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UNE RATION ÉQUILIBRÉE

L'alimentation des volailles est assez semblable à celle de tous les autres animaux domestiques; la ration employée doit varier suivant le but auquel elle est destinée. Normalement, une ration à volailles se compose de grains, ronds ou moulus, et de leurs sous-produits, d'aliments d'origine animale, de substances minérales, d'aliments supplémentaires (vitamines) et d'eau.

Ce n'est pas tout que de donner ces aliments, il faut encore les fournir dans les quantités et les proportions nécessaires pour former la ration propre à obtenir l'objet désiré. Une ration de ce genre est dite "bien équilibrée".

Disons, pour être plus précis, qu'une ration bien équilibrée est celle qui contient des protéines, des hydrates de carbone, des matières grasses, des substances minérales (cendre), de la cellulose (fibre), et les aliments supplémentaires nécessaires (vitamines) dans les proportions nécessaires pour l'entretien de la vie, de l'activité et de la production chez ranimai qui les consomme. Il est essentiel également que tous ces éléments nutritifs soient fournis sous la forme voulue et dans la variété nécessaire pour que l'animal reçoive des protéines de la bonne espèce, des substances minérales dans la bonne proportion et sous une forme promptement assimilable, et les vitamines nécessaires pour provoquer une bonne assimilation de ces éléments. Chacun des éléments qui précèdent de la ration est considéré ici séparément, en détail.

Protéine. — La protéine est la partie azotée de la nourriture; elle est principalement employée pour la croissance, pour le renouvellement des tissus usés et pour la production.

Il y a plusieurs protéines, qui n'ont pas toutes la même valeur alimentaire. En dehors de leur composition chimique, qui varie beaucoup en ce qui concerne la proportion d'azote et de soufre, les protéines contiennent certains acides appelés "acides aminos". "Les protéines comme la gélatine qui ne renferment pas les acides aminos tyrosine, cystine et tryptophane, ne suffisent pas pour tous les besoins physiologiques, car elles ne peuvent fournir toutes les "pierres à bâtir" nécessaires pour la formation des protéines du corps. Pour qu'une protéine ou un mélange de protéines soient nutritifs, il faut qu'ils renferment dans leurs molécules tous les acides aminos essentiels, et dans les mêmes proportions que dans les

protéines du corps en lesquels ils doivent être transformés.* Beaucoup de protéines manquent de l'un ou de l'autre des acides aminos, mais une protéine peut suppléer ce qui manque à une autre sous ce rapport; on voit donc qu'une ration, pour être bonne, doit contenir plusieurs genres de protéines. Le développement et le maintien des tissus musculaires, des organes glandulaires, des plumes et des œufs, dépend dans une large mesure, de la perfection avec laquelle les protéines de la nourriture sont assimilées.

Hydrates de carbone. — Tous les hydrates de carbone peuvent être convertis en graisse, et déposés sous cette forme dans différentes parties du corps. Ils peuvent aussi être convertis en glycogène et emmagasinés sous cette forme dans le foie d'où ils sont tirés pour être convertis en glucose et utilisés dans l'organisme. Ils jouent donc pour ces raisons un rôle important dans le maintien du poids du corps chez les poules fortes pondeuses. Ils se composent principalement de sucres et de fécules.

Matières grasses. — Les matières grasses sont très semblables aux hydrates de carbone, car elles sont employées principalement pour la production de chaleur et d'énergie. Elles sont déposées en grandes quantités dans les tissus et autour des organes internes. Les matières grasses sont une source d'énergie plus concentrée que les hydrates de carbone. Lorsqu'il y a insuffisance à la fois d'hydrates de carbone et de graisses, les protéines peuvent être converties en matières grasses pour la production de l'énergie, mais les hydrates de carbone et les matières grasses ne peuvent être converties en protéines. On voit donc qu'une ration qui manque de protéines ne peut donner de bons résultats, quelque riche qu'elle soit en hydrates de carbone et en matières grasses.

Matières minérales (Cendre). — Outre les trois éléments que nous venons de mentionner, la matière minérale, qui est le terme employé pour désigner les composés minéraux, est importante également, car elle entre dans presque toutes les fonctions du corps et spécialement dans la formation des os et des coques d'œufs. De même, certaines substances minérales, et notamment le fer et le cuivre, font partie de la composition normale du sang et sont essentielles pour prévenir l'anémie. Le rôle de deux substances minérales, le calcium et le phosphore, spécialement dans l'alimentation de la cellule vivante et dans la formation des os, leur donne une grande importance dans la nutrition.

