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seule colonne. Samson apparut qui renversa ce gigantesque soutien, et Fédifîce devint un monceau de ruines. Samson c'est un malheur imprévu, c'est une catastrophe soudaine, c'est la mort qui, en un instant, engloutit toutes les espérances, et détruit à jamais une famille rattachée à l'humanité par des liens trop peu nomhreux pour être assez résistants et triompher des orages de la vie. Voyez les familles juives, dont les grandes richesses nous étonnent autant qu'elles excitent nos convoitises. Dispersés sur tous les points du globe, persécutés dans tous les temps et dans tous les lieux, les Juifs, grâce à la puissance prolifique de leur race, sont toujours sortis sains et saufs de la lutte. Ils ont lu dans leurs livres sacrés que la première richesse du père est le grand nombre de ses enfants; et ils croient à ces livres, qui sont pourtant aussi les nôtres, et c'est parce qu'ils ne craignent point de se reproduire qu'ils ont des alliés, des appuis, des soutiens partout : c'est par la famille que les Juifs sont puissants.
Soyons donc nombreux et nous aurons des familles puissantes et nous serons une nation forte. Or, le nombre s'en va en France et nous diminuons tous les jours.
Quelles sont les causes de notre infériorité numérique? Il importe de donner une réponse à cette question, et nous verrons que la faible natalité, dans notre pays, n'est pas la seule cause de la dépopulation. A elle vient s'ajouter, pour hâter
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l'œuvre funeste, la grande mortalité des enfants, mortalité effrayante, qui justifie l'apparition de ce livre et élève au rang des bienfaiteurs de Fiiumanité tous ceux qui, par leurs écrits, leurs largesses, leur dévouement, ont essayé de conjurer le terrible fléau. Ceux-là sont plus que de grands bienfaiteurs, ils sont encore de grands patriotes, car ils conservent à la patrie des enfants qui, un jour, seront sa force, peut-être son salut!
Si nous consultons les statistiques de la France à différentes époques, nous trouvons que le chiffre de ses habitants était :
Sous Philippe le Bel 10 000 000
Sous Henri IV 16 000 000
Sous Louis XIV 19 000 000
En 1790 25 500 000
En 1872 36 102 000
En 1891 38 843 122
Il semblerait, d'après ces chiffres, que l'état de la population de la France a toujours été en croissant, et qu'il est aujourd'hui en pleine prospérité. D'une manière absolue c'est vrai; mais si nous comparons l'accroissement annuel des différentes nations, et si nous mettons en parallèle la durée de leur période de dédoublement, nous voyons avec tristesse que nou§ tenons le dernier rang et que nous sommes en pleine période de décroissance. C'est ainsi que la France, pour suivre la marche ascensionnelle des autres pays, pour dédoubler sa population, a besoin de deux cents ans, tandis
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qu une période de cinquante à cinquante-cinq ans suffît à d'autres nations.
C'est 900 000 naissances de plus qn'il nous faudrait tous les ans pour que l'accroissement de notre population pût être comparé à celui de l'Allemag-ne.
D'après une très savante et très consciencieuse étude du professeur Ch. Ricliet sur l'accroissement des populations, il est démontré que dans quarante-quatre ans l'Allemagne et l'Autriche auront une population de 134 millions, la Russie de 158 millions, l'Angleterre de 63 millions et la France de 44 millions seulement. Ces chiffres, suivant l'auteur, expriment un fait aussi certain que les faits les plus certains de la géométrie et de la chimie.
En 1700, la France formait les 38 0/0 de la population totale des grandes puissances, actuellement elle n'en constitue que les 13 0/0.
D'après M. de Candolle, si la natalité continue toujours à être la même partout, dans deux cents ans, on pourra trouver 860 millions d'hommes parlant anglais, 124 millions s'exprimant en allemand, 69 millions et demi seulement ayant le français pour langue maternelle.
Et malheureusement, notre situation, au lieu de s'améliorer, va s'aggravant toujours, et, à force de diminuer nos naissances, nous sommes arrivés à ce résultat que, pour la première fois, en pleine paix, on a vu une nation compter plus de décès que de naissances. Si nous jetons, en effet, un
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reg"ard sur les chiffres des naissances et des décès pendant la dernière période décennale, nous constatons que, jusqu'à l'année 1889, le nombre des naissances avait toujours surpassé, dans notre pays, le nombre des décès, et, pour ces neuf dernières années, l'excédent des naissances sur les décès a représenté un total de 708 26i individus, soit en moyenne 78 000 à 79 000 par an. Ce n'est pas brillant, comparativement à l'accroissement de la population de l'Allemagne, qui se chiffre par un demi-million d'individus par an, et encore moins brillant comparativement à l'accroissement de la Russie qui se chiffre depuis 1886 par une moyenne annuelle de 1 500 000, ce qui donne en six ans un accroissement de 9 millions d'habitants. Mais enfm il n'y avait pas recul, il y avait une légère prog^ression. Or, en 1890, plus de progression même légère, nous constatons un recul, et un recul accentué ; il n'y a plus un excédent de naissances, mais un excédent de décès qui est de 38 446. Pareil fait ne s'était jamais produit en France, si ce n'est dans les années de guerre, en 1855 (guerre de Crimée) et en 1871 (guerre franco-allemande). Le nombre des naissances a diminué de telle façon qu'en 1890 nous avons eu cent mille naissances de moins que chacune des années écoulées de 1881 à 1889. Ces chiffres nous expliquent pourquoi l'élément étranger nous envahit tous les jours et domine presque chez nous dans certaines régions. Au recensement de 1888, on a signalé sur notre sol la présence de 1 137 037 étrangers de nationa-
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lités différentes, c'est-à-dire trois fois plus que n'en possèdent l'Angleterre et l'Allemagne réunies.
La cause principale de notre faible accroissement se trouve dans le petit nombre de ménages en France et dans leur peu de fécondité. Le Français se marie de moins en moins, surtout dans les grands centres où Funion libre, l'union temporaire, généralement stérile, est entrée dans nos mœurs et tend à prédominer. Et quand il se marie, le Français fait peu ou pas d'enfants. Cela tient à différents motifs, à certaines dispositions de nos lois qui pèsent lourdement sur le pauvre, à la misère qui règne dans le foyer, au paupérisme, ce monstre hideux dont l'empire s'étend tous les jours et contre lequel ]a société se débat en vain, comme une victime qu'une pieuvre immense resserre dans ses puissants tentacules, mais surtout cela tient à l'instruction sans Dieu, à l'absence de l'élément religieux et moral, à Toubli des commandements divins qui disent aux familles : « Croissez et multipliez », et à ceux qui seraient tentés de se soustraire à certain devoir par un crime : « Vous ne tuerez point ».
Si nous faisons peu d'enfants, sachons au moins conserver ceux que nous avons; nous augmenterons d'autant la force de notre patrie.
La mortalité infantile, en France, pendant les deux premières années de la vie, est considérable et dépasse toute prévision. Elle peut atteindre.