfants pourtant sont élevés au sein.

Dans le département de l'Eure, en 1887, la mortalité, pour les enfants élevés au biberon, n'a été que de 6, 20 0/0 (Savouré-Bouville, Rapport aupréfet de VEure, Evreux, 1888).

« Le nombre des enfants que j'ai vus prospérer par l'allaitement artificiel, dit Hervieux, est assez considérable. Les enfants de ma mère ont été élevés ainsi et ils sont tous vivants. »

Perron (de Besançon), après avoir combattu l'allaite-

ment artificiel, dans un travail adressé à l'Académie de médecine, finit en déclarant que, pour des circonstances particulières, il avait dû élever tous ses enfants, au nombre de six, au biberon, et qu'ils sont aujourd'hui tous vigoureux et d'une santé parfaite.

Ce même praticien a fait connaître une femme qui avait élevé heureusement près de cent enfants au biberon. L'inscription de sa pierre tumulaire dans le cimetière de Besançon rappelle ses succès : « Ci-gît Magdeleine X...., qui fut nourrice de 96 enfants ».

Sur 19 nourrissons confiés à la même éleveuse, Nonat n'a compté que deux décès, et Decaisne, sur 26 autres, n'a vu que trois décès en deux ans.

Le docteur Aubert a cité, dans son excellente monographie du sevrage, 21 nourrices ayant élevé chacune de 18 à 75 nourrissons par l'allaitement artificiel, en tout 743 enfants, soit en moyenne 35, 4 par nourrice; sur ce nombre, 42 seulement sont décédés chez les nourrices (soit 5, 65 0/0), tous les autres ont été remis aux parents en bonne santé.

Guéniot a conté à l'Académie de médecine l'histoire d'un nourrisson chétif et délicat qui, privé du sein de sa mère dès le troisième jour et mis au biberon, grandit sans encombre et devint un superbe enfant. Le même auteur rappela à ce sujet le fait d'une femme, mère d'une très nombreuses famille, qui éleva avec succès sept enfants au biberon.

A Viroflay, une dame Préding, de 1878 à 1882, éleva onze enfants à l'aide du biberon, et sur ce nombre pas un seul ne mourut.

Le docteur Gilberton Dubreuil, dans sa crèche de Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise) a élevé exclusivement au biberon huit enfants sans en perdre aucun, alors que

la mortalité, pour les autres enfants de la commune laissés chez leurs parents, était de 12 0/0.

Le docteur Martin-Dupont, inspecteur départemental (Isère), dans son rapport sur son exercice de 1890 à 1891, constate que le chiffre de la mortalité des enfants élevés au sein l'emporte de beaucoup sur celui des enfants élevés au biberon.

Dans le département du Rhône, depuis l'application de la loi Roussel, la mortalité des enfants dont les dix-neuf vingtièmes sont élevés au biberon, est tombée à 46 0/0 en 1879, à 8,25 0/0 en 1881, à 5,60 0/0 en 1882 et à 3 ou 4 pour cent en 1883.

Tous les médecins ont vu des enfants qui n'ont jamais pris autre chose que le biberon et qui, malgré cela, se portent parfaitement bien. Le cas cité dernièrement par Budin à l'Académie de médecine est vraiment concluant. Il s'agit d'un enfant atteint d'un vice de conformation complexe, d'un bec-de-lièvre et d'une perforation de la voûte palatine. Comme il était dans l'impossibilité absolue de prendre le sein, on le nourrit dès les premiers jours avec du lait stérilisé. Il n'eut jamais le moindre accident, ni diarrhée, ni vomissement, et son poids fut toujours au-dessus de la normale.

Et que conclure de ces faits, si ce n'est que le biberon est une arme à deux tranchants et que tout dépend de celui qui l'a en main ! Tant vaut la personne qui soigne l'enfant, tant vaut l'alimentation au biberon. L'observation faite pour M. Bonnaire le démontre très bien.

