SELS
Trouble moral très vif
Malaise général, cour-
,Métro-vaginite aiguë..
Métro-péritonite aiguë.
Que faut-il faire lorsque la nourrice est atteinte d'une affection aiguë? Ya-t-il une règle applicable à l'universalité des cas? Doit-on enlever l'enfant à sa nourrice pour le confier à une autre nourrice ou pour le soumettre définitivement à l'allaitement artificiel? Faut-il seulement temporiser, laisser passer l'orage pathologique, et attendre qu'avec la convalescence la fonction lactée se soit rétablie, et doit-on espérer pouvoir rendre l'enfant à sa nourrice primitive? La question est fort délicate : le médecin la tranchera le plus sagement possible en tenant également compte de l'intérêt de la mère et de celui de l'enfant.
Une affection aiguë, légère et dont la durée ne dépasse pas quatre semaines, n'est pas une contre-indication formelle de l'allaitement maternel. Mais si l'affection est grave et se prolonge au delà de certaines limites, un mois et demi par exemple, l'avis de Parrot, de Natalis Guillot et de Delore est que la mère doit renoncer radicalement à nourrir son enfant; c'est du reste ce qu'enseignaient nos pères. Trousseau a réagi contre cette doctrine trop absolue et estime que le plus souvent la mère pourra et devra reprendre l'allaitement lorsque la maladie aura cessé : « La sécrétion du lait, dit-il, surtout chez une femme bonne nourrice, reprend très facilement et aussi abondamment qu'auparavant, alors que depuis quinze jours, trois semaines, un mois, elle s'était suspendue. Je l'ai même vue reprendre après trois mois. » C'est ce qui a été constaté aussi par Gubler, Ballou, Siredey, Mochez, Rouvier et bien d'autres auteurs.
Afin de faciliter la tâche du médecin, nous allons rapidement dire un mot des principales maladies aiguës qui peuvent devenir une indication à la suspension
momentanée oa définitive de l'allaitement maternel.
Une bronchite simple, quand bien même elle s'accompagnerait d'un peu de fièvre, n'est pas un obstacle sérieux à l'allaitement. Il n'en est pas de même de la pneumonie ou fièvre pneumonique pour l'appeler plus justement. Ici l'enfant doit être éloigné de sa nourrice, et cela, non seulement parce que, dans les six ou sept premiers jours de la maladie, la sécrétion lactée se trouve tarie ou considérablement diminuée, mais surtout parce qu'en persistant de faire prendre le sein à l'enfant, on l'expose à une contagion presque sûre. Les recherches expérimentales faites à ce sujet sont d'accord avec les faits cliniques et ont permis d'affirmer la possibilité du passage des pneumocoques de l'organisme de la mère dans celui de l'enfant par l'intermédiaire du lait.
Ce que nous disons de la pneumonie s'applique également et pour les mêmes raisons à toutes les maladies infectieuses aiguës, telles que les fièvres éruptives, l'érysipèle, les oreillons, le rhumatisme articulaire, la fièvre typhoïde, le choléra, la fièvre jaune et la grippeinfluenza à forme grave.
Les auteurs restent muets sur la possibilité de la transmission de la diphthérie de la nourrice à l'enfant ; mais ce que nous savons des autres maladies infectieuses doit suffire pour tenir éveillée notre méfiance. Seul Ufi'elmann rapporte le cas d'un enfant de quatre mois qui contracta la diphthérie en tétant une nourrice diphthéritique.
Lorsque la fièvre puerpérale se déclare intense chez une femme en couches, il faut tout de suite enlever l'enfant, le confier à une nourrice ou le soumettre à l'alimentation artificielle; à la disparition des accidents fébriles, l'enfant est rendu à sa mère, dans le cas où
INDICATIONS DE l'ALLAITEMENT ARTIFICIEL 41
l'infeclion n'a été que locale et n'a pas dépassé la région péri-utérine. Mais si l'infection a été générale, s'il s'agit d'une véritable septicémie, il faut maintenir l'éloignement de l'enfant. Celui-ci, en effet, ne trouverait dans le lait de sa mère qu'une nourriture très insuffisante et s'exposerait à une infection certaine par les streptocoques et autres microbes de la fièvre puerpérale.
