ANCIENNE LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE ET
FÉLIX ALCAM, ÉDITEUR
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No.
PRÉFACE
SoMMATHE. — Puissance du nombre dans la nation et dans la famille. — Le nombre diminue en France. — Une page de statistique. — Différentes causes de la dépopulation. — Si nous faisons peu d'enfants, sachons au moins conserver ceux que nous avons. — Grande mortalité infantile. — Défaut d'hygiène dans l'alimentation et surtout dans l'allaitement artificiel. — Les Sociétés protectrices de l'enfance. — La loi Roussel. ~ Des résultats surprenants obtenus depuis son application. — Des modifications à apporter à la loi Roussel. — Ce que nous devons espérer des gouvernements et ce que nous devons demander aux mères et aux nourrices. — But de cet ouvrage.
Les enseig-nements de l'histoire nous apprennent qu'une nation ne vaut que par le grand nombre de ses sujets : la victoire, presque toujours, reste aux plus nombreux. C'est un fait qu'on ne saurait nier; nous en avons la preu/e dans les invasions de ces tribus nomades qui, à différentes époques, se répandirent de tous côtés comme les flots d'un vaste océan humain, et triomphèrent des empires réputés les plus solides. Rome, la ville lumière, célèbre dans le monde entier par ses poètes, ses philosophes, ses orateurs, ses historiens, devint la proie de barbares sans culture intellectuelle et
VI PRÉFACE
dont toute la force résidait dans le nombre. Et qui sait si, un jour, nous, les civilisés et les intelligents, mais les moins nombreux, nous ne disparaîtrons pas écrasés par des hordes inconnues, qui surgiront tout à coup, abandonnant, où elles sont trop à Télroit, les pays pastoraux au milieu desquels elles poussent avec la même fécondité et la même abondance que l'herbe sauvage de leurs steppes. Quand il s'agit de conflit entre masses, la quantité prime la qualité. Certes, les qualités morales et intellectuelles ne sont pas à dédaigner; elles ont leur force et jouent un rôle prépondérant dans les causes multiples qui assurent à une nation sa suprématie sur une autre! Mais, dans un siècle où tous les peuples sont irrésistiblement poussés et marchent d'un pas égal dans la voie du progrès, prêts à atteindre tous en même temps le dernier terme d'une civilisation presque maladive, la force du nombre, qui a toujours été la vraie force, la force vive d'une nation, sera toujours la plus puissante, et la dernière victoire, les événements sont là pour le démontrer, appartiendra toujours à la quantité.
Ce qui est vrai des nations, l'est également des familles; leur force, comme celle des arbres, se mesure au nombre de leurs rejetons.
Malheur à la famille, quelque riche et puissante qu'elle soit, dont l'avenir ne dépend que d'une seule existence. Elle me rappelle ce magnifique monument dont les Philistins étaient si fiers, mais dont la masse imposante ne reposait que sur une