M. Bonnaire, pendant qu'il était chef de clinique d'accouchement, prenait soin, en interrogeant les femmes qui se présentaient à la consultation externe, de leur demander comment elles avaient alimenté les enfants résultant de leurs anciennes grossesses et ce que ceux-ci

étaient devenus. Du tableau où il a consigné ses observations, il ressort une conclusion bien nette : c'est que l'alimentation au biberon diffère du tout au tout, suivant la personne qui la dirige.

L'enfant est-il alimenté par une nourrice qui fait un métier et qui ne se soucie souvent pas plus de la vie de l'enfant que celle d'un petit animal confié à ses soins, la mortalité s'élève à 62 0/0!

L'enfant est-il alimenté par sa mère, par une proche parente qui l'aime, qui s'occupe de lui, ne lui ménage pas ses soins, ne s'épargne à son égard ni fatigues, ni soucis, la mortalité tombe, devient la moitié moindre!

Le chiffre de 28, 5 0/0 qui exprime cette mortalité est d'une singulière éloquence, surtout si nous le rapprochons du chiffre 27, qui représente dans le tableau la moyenne générale de la mortalité des enfants qui furent élevés au sein.

Et remarquez que nous avons affaire ici à la clientèle de la clinique d'accouchement, milieu habituellement peu fortuné, parfois misérable et presque toujours fort ignorant des choses de l'hygiène. Quels magnifiques et surprenants résultats ne serions-nous pas en droit d'espérer, en nous basant sur ces chiffres, si, au dévouement de la personne qui dirige l'aHmentation et à la bonne qualité du lait, venait s'ajouter la connaissance de tout ce que devrait savoir une bonne nourrice ! Et ce qui confirme et autorise nos prévisions, est cette remarque que nous avons déjà faite, à savoir : que la diminution de la mortalité infantile dans ces derniers temps a coïncidé avec une plus grande extension de la pratique de l'allaitement artificiel, mais aussi avec une application plus généralisée et plus intelligente des lois d'une saine hygiène.

La statistique et l'observation clinique nous démontrent aussi que les résultats de l'alimentation artificielle varient suivant que cette alimentation est exclusivement artificielle ou mixte, c'est-à-dire suivant que l'enfant est élevé exclusivement au biberon ou élevé alternativement et en même temps au sein et au biberon. L'enfant a d'autant plus de chance de vie qu'il prend davantage de lait au sein de sa mère. C'est pourquoi toute mère

Fig. 1.

La première ligne (28,17) représente la courbe de l'allaitement maternel. La deuxième ligne (18,16) représente la courbe de l'allaitement mixte. La troisième ligne (14, 2i) représente la courbe de l'allaitement artificiel.

soucieuse de la santé et de la vie de son enfant doit toujours essayer de donner le sein à son nourrisson, quand même celui-ci ne trouverait dans la mamelle qu'une très minime quantité de lait. Un enfant qui, deux fois par jour, par exemple, prend le sein de sa mère, supportera beaucoup mieux l'allaitement artificiel que cet autre qui se trouve complètement sevré de tout lait maternel. C'est une vérité tellement patente et si bien démontrée que nous croyons inutile d'insister sur

les avantages de l'allaitement mixte; nous nous contentons de renvoyer le lecteur aux deux tracés graphiques ci-inclus donnant, d'après Chavane, l'augmentation quotidienne moyenne du poids de l'enfant suivant qu'il est élevé au sein, à l'allaitement mixte ou à l'allaitement artificiel.

Le premier tracé (flg. 1 )a été calculé d'après une sta-

l'e ligne (32,97) représente la courbe de l'allaitement maternel. 2" ligne (24,33) représente la courbe de l'allaitement mixte. 3*^ ligne (8,11) représente la courbe de l'allaitement artificiel.

listique faite pendant un des mois très chauds de l'année et portant sur 191 enfants, dont 89 élevés au sein, 91 recevant une ahmentation mixte et 11 une alimentation artificielle.

Le deuxième tracé (fîg. 2) porte sur une statistique de 138 enfants, dont 24 nourris au sein, 109 recevant

ICARD. 0

une alimentation mixte et 5 seulement une nourriture exclusivement artificielle.

11 est encore un facteur qu'il faut faire intervenir lorsqu'on veut apprécier sainement les résultats de l'allaitement artificiel : c'est l'époque du début de ce mode d'alimentation.