Chez les ictériques, généralement le lait est coloré en jaune comme les autres sécrétions. Mende, Franck, Villeneuve, ont vu des nourrices transmettre l'ictère à leurs nourrissons. Par contre, Heberdeen a vu une femme atteinte de jaunisse au plus haut degré allaiter sans inconvénient son enfant, et ce durant un mois et demi.
b. — Affections chroniques. — 1'' Tuberculose. — L'allaitement accélère la marche de la tuberculose, souvent même en fait éclater tous les signes chez les femmes surtout qui vivent dans de mauvaises conditions hygiéniques. Ne voyons-nous pas les vaches laitières de Paris ■et de toutes les grandes villes, quoique soumises à une alimentation forcée, devenir pour la plupart phtisiques et succomber en peu de temps à cette fatale maladie, si on ne les renvoie pas assez tôt à la campagne? Et c'est pourquoi, au dernier Congrès de la tuberculose (Paris, 1893), il a été dit qu'en aucun cas la mère prédisposée à la tuberculose ne doit nourrir son enfant au sein. C'est l'opinion de tous les médecins.
Le lait des tuberculeuses, du reste, est considérablement altéré dans sa composition et possède des propriétés infectieuses; il peut en outre communiquer la tuberculose aux enfants qui l'ingèrent. Il existe des observations d'enfants nés bien portants, sans antécédents héréditaires, et devenus tuberculeux à la suite d'un allaitement par des nourrices atteintes de phtisie.
2° Syphilis. — Un enfant, né de parents syphilitiques, ne doit dans aucun cas être confié à une nourrice saine : agir autrement serait exposer celle-ci à une contaminalion presque certaine et aller contre les lois les plus élémentaires de la justice et de l'humanité.
Il y a quelques années, la syphilis était une contreindication de l'allaitement maternel, lorsque la mère était considérée comme saine, aujourd'hui on fait à celle-ci l'obligation formelle de nourrir son enfant, alors même que la maladie aurait été transmise par le père au moment de la fécondation de l'ovule, sans qu'il y ait eu contamination de la mère. On sait, en effet, par la loi de Colles, que la mère ne contracte jamais la syphilis en allaitant son enfant atteint de cette diathèse par voie héréditaire.
11 faut donc insister auprès de la mère pour qu'elle nourrisse elle-même son enfant, et, dans le cas où l'on se butterait à des difficultés insurmontables du côté de la famille et où il serait impossible de se procurer une nourrice syphilitique, il ne resterait plus qu'à avoir recours à l'allaitement artificiel par le biberon ou mieux par une ânesse ou une chèvre. Nous nous élevons de toutes nos forces contre l'avis de certains médecins qui, en pareille occasion, n'hésitent pas à confier l'enfant à une nourrice saine, après avoir toutefois averti celle-ci des dangers possibles de contamination qu'elle court.
Lorsque la mère contracte la syphilis après Vaccouchement, elle doit immédiatement et toujours cesser l'allaitement. L'obligation qui la contraint à cette nécessité est la même que celle qui contraint une mercenaire syphilitique à n'accepter aucun enfant pour l'élever au sein. Ici, en effet, la contamination de l'enfant serait certaine, que celle-ci se fasse par le lait ou plutôt par
les excoriations qui ne tardent pas à apparaître sur Le mamelon de la nourrice syphilitique.
La contagion syphilitique, dans un autre ordre de faits, peut se faire également de l'enfant à la inère, dans le cas de syphilis non héréditaire, mais contractée accidentellement par l'enfant après sa naissance. Si la mère n'est pas syphilitique, elle doit renoncer à l'allaitement, confier son enfant à une nourrice atteinte de la diathèse ou le faire élever au biberon.
Enfin il est un cas où l'enfant doit toujours être élevé au biberon, c'est lorsque la mère a contracté la syphilis dans les derniers mois de la grossesse. Le doute où Fou est de savoir si l'enfant est ou n'est pas syphilitique commande de ne pas le confier à la mère qui pourrait le contaminer et de ne pas le confier non plus à une nourrice qu'il pourrait contaminer.
3° Maladies de la peau. — Au point de vue particulier qui nous occupe, les maladies de la peau doivent être divisées en trois catégories : celles qui ne sont que la manifestation d'un simple état local, celles qui s'accompagnent d'un état général mais accidentel et passager^ enfin celles qui révèlent une altération de l'économie tout entière, altération permanente et habituelle.