On ne sait pas encore au juste quelle est la meilleure quantité de substances minérales pour les volailles. Ce que l'on sait, cependant, c'est que les grains des céréales, qui forment de beaucoup la plus grande partie de la ration, sont pauvres en ces substances minérales qui stimulent la croissance et la ponte. Il faut donc fournir ces substances en plus de la ration régulière de céréales, et puisque la meilleure quantité n'a pas été déterminée, comme nous disions plus haut, il est nécessaire d'en fournir en excès; le surplus est évacué par les reins et l'équilibre est ainsi maintenu. Il a été démontré également qu'un bon équilibre entre les substances minérales est nécessaire, spécialement dans la proportion relative de calcium et de phosphore pour la formation des os.

Cellulose ou fibre. — La cellulose se compose principalement des parties ligneuses des plantes. Les voUiai-Mes ne peuvent pas s '«assimiler beaucoup de cellulose; elles digèrent trop vite pour cela et il n'y a pas d'enzymes pour désagréger la cellulose dans leur appareil digestif; elles diffèrent sous ce rapport des ruminants et de la plupart des gros animaux. On peut donc, pour toutes fins pratiques, considérer que la cellulose n'a aucune valeur nutritive dans la ration des volailles. Elle exerce, cependant, une influence bien nette sur la masse de la ration, et, par conséquent, sur la quantité qui est consommée d'autres principes nutritifs. On a souvent remarqué que les volailles qui reçoivent une ration extrêmement pauvre en cellulose sont portées à ramasser de la paille, de l'herbe sèche et d'autres substances du même genre, et il en résulte un blocage du jabot.

* The Newer Knowledge of Nutrition. McCollum, E. V. et Simmonds, N. 4e édition.

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Fig. 1. — Description de la planche montrant les organes digestifs de la volaille.

La nourriture qui entre dans la bouche passe par l'œsophage ou gosier (n° 1) puis se rend de là dans un élargissement de l'œsophage en forme de sac appelé jabot (m» 2) d'où elle passe dans l'estomac proprement dit (no 3) où elle se mélange avec les sucs digestifs, après quoi elle passe dans le gésier (no 4) où elle est finement triturée, puis elle va dans le duodénum (no 5) (première portion du petit intestin) où elle se mélange à une sécrétion de foie (n<> 6) appelée bile, qui est emmagasinée dans la vessie (no 7) ainsi qu'avec les sucs du pancréas (no 8) puis elle passe par l'intestin long (no 9) où l'absorption se produit et dans les cœcums (no 10) après quoi le résidu passe dans le rectum (no 11) et par une continuation du rectum appelée cloaque (n© 12) (jonction des intestins et de Foviduote) pour être excrétée par l'anus (no 13).

Les autres organes indiqués sont (no 14) le cœur, (no 15) les poumons, (no 16) l'ovaire, (no 17) la rate, (no 18) la marge où le lobe gauche du foie a été enlevé, (no 19) l'oviducte.

Dessin original du Dr A. B. Wickware.

Vitamines. — Les vitamines, ou les aliments accessoires comme on les appelle parfois, sont des substances d'origine surtout végétale, qui sont essentielles à la vie et spécifiquement à «certaines fonctions de l'organisme. On n'était pas parvenu jusqu'à ces tout derniers temps à isoler les vitamines sous une forme pure, mais on croit avoir réussi à isoler la vitamine D à l'état pur en ces deux dernièreis années (1931-1932). Les vitamines reconnues jusqu'ici ont été classées et ont reçu une nomenclature précise. Elles n'ont pais toutes une grande importance dans la nutrition des volailles, mais nous les passerons sommairement en revue.

Vitamine A. — Cette vitamine est dite soluble dans la graisse ; elle ne se rencontre donc que dans les substances graisseuses. Sa présence dans la ration est essentielle pour la croissance normale. Son absence peut causer une maladie des yeux, appelée xéropthalmie, et beaucoup augmenter également les risques d'infection. Les poussins qui ne reçoivent pas de vitamine A ne se développent pas; ils perdent l'usage de leurs membres et finissent par mourir. Une maladie commune chez les volailles et que l'on appelle goutte viscérale est attribuée à l'insuffisance die :1a vitamine A, mais les preuves à ce sujet ne sont pas complètes. On sait cependant que îles volailles o(nit un plus grand besoin de vitamine A que la plupart ides autres animaux.