Les enfants élevés à l'allaitement artificiel, au point de vue des résultats, peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui sont mis au biberon dès leur naissance et ceux qui commencent d'abord par prendre le sein de leur mère, qu'on leur retire après un temps plus ou moins long, insensiblement ou brusquement, pour ne leur donner exclusivement que le biberon. Certains auteurs pensent que les premiers ont moins à souffrir que les seconds, et se déclarent, lorsque l'allaitement artificiel a été décidé pour un enfant, partisans de ce mode unique d'alimentation. D'après eux, le passage du sein au biberon serait préjudiciable pour la santé de l'enfant. Ce n'est pas notre avis, et, en cela, nous sommes d'accord avec les chiffres fournis par la statistique, et nous avons pour nous l'opinion des auteurs les plus compétents. Le danger de mourir, pour les enfants élevés au biberon, est d'autant plus grand que ceux-ci sont confiés à la nourrice à un moment plus rapproché de la naissance.

C'est ainsi que, sur 100 enfants élevés au biberon, on trouve (voir tableau page 14) à la fin de la première année, une mortalité variant considérablement, selon que l'enfant a pris le biberon du premier au quinzième jour, du quinzième au trentième jour, du premier au troisième mois et du troisième au sixième mois.

Le tableau de la page 15, est la contre-partie de celui dj la page li, et donne la survivance des enfants à la

fin de la première année, survivance variant avec le moment où l'enfant a été mis au biberon et tout en faveur de l'époque la plus reculée.

Une des conclusions de la savante étude du docteur Ledé sur les enfants de Paris en nourrice dans la province, dit qu'il est nécessaire, si l'on veut sauvegarder la vie des enfants, de ne les confier aux éleveuses au biberon que du trente-unième au quatre-vingt-dixième jour après la naissance.

L'allaitement au sein ne devrait-il durer que quelques jours, qu'une semaine, nous ne cesserons de le conseiller. Pratiqué en de semblables conditions, du reste, il n'offre aucun inconvient pour la mère, quel que soit l'état de faiblesse de cette dernière, et toujours il est profitable à l'enfant. Nous avons vu, en effet, que dans les premiers jours qui suivent l'accouchement, les seins ne livrent à l'enfant qu'un liquide peu nourrissant, le colostrum, lequel pourtant présente une certaine importance physiologique.

Le colostrum est purgatif et son action est indiquée pour vider l'intestin du méconium qu'il renferme; bien : plus, il serait encore un aliment de caloriiîcation, et Chalvet croit utile que l'enfant l'absorbe : il est si fermement convaincu de son heureuse influence que, même pour les enfants qui doivent être nourris au biberon, il réclame l'allaitement au sein au moins pour quelques jours.

Si la chose est absolument impossible, on s'efforcera d'imiter la nature et l'on se trouvera très bien, dans le cas d'allaitement animaldirect,de remplacer le colostrum par quelques cuillérées d'eau légèrement sucrée données pendant quelque temps à l'enfant avant chaque tétée.

Ainsi l'allaitement artificiel a ses règles et son hygiène, et lorsqu'on s'y conforme, ses résultats sont de beaucoup supérieurs à ceux que l'on obtient habituellement. C'est pourquoi certains auteurs ont essayé de réhabiliter ce mode d'alimentation si précieux dans certains cas. Dès 186i, Lorin écrivait dans le Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques :

« L'allaitement artificiel est considéré avec raison par tous les auteurs comme inférieur à l'allaitement naturel. On en a cependant exagéré les dangers. Il est vrai que la plupart des auteurs qui ont traité de l'allaitement, se sont préoccupés surtout des enfants des grandes villes et ont négligé de critiquer les pratiques de la campagne. Le plus grand nombre des auteurs condamne absolument l'allaitement artificiel. C'est en vain que l'on objectera que, dans certaines peuplades, les femmes ne donnent pas le sein à leurs enfants, qu'en France il y a des provinces où l'allaitement artificiel est en vigueur et donne des résultats satisfaisants, les auteurs semblent ne pas tenir compte de ces faits. Nous pensons qu'il faut proscrire l'allaitement artificiel dans les villes et accepter les bons résultats qu'il donne dans les campagnes. Là où de gras pâturages fournissent un bétail bien nourri, où les vaches produisent un excellent lait (en Normandie par exemple), là où une longue tradition a formé et exercé la population à la pratique de l'allaitement artificiel bien entendu, il ne faut pas nier l'évidence et s'inscrire en faux contre ées résultats qui sont plus forts que tous les raisonnements. »

