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UNE RATION ÉQUILIBRÉE

L'alimentation des volailles est assez semblable à celle de tous les autres animaux domestiques; la ration employée doit varier suivant le but auquel elle est destinée. Une bonne alimentation doit comprendre des grains ronds et moulus, de la verdure, de la nourriture animale et de l'eau à discrétion. Il est aussi avantageux de donner du charbon de bois.

Ce n'est pas tout que de donner ces aliments, il faut encore les fournir dans les quantités nécessaires pour former la ration propre à obtenir l'objet désiré. Une ration de ce genre est dite bien équilibrée.

Une ration bien équilibrée est celle qui contient tous les éléments de la nutrition— protéine, hydrates de carbone, matière grasse — dans la proportion nécessaire pour l'entretien de la vie et de la production chez l'animal auquel elle est donnée. Ce n'est pas tout cependant; il a été démontré à la lumière des connaissances les plus récemment acquises (1) qu'il est essentiel que la ration contienne de la protéine (matière azotée) et que cette protéine doit être non seulement en quantité abondante mais de la bonne sorte; (2) qu'il y ait une quantité suffisante de matière minérale, (3) que la ration contienne suffisamment de vitamines de la bonne sorte.

Protéine.— La protéine est la partie azotée de la nourriture; elle est principalement employée pour la croissance, pour le renouvellement des tissus usés et pour la production.

Il y a plusieurs sortes de protéines; les unes contiennent tous les acides aminos connus dont dix-huit ont déjà été identifiés — tandis que d'autres n'ont pas tous ces acides aminos; il leur en manque un ou plusieurs. Il a été démontré par des recherches que si la protéine dans le régime alimentaire ne contient pas les acides aminos "lysine" et "typtophane", les fonctions vitales^ ne peuvent s'accomplir. La production des œufs et des produits semblables dépend principalement de la protéine que renferme les aliments.

Hydrates de carbone. — Les hydrates de carbone se composent principalement d'amidons et de sucres. Us fournissent le chaleur et l'énergie du corps.

Matières grasses. — Les matières grasses sont souvent classées avec les hydrates de carbone, parce qu'elles servent aux mêmes fins, mais elles sont plus concentrées que ces derniers.

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DESCRIPTION DE LA PLANCHE MONTRANT LES ORGANES DIGESTIFS DE LA VOLAILLE

La nourriture qui entre dans la bouche passe par l'œsophage ou gosier (n° 1) puis se rend de là dans un élargissement de l'œsophage en forme de sac appelé jabot (n° 2) d'où elle passe dans l'estomac proprement dit (n° 3) où elle se mélange avec les sucs digestifs, après quoi elle passe dans le gésier (n° 4) où elle est finement triturée, puis elle va dans le duodénum (n° 5) (première portion du petit intestin) où elle se mélange à une sécrétion de foie (n° 6) -appelée bile, qui est emmagasinée dans la vessie (n° 7) ainsi qu'avec les sucs du pancréas (n° 8) puis elle passe par l'intestin long (n° 9) où l'absorption se produit et dans les cœcums (n° 10) après quoi le résidu passe dans le rectum (n° 11) et par une continuation du rectum appelée cloaque (n° 12) (jonction des intestins et de Toviducte) pour être excrétée par l'anus (n° 13).

Les autres organes indiqués sont (n° 14) le cœur, (n° 15) les poumons, (n° 16) l'ovaire, (n° 17) la rate, (n° 18) la marge où le lobe gauche du foie a été enlevé, (n° 19) l'oviducte.

Dessin original de A. B. Wiokware, aide-pathologiste.

Lorsqu'une ration contient plus de protéine qu'il n'en faut, ce surplus de protéine peut combler un manque d'hydrates de carbone et de matière grasse, mais ce n'est pas faire un emploi économique de la protéine que de s'en servir à la place des hydrates de carbone ou de la matière grasse, car c'est l'aliment le plus coûteux de la ration. Par contre les hydrates de carbone et la matière grasse ne peuvent jamais prendre la place de la protéine; on voit donc qu'une ration qui manque de protéine ne peut donner de bons résultats, quelque riche qu'elle soit en hydrates de carbone ou en matière grasse.