Vitamine D. — Cette vitamine est également soluble dans la graisse. Sa présence est essentielle pour la formation des os; le symptôme le plus important en son absence est un rachitisme prononcé. Elle paraît être aussi nécessaire que la vitamine A pour les volailles; on sait que son absence cause le rachitisme, la diminution de la croissance, la production de coques molles chez les œufs et un affaiblissement de l'aptitude à l'éclosion. Ce n'est que dans un très petit nombre de substances que la vitamine D se rencontre en concentration suffisante pour ôtre utile comme aliment supplémentaire dans les rations des volailles. Cependant, en la présence de la lumière directe du soleil, la croissance peut être normale et la formation des os parfaite quand bien même les substances contenant cette vitamine manquent dans la ration. On considère que les rayons ultra-violets du soleil activent une substance que l'on trouve dans la peau, ce qui cause la production de la vitamine D. Cette source de la vitamine D (par la lumière du soleil) a une grande importance dans l'alimentation des volailles.

Vitamine B. — Cette vitamine est soluble dans l'eau. On considérait autrefois qu'elle était distincte, mais on sait maintenant qu'elle se compose d'au moins cinq principes séparés et distincts. Comme la nature de ces différentes parties n'a pas été définitivement établie, nous ne les considérerons pas ici à l'exception de deux fractions B1 et B2, dont l'effet marqué sur la nutrition des volailles a été démontré.

La vitamine B1? connue comme le facteur anti-névritique, est essentielle pour la croissance; son absence cause une maladie nerveuse des volailles, tout à fait typique, appelée polynévrite. Les symptômes de cet état sont typiques, indéniables. Lorsque cette vitamine est fournie, la guérison est effectuée dans un temps remarquablement court.

La vitamine B2 est appelée vitamine anti-dermatite; lorsque cette vitamine i ne se trouve pas dans la ration, les plumes se hérissent, tombent, la base du bec s'enflamme, se couvre de gale, et la mort survient si la vitamine n'est pas fournie.

Les vitamines Bj et B2 sont généralement associées dans les mêmes aliments et comme les grains de céréales, et particulièrement certaines parties des grains (embryon), sont relativement riches en ces vitamines, on ne considère pas qu'à l'heure actuelle l'on ait besoin de s'en inquiéter dans l'alimentation des volailles, parce que celles-ci consomment beaucoup de grains. Ce n'est cependant qu'après de nouvelles recherches que l'on saura si cette idée est bien conforme aux faits.

Vitamine C. — L'absence de cette vitamine cause le scorbut, et comme les poulets ne paraissent pas être sujets au scorbut on ne considère pas que cette

vitamine soit importante dans l'alimentation des volailles. En fait, dans certaines expériences qui ont été conduites, les volailles ont vécu normalement sous un régime scorbutique, c'est-à-dire sans la vitamine C.

Vitamine E. — Cette vitamine (vitamine anti-stérile) influence la fertilité; la reproduction peut ne pas avoir lieu lorsque cette vitamine est absente. On a démontré, cependant, qu'elle existe en grandes quantités dans les grains de céréales, spécialement dans l'huile de germe, la verdure et la chair, et il est tout probable qu'on n'a pas à en tenir compte dans l'alimentation des volailles.

Un fait significatif et qui nous montre l'importance du rôle des vitamines dans l'alimentation des volailles, c'est que les vitamines A, B, C et D se trouvent tourbes dans 'lies produits des voilages , c'est-à-dire, lies œufs et la viande.

Vitamines dans les aliments

Toute une masse de données a été accumulée, spécialement en ces derniers dix ans, touchant la valeur d'un grand nombre d'aliments au point de vue des différentes vitamines qu'ils fournissent. Il est très utile que l'aviculteur connaisse la valeur des différents aliments qui lui sont offerts, car il peut ainsi choisir les ingrédients de sa ration avec une certitude raisonnable au point de vue des vitamines qu'ils renferment. Nous donnons au tableau suivant la compilation la plus récente à ce sujet (1932). Dans le tableau, o indique que la vitamine n'a pas été découverte; x, que la substance contient la vitamine; xx, qu'elle est une bonne source de la vitamine; xxx, qu'elle est une source riche de la vitamine. Dans la colonne intitulée B les valeurs sont celles de la vitamine B soluble dans l'eau. Lorsque des déterminations séparées ont été faites pour Bj et B2 les valeurs sont indiquées dans les colonnes pourvues. A l'exception de l'huile de sardine seulement, les valeurs indiquées ci-dessous sont extraites de "Vitamines; une étude des connaissances actuelles", une monographie du Conseil de recherches médicales sous le rapport spécial, Série n° 167.

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