POUR DIFFÉRENTES CLASSES DE VOLAILLES
Volaille
Poussins en croissance (6-S semaines)
Poules pondeuses
Sujets reproducteurs
Protéine nécessaire dans l'aliment total
Phosphore nécessaire dans l'aliment total
Calcium nécessaire dans l'aliment total
Vitamine A par liv.
de l'aliment total
Unités internationales
Vitamine D par liv.
de l'aliment total
Unités A.O.A.C.
pour poussins
Riboflavine par liv de l'aliment total
Microgrammes
Acide pantho- Clioline ténique par liv. de par liv. de l'aliment
l'aliment total total
Milli- Milli-
grammes grain nies
roo
* Extrait de l'Annuaire agricole de 1939 du ministère do l'Acrriculture des Etats-Unis et du Rapport n° 1 du Comité sur l'alimentation animale publié par le Conseil national des recherches (E.-U.).
Avant de pouvoir composer des rations avec succès, il faut que l'aviculteur connaisse les besoins de chaque élément nutritif des différentes classes de volailles. Le tableau donné plus loin indique ces besoins avec autant d'exactitude que les connaissances actuelles le permettent.
Le tableau qui précède n'indique les besoins qu'approximativement, étant donné que la protéine, les substances minérales et les vitamines dépendent de la rapidité de la croissance, de la production, etc. En conséquence, ces besoins diminuent constamment pendant la période de croissance. En ce qui concerne la protéine par exemple, après six semaines environ, les besoins déclinent du 20 p. 100 nécessaire pendant la période du premier élevage à 14 p. 100 environ, juste avant la ponte alors que la crête des oiseaux commence à rougir. Pour les sujets reproducteurs et les poules pondeuses, les besoins sont par ailleurs assez constants tant que la production se maintient ou qu'il se produit des œufs d'incubation.
Période du premier élevage ou d'éducation
Nous avons vu que les poussins devraient être nourris dès qu'ils entrent dans la poussinière au sortir de l'incubateur, ce qui se fait généralement lorsqu'ils ont 24 heures. On peut aussi à ce moment tenir continuellement à leur disposition de la pâtée sèche. Il est bon, juste avant de les nourrir, de jeter sur le parquet un peu de gravier à poussins; des coquilles d'huîtres finement broyées devraient aussi être mises à leur disposition.
Fio. 2. — Trémie de plein air — Le couvercle est rabattu pour laisser voir les compartiments ménagée aux différents genres d'aliments. La porte d'alimentation est toi niée.
Comme la croissance est extrêmement rapide pendant la période du premier f\oc, celle-ci exige naturellement de fortes quantités de protéine et de substances minérales. Pour 1rs mêmes raisons et parce que les poussins sont nécessairement tenus renfermés pendant une grande partie de cette période, elle exige aussi beaucoup de vitamines. Il est donc essentiel que l'on apporte le plus grand soin à la préparation (\c> pâtées employées. (,(> serait une économie bien mal entendue que de lésiner sur la ration pendant cette période, d'autant plus qu'en raison de la petitesse des poussins, la consommation de nourrituri
relativement faible (tableau 3) et qu'une ration complète, quelque dispendieuse qu'elle soit, n'augmente que très peu le coût de l'élevage. Voilà pourquoi on considère que c'est une pauvre économie que de donner des rations insuffisantes pendant cette période.
1. Espace pour les aliments. 2. Couvercle à charnières fermé. 3. Gravier. 4. Coquilles. 5. Grain. 6. Pâtée. 7. Charbon de bois.
FlG. 3. — Trémie de plein air — Plan du devant et coupe de la trémie représentée à la figure 2. Le dessus est couvert de papier à toiture. Ce papier s'arrête au faîte par-dessus lequel est fixée, avec une peinture de ciment, une bande de grosse toile, faisant ainsi un couvercle absolument imperméable à l'eau.