A la première catégorie appartiennent l'eczéma, l'impétigo, le lichen : ces maladies ne sont une contre-indication de l'allaitement au sein que lorsqu'elles sont à l'état chronique et qu'elles présentent une étendue et une intensité exceptionnellement considérables.
Dans la seconde catégorie nous trouvons l'ecthyma chronique, le rupia, le pemphigus, le purpura; et dans la troisième, l'éléphanliasis, le molluscum, le lupus, la kéloïde. Toutes ces affections, aussi bien celles classées dans la deuxième catégorie que celles classées dans
la troisième, d'après Gazenave, sont toujours un obstacle à l'allaitement au sein.
A° Biathêses, cachexies et affectiom diverses. — Les diathèses, les cachexies, les affections générales qui sont le résultat de l'inlroduclion dans l'organisme d'un poison (mercure, plomb, etc.), d'un miasme, d'un germe organisé, d'un virus, se transmettent par l'allaitement de la mère à l'enfant. C'est une question qui a été résolue, et sa solution par l'affirmative n'offre rien de contraire aux lois de la physiologie et de la pathologie.
Quelle que soit la cachexie, toute femme qui en est atteinte, ne doit pas nourrir. Celle qui, en pareille circonstance, voudrait s'obstiner à supporter les fatigues de l'allaitement, serait exposée à succomber à cette nouvelle cause de dénutrition, et ne donnerait, en tout cas, à son nourrisson qu'un aliment insuffisant et presque toujours mauvais.
L'allaitement constitue une condition très fâcheuse pour les paludéennes, surtout pour celles arrivées à la période cachectique; et de plus, des faits cliniques nombreux établissent de la manière la plus péremptoire la possibilité de la transmission de la nourrice à l'enfant par l'intermédiaire du lait.
L'allaitement doit être aussi interdit aux femme anémiques, « même dans le cas, dit Uffelmann, où elles sécréteront des quantités de lait sufflsantes ». Ce lait, en effet, est trop pauvre et presque toujours insuffisant pour la bonne alimentation de l'enfant.
Carpenter, Morel, Ferrand et Yidal, Descroizilles et Lancereaux ont signalé l'influence néfaste de l'alcool absorbé par la nourrice sur le nourrisson. Une femme ayant des habitudes d'ivrognerie est un danger perpétuel pour l'enfant, lequel se trouve ainsi exposé à tous
les accidents de l'alcoolisme. Touloiize a observé des convulsions et Marchand a cru reconnaître des symptômes d'ivresse chez des enfants dont les nourrices avaient absorbé de notables quantités d'alcool.
La fréquence de la cirrhose hépatique chez les enfants en bas âge, en Angleterre, aurait, parait-il, pour cause principale l'intoxication alcoolique transmise par le lait de la nourrice.
L'anis et l'absinthe, qui forment la base de certaines liqueurs très répandues, passent également dans le lait et il ne faut pas oublier les propriétés éminemment convulsivantes de ces deux plantes.
5** Etat mental et affections nerveuses diverses. — La folie, dans certains cas, a reçu une impulsion funeste de l'allaitement et nous avons cité, dans un autre ouvrage, de nombreux exemples de nourrices criminelles, dont la responsabilité, fort douteuse et très difficile à apprécier, les mettait, au point de vue psychique, au même rang que les femmes enceintes ou récemment accouchées. Sur cette question, pourtant, la science n'a pas encore dit son dernier mot et nous nous trouvons en face de deux opinions nettement contradictoires.
La lactation, exposant à la manie puerpérale, Jacquemier estime qu'on ne doit pas conseiller l'allaitement aux femmes qui ont des antécédents héréditaires. Davin, Guislain, Landais émettent un avis contraire.
En présence de la divergence des auteurs et des faits qui semblent également défendre l'une et l'autre opinion, il est bien difficile de prendre un parti d'avance, et le mieux, dans la pratique, est de se comporter prudemment et de s'inspirer des circonstances. Lorsque la névrose est nettement confirmée, le doute n'est plus
permis, et le médecia doit interdire l'allaitement.