J. Guérin a pris bien souvent la défense de l'allaitement artificiel, et a été jusqu'à dire que, dans bien des cas, ce mode d'alimentation « est bien supérieur à l'allaitement maternel ».

Pratiqué dans de bonnes conditions, c'est-à-dire avec un excellent lait et par une mère ou une parente dévouée et instruite, l'allaitement artificiel donne, en eflet, de remarquables résultats et doit être préféré à l'allaitement au sein par une nourrice exerçant sa profession à la campagne, loin de toute surveillance. C'est l'opinion de tous les auteurs qui ont sérieusement étudié la question.

Dans les conclusions de son rapport annuel de 1880 à l'Académie de médecine, Devilliers reconnaît que, chez des enfants robustes, issus de parents sains, l'allaitement artificiel donne, chez soi et surtout à la campagne, des résultats excellents et certainement supérieurs à l'allaitement au sein par des nourrices habitant leur pays, vivant avec leurs maris et médiocrement rétribuées. La nourrice mercenaire, en effet, allaite ordinairement son enfant en même temps que le nourrisson payant; si elle manque de lait, c'est le petit étranger qui sera pourvu de lait de vache ou de panade : « Livrer l'enfant à une nourrice qui l'ahmente chez elle loin de tout contrôle, dit le D'' Jules Simon, c'est le vouer à un sevrage prématuré, au rachitisme, aux dérangements intestinaux et trop souvent à la mort ».

De tout temps, du reste, les médecins se sont élevés contre l'allaitement mercenaire à distance : tous en reconnaissent les tristes résultats. Erasme (1467-1536) a consacré aux nourrices un de ses colloques. Les interlocuteurs sont un philosophe et une nouvelle accouchée, et les raisons que le philosophe donne à celle-ci pour l'engager à ne pas se séparer de son enfant, sont encore plus justes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient du temps d'Erasme. . ,i

Un vieux proverbe provençal dit : « Il vaut mieux l'eau de la mère que le lait de la commère ».

Le D'^ Aubert a entendu à Elbeuf plusieurs mères lui avouer que sur 12, 14 ou 15 enfants qu'elles avaient eus, un seul survivait, parce qu'elles avaient eu le soin de ne pas s'en séparer et de l'élever elles-mêmes au biberon, en surveillant pendant douze à seize mois l'alimentation. Toutes celles qu'il a interrogées sous ce rapport, tant à Elbeuf que dans la campagne voisine, attribuent la mort des enfants qu'elles avaient mis en nourrice, à la nourriture grossière et précoce qui leur était donnée.

Fonssagrives donne la supériorité à l'allaitement artificiel à domicile sur les nourrices à distance. Rouvier est encore plus afflrmatif, et, après une expérience suffisamment longue, il place les divers modes d'allaitement dans l'ordre suivant : l*' l'allaitement maternel; 2° l'allaitement mixte par la mère; 3^ l'allaitement artificiel conduit par la mère suivant les principes de la science; 4° l'allaitement par la nourrice au domicile de la mère; 5° l'allaitement artificiel par une nourrice sèche chez les parents ; l'allaitement par une nourrice à distance; 7° l'allaitement artificiel à distance.