Pour donner un exemple du type de moulés à employer pendant les six ou huit premières semaines de la vie d'un poussin et pour démontrer comment •équilibrer la ration pour tous les éléments nutritifs importants en se guidant sur les besoins des oiseaux, voici une moulée de premier âge. Toutes les données nécessaires à la composition de cette ration sont prises au tableau 1.
Ingrédients
Protéine
Fibre
Calcium
Phosphore
Manganèse
Vitamine A
Riboflavine
.Maïs jaune moulu 25
.Avoine grossière moulue.. 20 Petit son de blé ou gru
rouge 20
Hecoupes de blé ou gru
blanc 20
Farine de feuilles de luzerne déshydratée 5
Parine de poisson (à forte teneur en protéine) 5
cr
Milligrammes
Unités internationales
Microgrammes
Déchets de viande (55 p.
100 de protéine) 2
Poudre de lait de beurre ou de lait écrémé 2
Poudre d'os 1
Total 100
Par livre de moulée
En ce qui concerne la vitamine D, J p. 100 d'huile de poisson garantie comme Tenfermant 400 unités A.O.A.C. de cette vitamine par gramme en fournirait 225 imités par livre de moulée, ce qui suffit amplement aux besoins de la croissance. Etant donné que la ration ci-dessus renferme une très forte proportion de vitainine A, le supplément de cette vitamine dans l'huile de poisson ne serait pas nécessaire; c'est pourquoi une huile renfermant une proportion modérément élevée de vitamine D et peu de vitamine A serait satisfaisante. L'alternative •consisterait à employer une source contenant exclusivement la vitamine D, comme le cholestérol irradié, qui ne renferme pas de vitamine A. Il ne faut pas
GQ
HO
Ntf HP^
Offl
oW oo
do
os
HpS
^Ph
Ho
Ou:
PQ <j
o cd 02
Ph
rà xn hh^
g Ph Ph
O rH "^ <D
^H ri
■fi ï? °3 •-?
o o a 3 Ph g œ
fiM£g w fn d
O o3 K te a^
HCO!D(NN'*HNKIHN«00'*000>0'*COOOOOiOHNN
00'HHMO)OMOsNMffiN'*MOOOOO^(NHO'*00'*OOHM 0<MCO'*lCOOO(M»OOOOCOXi03(M'*NOf0005H(MM(ûOOOrH
rn OOOOOOHHHHMlNNINeO«M'*'^T}(Tt(iniCiOiO>OtD
THOOCOO'^(XiroOO'0»0 0'HroCTiT}<OOTt(rHC0^10>N'-H©IMCi i-HC05Di-HNTtlrHNOOOONOO'*OiCONTH(rq(M'*CDOOO«)N
OHMCOiOK)rHWœ05(MlONOO'HTj(00'*0!0^'0'*'*©NC» .2 OOo6oOHHHH(MMN(NMC0C0,*'*'0i0iC>0©OtDt0
rHMCDrHNlOTflTtlNWCOOœ^OûOOOWCONOSlMCOœNO
S £fi^ o o p, 3 Pn g M
3 O ej C
Sh Q)
OOftP Ph fi «a
fi ce
O O g, 3 Ph g M
•hC^DS O P fi t. 9. 3
fi ^ 2 o a fi
o se M a
OONN^OOCOOiMOSCOIMNIMTjliOCONOMCiMiOfOONrt OHfqcOiOOOrHrH050fONO(NCOCOOiONM>0000'*NÛOCi
•S OOOOOOHHHN(NN«fOC<JPJH<H<TfiOiOiO(OtOtOCOœ
^00©OT((!OOMNa»OSNNHNNX»HMNOS'flMTl<0 <^CO<U3'-Hl^COC<lC^COCqcO'*lOi^'-HCDC^l>.C^t^OOCS5lOiCCOOO