Il agira de même dans l'hystérie, lorsque les attaques sont fréquemment répétées et de nature à ébranler l'organisme entier. L'allaitement, en effet, en appauvrissant le sang, amène la prédominance du système nerveux et l'on voit la névrose augmenter d'intensité et de fréquence. D'autre part, nous savons que chaque accès hystérique modifie essentiellement la composition du lait au point de le rendre impropre à l'alimentation de l'enfant.
De même les violentes passions, les grandes émotions, la frayeur, la colère, le chagrin, etc., etc., peuvent transformer le liquide nourricier en un véritable poison, et l'enfant qui l'absorbe, l'enfant qui prend une mauvaise tétée, comme on dit communément, se trouve exposé aux plus graves accidents (coliques, diarrhée, vomissement, insomnie, agitation, convulsions, la mort même) K
— Retour de certains états pliysîologiqnes . —
Menstruation et grossesse. — Le retour des règles est un phénomène fâcheux lorsqu'il apparaît dans le cours de l'allaitement, surtout au début. Cette perte périodique de sang est une nouvelle cause d'épuisement, et, chez certaines femmes, elle nécessite la cessation immédiate de l'allaitement. Le lait est alors sensiblement altéré dans sa quaUté et dans sa quantité : il devient le plus souvent insuffisant et d'une digestion difficile pour le nourrisson.
Le tracé graphique indique généralement un arrêt de
4. Certa enim docuerunt infantes qui ira furentium obstetricum ubera duxerunt, subito convulsos fuisse (Van Swieten).
croissance ou une diminution de poids, qui se répète chaque mois à la même date; la ligne, d'ascendante qu'elle était, devient horizontale et même descendante pendant les quelques jours qui précèdent, accompagnent et suivent la menstruation.
Il est certains enfants pourtant dont la santé n'éprouve aucune altération durant la menstruation de leur nourrice: chez ceux-là, quand même constaterait-on quelques légères perturbations, il n'y a pas le moindre motif de cesser l'allaitement. Si, par contre, les troubles sont très prononcés et persistants, si l'augmentation quotidienne du poids continue, au delà de l'époque des règles, à rester au-dessous de la normale, on fera bien de donner une nourrice à Tenfant ou de le mettre à l'alimentation artificielle.
Les cas de grossesse survenant dans le cours de l'allaitement ne sont pas très rares. Roberton (de Manchester) est arrivé à cette conclusion que, sur 100 femmes, cinquante conçoivent dans le cours de l'allaitement.
La grossesse est une cause d'interruption de l'allaitement. La femme, en effet, a alors besoin de toutes les ressources de l'organisme et l'enfant ne saurait profiter d'une nourriture qui lui est presque toujours insuffisante et de mauvaise qualité. D'autre part encore, la femme qui donne le sein pendant sa grossesse, s'expose à avorter, car il existe des rapports de sympathie entre la mamelle et l'utérùs, et les titillations répétées du mamelon souvent déterminent des contractions prématurées de la matrice.
o'^ — Condition sociale. — Il semblerait tout d'abord que la condition sociale de la femme ne pût fournir aucune
contre-indication de l'allaitement maternel, et que la femme, qu'elle appartînt au monde élégant ou à la classe ouvrière, ne pût, hormis les cas signalés plus haut, se soustraire à l'ohligation de nourrir elle-même son enfant. Tl n'en est rien pourtant, et les plus beaux raisonnements comme les plus belles maximes ne changeront pas la chose, à moins de changer la société ellemême.
Les motifs que font valoir les dames de la haute société pour se dispenser des devoirs maternels, n'ont qu'une apparence de raison, et nous condamnons absolument ces mères qui, devant le berceau de leur enfant, se rappellent uniquement qu'elles sont femmes du monde et ne songent qu'à paraître et à briller. Avoir de l'argent n'est pas une raison suffisante pour oublier son enfant, et lorsque des reines ont nourri elles-mêmes leurs enfants, on se demande comment certaines femmes se croient tenues par leur rang à refuser le sein au fruit de leurs entrailles.