Le docteur Brochard s'est livré à une enquête minutieuse sur les dangers que présente l'allaitement mercenaire à distance. Si l'on veut être édifié là-dessus, on n'a qu'à lire les lettres qui lui ont été adressées par les différents confrères à qui il avait écrit pour avoir des renseignements précis. On se demande, après la lecture de ces documents, comment il peut se trouver encore des femmes assez stupides, qui ont recours à un crime pour se débarrasser de leur enfant, alors qu'elles n'auraient qu'à les envoyer à la campagne, chez certaines nourrices pour arriver au même but. Il est des nour-

rices, en effet, qui exercent l'industrie criminelle de tuer légalement les enfants, et qui se sont fait la spécialité de ne pas les garder longtemps : chez elles, les enfants ne font que passer. Sur 21 enfants confiés à la môme nourrice, 2 seulement, à travers mille souffrances, grâce à leurs robustes constitutions, ont pu arriver à l'âge de deux ou trois ans. Et c'est pourquoi, lorsqu'une femme intelligente et dévouée, ne pouvant nourrir elle-même son enfant, ni lui procurer chez elle le sein d'une nourrice à gage, nous demande conseil sur ce qu'elle doit faire, « plutôt que de la voir envoyer son enfant à la campagne chez des personnes qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne pourrait pas surveiller, nous l'engageons I vivement à le garder chez elle et à l'élever au biberon ».

Si presque tous les auteurs ont condamné l'allaitement artificiel, c'est qu'ils n'ont jugé la méthode que id'après ses résultats; or, en pareille matière, des résultats mauvais ne suffisent pas pour établir une juste appréciation, il faut encore, et surtout, tenir compte des 'circonstances dans lesquelles l'allaitement artificiel est ipratiqué, afin de ne pas le rendre responsable de toutes les infractions à l'hygiène infantile souvent la plus élémentaire.

Et que l'on ne vienne pas se méprendre sur nos idées, nous accuser d'être le propagateur d'une doctrine funeste, et dire que nous faisons l'apologie de l'allaitement artificiel au détriment de l'allaitement maternel. Ceux qui nous prêteraient pareille intention, ne nous auraient certes pas compris; nous avons écrit ce livre autant pour propager l'allaitement maternel que pour donner les règles d'un bon allaitement artificiel.

Nous l'avons dit au début et nous tenons à le répéter en terminant : « Il est du devoir de la mère de nourrir

elle-même son enfant de son propre lait; nous estimons que rien ne saurait remplacer pour le nouveau-né l'aliment que la nature elle-même a pris soin de lui ménager et de lui servir tous les jours, le transformant et le modifiant en quantité et en qualité suivant le besoin du moment » . Mais nous ajoutons avec J. Guérin : « L'allaitement artificiel, bien compris et intelligemment pratiqué, parait constituer, dans beaucoup de cas 011 l'allaitement maternel est impossible et défectueux, une ressource des plus précieuses ».

Or, ces cas, comme nous allons le voir, sont malheureusement très nombreux et puisque ici l'allaitement artificiel est inévitable, il importait de lever l'anathème qui pèse sur lui et de dire à la mère qui se désole de ne pouvoir nourrir son enfant, et qui ne peut se procurer une bonne nourrice: « Ne craignez rien ^instruisez-vous y aimez votre enfant et il vivra ».

CEIAPITRE II

Indications de l'allaitement artificiel.

Sommaire. — Les mères qui ne veulent pas et les mères qui ne peuvent pas nourrir.

A. Contre-indications de l'allaitement au sein venant de la nourrice, — Age de la nourrice. — Age du lait. — État des seins : vices de conformation et maladies. — Agalactie et nourrice n'ayant qu'un sein. — Galactorrhée et altération du lait. — État général. — Maladies aiguës. — Affections diverses. — Maladies chroniques : tuberculose, syphilis, maladies de la peau, diathèses, cachexies et affections diverses. — État mental et affections nerveuses diverses. — Retour de certains états physiologiques : menstruation et grossesse. — Condition sociale.

B. Contre-indications de l'allaitement au sein venant du côté de l'enfant. — Faiblesse congénitale. — Vices de conformation ne permettant pas la succion. — Conclusion.

L'oubli du devoir maternel ne peut à lui seul donner l'explication du grand nombre des enfants qui sont élevés au biberon. Aux mères sans aveu qui confient à la charité publique le fruit d'un amour coupable, aux mères égoïstes, sans cœur et sans entrailles, qui, pour conserver des charmes éphémères ou pour éviter les fatigues inhérentes à la fonction que la nature réclame d'elles, sacrifient à la coquetterie ou à leur bien-être la santé, la vie même de leurs enfants, nous devons ajouter ces mères infortunées que des circonstances fâcheuses

contraignent à renoncer aux joies de l'allaitement. Par ce siècle de misère, de chlorose, d'étiolement général, d'éducation mal comprise, celles-ci sont fort nombreuses et nous devons les plaindre autant que nous avons stigmatisé les autres.

Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de dire pendant la grossesse si la femme pourra, oui ou non, nourrir son futur enfant. Les signes sur lesquels on se base, exposent souvent à des mécomptes et le mieux, croyons-nous, est de toujours engager la mère à allaiter son enfant à moins de contre-indications absolues.

Ces contre-indications viennent du côté de la nourrice ou du côté de l'enfant.

A. — Contre-indications venant du côté de la nourrice.

Elles proviennent : 1° de l'âge de la nourrice et de l'âge du lait; 2° de l'état des seins; 3° de l'état général; 4o du retour de certains états physiologiques (menstruation et grossesse); b° de la condition sociale.

— Age delà nourrice et âge du lait. — Une bonne nourrice doir avoir de vingt à trente ans, et l'âge du lait ne doit pas dépasser de dix mois l'âge de l'enfant. Cette loi n'a pourtant rien d'absolu et souffre de nombreuses exceptions. Dans le cas où l'on serait obhgé de confier un enfant à une nourrice ou de lui donner du lait en dehors des limites de l'âge que nous prescrivons, on redoublera d'attention et de surveillance, et ce ne sera qu'après avoir constaté que l'enfant périclite, que le médecin se décidera à le retirer à sa nourrice pour le faire élever au biberon.

2° — Etat des seins. — Les obstacles à l'allaitement maternel venant des seins résultent tantôt d'un vice de conformation ou d'une maladie des seins, tantôt d'une altération de la qualité ou de la quantité de la sécrétion mammaire.

a. — Vice de conformation des seins. — Le mamelon, au lieu d'être saillant et d'offrir une prise facile aux lèvres de l'enfant, est quelquefois rentrant et circonscrit par une dépression plus ou moins profonde qui lui donne une certaine analogie avec la cicatrice ombilicale. C'est en vain, dans ces conditions, que l'enfant cherche à saisir le sein; il s'épuise en efforts inutiles sans jamais réussir à prendre sa nourriture.

De nombreux moyens ont été préconisés pour obvier à ce vice de conformation des seins. Tous les appareils inventés peuvent rendre de réels services, mais bien souvent ils sont impuissants, ne donnent aucun résultat, fatiguent à la longue la peau du mamelon et leur application est suivie de gerçures et de crevasses.

b. — Maladies des seins. — l"" Eczéma du mamelon^ excoriations et gerçures^ fissures et crevasses. — Nous n'avons pas à nous étendre sur l'étiologie et la symptomatologie de ces affections peu graves en elles-mêmes, néanmoins toujours sérieuses par les conséquences fâcheuses qu'elles peuvent entraîner au point de vue de l'élevage des nourrissons. Bien souvent, en effet, elles résistent à tout traitement et ne cèdent qu'à un seul, la cessation de l'allaitement.

2° Erysipèle, lymphangite, phlegmons et abcès, engorgement laiteux. — L'érysipèle et la lymphangite ne s'observent guère en l'absence de lésions de l'aréole et du mamelon. Celles-là y sont surtout exposées qui, en dépit des gerçures ou crevasses, s'obstinent à continuer

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l'allaitement. La succion, en effet, empêche le tissu de granulation de se former ou le déchire s'il est déjà formé, de sorte que les vaisseaux lymphatiques restent presque constamment ouverts et présentent une porte d'entrée aux germes morbides de toute espèce, qui y pénètrent avec la plus grande facilité et engendrent des phlegmons et des abcès.