00«3C<l00t^CDlO(M(MCOb-C<IO5T-HCCllOt^Tt<»O00'— lOlCOH^i- iMH 0'HlMM>ONO'<tNOOOCOHHNO)>H^OOOOCO'*œûOrHMTj( > • •
.!-i OOOOOOHHHHNN<NMNMCOM'*Tj(^^^^ioiO'0
T(lû005tO>Ot)0'*iH05rHO'*l010POTt*OWCSffirHrH010M
HCOOrHNCOONCOOOOOCONOOHCOCOrHIMOOOOOO'^rHœ
oo^oiO'-owNNNOsNroœNtoosioooœoi'^NioocrHvON 0'-<'HcqcO'<*tcDoO'-(M©orHioœocoœœ(NMN»OrHiNco
<NC^CHlCOCOCCCO'!tiT^TjHTtH»0>0»C»0
■*000350iOOOOO'*Oi'*>CO'*»OOïO'-iMtOiM©»iOM>0 rHroœrtN:OQ03NaiNNNQO(NœTt<MTHN>OMO»C'*>0
00«OiCOrHr)<(NO)0!OHOHN(NOOiOMOHv(OOHOOMIMN
O'HrHWCOrtiϞO'H'H/NOrHOONIN'^NOMCqtNNNOOOlO
.-h OOOOOOOOrHHHrHINMMC0MM'*HH^'«)<Ttt'!((TflHv(10
THMOS««5ûOX^CDN©MMWN'fO»NiHWW5 00S>00 hM©hNMO»NNtJ(NNHNtJIXh«)H(00^"ONO
OOOHHlMfCM^iOtONOOOîOHNrtiiONOOOHNMK)
rHrtHrHrHHrHCqMIMMM
OrHrHNMHHtoooon'
• -h OOCOOCOOHHHHHHNNNNMCOWMMMMncO
o ih îko "* ic c n ce c o i-< m co H* >o to n ce o c ^ ci :: -t iiî œ
oublier que dans cette moulée, le maïs jaune et la farine de feuilles de luzerne déshydratée se trouvenl en fortes proportions, d'où la haute teneur en vitamine A. tandis que beaucoup de rations requièrent la vitamine A «le l'huile d< poisson poui satisfaire les besoins. Lorsqu'on ajoute de l'huile de poisson en si faibles quantité.-, elle doit être incorporée à une petite quantité de moulée pour la mélanger ensuite avec une quantité plus grande, et ainsi de suite, afin d'obtenir un mélange parfait.
La moulée qui précède se complète par l'addition de \ p. 100 de sel ordinaire et de \ p. 100 de pierre à chaux broyée (95 p. 100 de carbonate de calcium) ou des coquilles d'huîtres broyées pour augmenter la proportion de calcium de 10 p. 100, ce qui donne un niveau de calcium de 1 p. 100 suffisant pour les besoins. Il y a déjà suffisamment de phosphore et de manganèse. Si l'on constate qu'il n'y a pas assez de manganèse, on ajoutera du sulfate de manganèse en poudre à raison de 4 onces par tonne de moulée. Bien que la riboflavine dans cette ration soit inférieure au niveau indiqué comme étant nécessaire (Tableau 2), elle s'y trouve en proportion bien supérieure à la moyenne pour les six premières semaines d'existence et suffit à assurer une bonne croissance.. Le point le plus important peut-être qu'il faut faire ressortir de l'analyse ci-dessus, c'est que l'on peut parvenir à obtenir une ration contenant les niveaux adéquats de tous les éléments nutritifs nécessaires, en faisant un choix approprié des ingrédients sur la base des valeurs indiquées au tableau 1.