Dans la classe ouvrière, des exigences d'un autre ordre et d'un intérêt autrement élevé, ne laissent pas toujours à la mère pauvre les loisirs nécessaires pour élever ses enfants. Des occupations d'où dépendent en partie leur existence et celle de leur famille, obligent les journalières, les employées de magasin, etc., etc., à passer la plus grande partie de leur temps hors du foyer domestique, et force leur est de confier leurs enfants à des mains étrangères, de les porter à la crèche du quartier ou de les laisser à la maison à la garde d'un autre enfant plus âgé ou d'une voisine obligeante. Ici nous n'avons pas à compter sur une nourrice, les ressources du ménage ne nous permettant pas d'y songer.
B. — Contre-indications venant du côté de l'enfant.
Elles peuvent tenir à deux causes : 1° à la faiblesse congénitale de l'enfant ; 2° à des vices de conformation ne permettant pas la succion.
1° — Faiblesse congénitale de l'enfant. — La faiblesse congénitale est presque toujours la conséquence d'une naissance prématurée. Si nous résumons les symptômes I importants de cet état de faiblesse native, nous notons en première ligne le petit poids de l'enfant et son inertie musculaire.
La respiration est à peine sensible; le thorax, pour I ainsi dire, immobile, ne présente que très imparfaite- I ment ces alternatives d'élévation et d'affaissement si manifestes chez l'enfant robuste. La raison de cette fai- : blesse respiratoire se trouve dans le peu de développement des muscles préposés au jeu de l'inspiration et de I l'expiration.
Non seulement l'enfant n'a pas la force de se remuer et de respirer longuement, il n'a même pas la vigueur nécessaire pour téler. Les muscles de la paroi buccale, eeux de la langue et du voile du palais sont insuffisants pour opérer la succion; la déglutition même est souvent languissante. Nous dirons dans un autre chapitre comment doit se faire l'alimentation; il nous suffît pour le moment de savoir que l'enfant atteint de cette affection ne peut pas prendre le sein de sa mère, et qu'il est nécessaire d'avoir recours à des moyens artificiels pour lui conserver son existence précaire.
2*^ — ■ Vices de conformation ne permettant pas la snccion. — Un vice de conformation qui est assez commun, mais dont l'importance et la fréquence ont été exagérées, est la brièveté du frein de la langue. Ce vice constitue ce qu'on appelle vulgairement le filet \ il est sans gravité et empêche rarement les enfants qui en sont affectés, de téter facilement.
Le seul vice de conformation réellement grave, parce qu'il s'oppose presque toujours à l'allaitement au sein, est le bec-de-lièvre. Cette affection consiste en une division verticale et permanente de l'une ou de l'autre lèvre, et plus souvent de la lèvre supérieure. Le bec-delièvre est unique ou double, simple ou compliqué. Dans ce dernier cas, avec la fissure de la lèvre, coexiste une division du squelette, s'étendant quelquefois à toute la voûte palatine et même au voile du palais, c'est alors la gueule-de-loup.
En dehors du bec-de-lièvre, nous devons encore signaler, comme pouvant entraîner l'impossibilité de l'allaitement par le sein, certaines tumeurs sublinguales et l'hémiplégie faciale, conséquence fréquente de l'application du forceps. Ce dernier accident guérissant en général assez promptement, l'allaitement artificiel ne sera que temporaire ; les tumeurs sublinguales devront être incisées ou extirpées le plus tôt possible.
Tels sont les principaux obstacles à l'allaitement au sein. D'après l'exposé que nous venons d'en faire, on conviendra, comme nous l'affirmions dès le début, qu'il n'est pas toujours facile de résoudre la question. Cependant il importe qu'elle soit nettement et promptement résolue; l'hésitation ici ne saurait être prolongée, de trop graves intérêts sont enjeu. Continuer l'allaitement
alors qu'il est contre-indiqué ou le cesser alors qu'il pourrait être continué, c'est, dans l'un et l'autre cas, méconnaître l'intérêt capital de la mère et de l'enfant, créer pour tous les deux un danger permanent , les exposer à des accidents souvent funestes ou hâter une terminaison fatale. C'est pourquoi les parents, quelle que soit la légitimité du motif qu'ils puissent faire valoir, ne devront jamais d'eux-mêmes prendre une décision. Le médecin sera toujours consulté, et c'est sur son avis seulement que la mère se décidera à nourrir son enfant^ à le confier à une nourrice ou à l'élever au biberon.