Cendre ou matières minérales. — Les matières minérales désignées sous le nom de "Cendre" sont aussi très importantes car elles entrent pour une large part dans la formation des os et des coquilles d'ceufs. On est encore mal renseigné sur la quantité d'éléments minéraux que doit contenir une ration pour permettre la croissance normale ou la ponte abondante. Il est donc bon d'en donner une quantité considérable, de façon à ce qu'ils soient toujours en excès de la quantité réellement nécessaire.* Des expériences entreprises sur les mammifères ont démontré que les rations qui ne contiennent pas suffisamment de matières minérales causent parfois l'avortement, ou que la progéniture vient au monde dans un état rabougri et mal développée. N'y a-t-il pas lieu de croire que les conditions qui exercent ces effets dans le cas des mammifères donneraient des poussins morts en coque, chétifs ou maladifs? Ce que nous avons fait remarquer au sujet des protéines et des composés minéraux indiquent la nécessité de la varrété dans la ration. En opérant sur ce principe, ce qui manque dans un aliment doit être fourni par un autre.

Vitamines. — Les vitamines sont des substances essentielles à la vie, qui sont présentes dans certains aliments, en quantités si petites qu'elles sont presque invisibles.

Les vitamines sont aussi anciennes que la vie, mais ce n'est qu'assez récemment qu'elles ont été découvertes. On est encore peu renseigné à leur sujet. En autant que nous sachions, elles ne sont fabriquées que par des plantes, et l'on n'a découvert encore aucun moyen qui permette de déterminer leur composition chimique. On admet généralement qu'il y a trois sortes de vitamines, la vitamine A, soluble dans le gras; la vitamine B, soluble dans l'eau, et la vitamine C.

1. Vitamine A, soluble dans le gras. — Cette vitamine anti-rachitique est très importante pour les éleveurs de volailles ; si elle fait défaut, ou s'il n'y en a pas assez dans la nourriture, les poussins auront les pattes faibles.

Des recherches récentes ont fait voir qu'il sera peut-être nécessaire de diviser cette vitamine en deux groupes, l'un qui se rapporte à la croissance et à l'ophthalmie, l'autre au rachitisme. Cependant, comme elles se rencontrent souvent ensemble, on peut les prendre comme une seule et même vitamine dans la pratique ordinaire de l'alimentation. L'huile de foie de morue est riche en cette vitamine et des expériences ont démontré qu'elle prévient la faiblesse des pattes chez les poussins et qu'elle la corrige après qu'elle est apparue.**

2. Vitamine B, soluble dans Veau. — La vitamine anti-névritique offre une grande importance pour les aviculteurs, car le manque de cette vitamine cause la polynévrite chez les volailles. Cependant comme elle se rencontre dans la plupart des aliments ordinaires, notamment les céréales et les parties feuillues des plantes, toute ration ordinaire devrait la fournir en quantité suffisante. Les levures sont une source exceptionnellement riche de cette vitamine.

'6. Vitamine C. — Cette vitamine anti-scorbutique est très importante pour le régime humain et spécialement pour l'alimentation des bébés nourris à la bouteille, où l'on ajoute souvent du jus d'orange, un élément riche en cette vita-

* Bulletin 49 et 350 de la station expérimentale du Wisconsin. ** Voir rapport des fermes expérimertale de 1924.

mine, mais elle n'a, en autant que nous sachions, aucune importance dans l'alimentation des volailles.

4. Vitamine D. — De même que pour la vitamine A, il y a une tendance à considérer qu'il y a là plutôt deux vitamines qu'une. La lettre A est donnée pour la vitamine anti-ophthalmique et la lettre D pour la vitamine anti-rachitique.

Des recherches récentes ont fait voir qu'il y a également une vitamine qui se rapporte à la reproduction, mais en autant que nous sachions, les vitamines A et B sont les seules qui méritent d'être prises en considération au point de vue de l'alimentation des volailles.

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