Le phlegmon reconnaît presque toujours pour cause première les gerçures ou les crevasses du sein. Il est superficiel, moyen ou profond, et se termine presque toujours par formation d'abcès. Les plus fréquents sont les abcès glandulaires ou parenchymateux. Quelle que soit la méthode employée pour leur traitement, ces abcès sont généralement multiples et présentent une suppuration prolongée, ce qui expose l'enfant aux accidents graves, souvent mortels, de l'absorption du pus. Si les abcès sont bi-latéraux, il est inutile de temporiser, il faut éloigner immédiatement l'enfant du sein. C'est ce qu'il faut faire aussi dans l'engorgement laiteux, sinon la maladie, au lieu de se terminer par résolution, aboutira à une inflammation générale de la mamelle, à une mastite suivie de suppuration.

c. — Agalactie. — L'agalactie peut être totale ou partielle : totale, quand la sécrétion laiteuse manque absolument; partielle, quand elle est seulement insuffisante pour fournir aux besoins de l'enfant. Une tétée dure ordinairement quinze minutes; si l'enfant ne s'endort pas au bout de ce temps, s'il continue, s'il s'acharne à téter, c'est que le sein ne lui fournit pas assez de lait ou lui fournit un lait dont les qualités nutritives sont insuffisantes. C'est alors le cas de s'aider du lait de vache et de recourir à l'allaitement mixte.

Il n'est pas rare de rencontrer certaines nourrices qui

ne peuvent allaiter que d'un seul sein, une des deux glandes étant atrophiée. A priori il semblerait que la valeur nutritive d'une nourrice sèche d'un côté dût être annihilée de moitié, il n'en est rien. En vertu de la loi de compensation physiologique des organes, le sein utile se développe plus qu'à l'état normal, et la perte du premier se trouve balancée par une hypermégalie du second, parfois monstrueuse.

De l'enquête poursuivie pendant deux ans par le professeur Sabatier de Lyon, il résulte que l'hypermégalie du sein utile n'est qu'une trompeuse apparence, et qu'en conséquence il faut refuser les nourrices n'ayant qu'un sein ou du moins avoir à leur égard une sévérité et une surveillance exceptionnelle.

d. — Galactorrhée et altération du lait. — La galactorrhée ou sécrétion trop abondante du lait est nuisible à l'enfant et à la mère. Celle-ci, pour peu que la maladie se prolonge, se trouve bientôt épuisée par cette espèce de diabète lacté; et, si elle s'obstine à nourrir, elle ne tarde pas à succomber à une phtisie à forme particulière, justement appelée la phtisie des nourrices.

Si le lait est trop pauvre, l'enfant est exposé à périr par inanition graduelle; s'il est, au contraire, trop nourrissant, il présentera bientôt les accidents, toujours très graves, de la suralimentation.

Tel lait convient à l'un et ne convient pas à l'autre, et l'enfant, aidé de la balance, est en somme le meilleur réactif. Il arrive quelquefois qu'une analyse chimique très minutieuse et conduite avec la plus grande habileté, est incapable de décéler dans le lait aucune altération, et pourtant le dépérissement de l'enfant prouve qu'il est absolument impropre à la nutrition. Dans ce cas, il faut changer de nourrice ou avoir recours au lait de vache.

ICARD. 3

3° — Etat général. — Toutes les affections aiguës ou chroniques diminuent ou tarissent la sécrétion lactée, amoindrissent le pouvoir nutritif du lait, et en cela peuvent nuire à l'enfant et devenir une contre-indication de l'allaitement au sein. Mais, depuis les nouvelles théories sur la pathogénie des maladies infectieuses, depuis que l'attention a été appelée sur le nombre et la gravité des affections qui peuvent résulter de l'introduction de certains germes dans l'organisme, la question de l'influence des maladies de la nourrice sur la santé du nourrisson a été envisagée sous un jour nouveau : la contagion; et l'on s'est demandé si le lait ne pouvait pas servir de véhicule à l'agent infectieux, pour aller de l'organisme de la mère à celui de l'enfant. La réponse à cette question a été affirmative, et les preuves que nous donnerons dans le cours de ce travail ne nous permettent pas d'avoir le moindre doute sur la possibilité de la contagion par le lait.

a. — Affections AiGuiis. — Le tableau suivant, emprunté à Vernois et Becquerel, donnera une idée des troubles apportés à la sécrétion lactée chez la femme par certaines maladies aiguës :

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