Il faut faire mention spéciale de la protéine. Les aliments riches en protéine constituent la partie la plus dispendieuse de la ration. Si donc l'on peut réduire le niveau de protéine sans réduire excessivement l'efficacité de la ration, la chose en vaut la peine au point de vue économique. Les preuves obtenues dans les essais démontrent que 20 p. 100 de protéine fournit une croissance maximum avec le meilleur rendement dans l'utilisation des aliments. Puisqu'il en est ainsi, là où l'on désire le maximum de croissance, comme dans le cas des poulets de gril, une ration renfermant 20 p. 100 de protéine est appropriée. Toutefois, pour les poulettes on obtiendra avec des niveaux beaucoup moins élevés, une croissance satisfaisante, ainsi qu'un poids du corps, une production d'œufs et un poids des œufs semblables. Cela est particulièrement vrai si l'on fournit une herbe succulente et adéquate. Par exemple, une ration renfermant une proportion de protéine de 16 p. 100 et donnée jusqu'à l'âge de sept semaines, puis diminuée graduellement jusqu'à environ 14 p. 100 à l'âge de 24 semaines, a donné des résultats satisfaisants lorsque les oiseaux avaient un bon pâturage à leur disposition. Cependant, tous les aliments riches en protéine utilisée dans les rations des volailles ne doivent pas nécessairement être d'origine animale, puisque l'on peut remplacer les aliments d'origine animale dans une proportion ne dépassant pas 75 à 80 p. 100 par de la farine de soja. Toutefois, si l'on effectue ce remplacement, il faudra faire les rajustements nécessaires pour conserver la bonne proportion des autres substances nutritives.
Dans certaines conditions on peut être obligé de remplacer quelques ingrédients de la pâtée par d'autres. Ces changements ne devraient être effectués qu'au cas de nécessité absolue, mais comme ils peuvent être nécessaires, nous croyons utile d'indiquer ici comment on peut les faire tout en réduisant le moins possible la valeur nutritive de la pâtée. Par exemple, si l'on a beaucoup de lait écrémé ou de lait de beurre liquides à faire boire aux poussins, on pourra se dispenser de mettre de la poudre de lait écrémé ou de lait de beurre dans la pâtée. Si cette provision de lait de beurre ou de lait écrémé suffit pour que l'on ne soit pas obligé de donner de l'eau, on pourra réduire de moitié la farine de poisson et la farine animale (poudre de viande). S'il est impossible de se procurer l'un de ces deux ingrédients, la farine de poisson ou la farine animale, on pourra employer l'un à la place de l'autre, en tenant dûment compte du fait que la première est plus riche en protéine que la dernière. Si l'on n'a que de la
poudre de viande et d'os (50 à 55 p. 100 de protéine) à sa disposition, on pourra en mettre un peu plus et ne pas mettre de poudre d'os dans la pâtée. Quant aux céréales qui font partie de la pâtée on ne devrait avoir aucune difficulté à se les procurer dans la plupart des conditions, mais s'il est nécessaire de substituer, il ne faut pas oublier que les aliments contenant beaucoup de cellulose (fibre) comme l'avoine moulée et l'orge moulue, ne doivent jamais entrer en grande quantité dans une pâtée de premier âge et que l'on devrait toujours, quand on s'en sert, enlever au tamis la plus grande partie des balles. Enfin, n'oubliez pas, en remplaçant un aliment par un autre, que la ration indiquée ci-dessus a été calculée de façon que les poussins y trouvent la quantité nécessaire de protéine, de matière grasse, de substances minérales, de cellulose (fibre) et de vitamines et que tout changement qui abaisse sensiblement la proportion de ces substances dans la ration ou qui augmente la quantité de fibre, peut en réduire la valeur.
Période du deuxième élevage
Cette période, qui commence approximativement à l'âge de 8 semaines pour se terminer à la maturité, c'est-à-dire au complet développement du sujet, diffère sous plusieurs rapports de la période du premier âge; les poussins ne sont plus tenus en réclusion à ce moment et ils devraient toujours courir au soleil et avoir de la verdure fraîche en abondance; d'autre part, la rapidité de la croissance diminue graduellement à mesure que la maturité approche. Cette période de la vie des volailles est donc la moins exigeante de toutes au point de vue de la nutrition. Comme la croissance est moins rapide, il ne faut pas autant de protéine et de substances minérales; on peut donc donner moins d'aliments d'origine animale, — farine animale, farine de poisson, poudre de lait, etc. Si les poulets sont tenus sur un bon parcours, bien garni de verdure, ils y trouveront toute la vitamine A qui leur est nécessaire, et ils tireront de la lumière du soleil à peu près toute la vitamine D qu'il faut: l'huile de poisson, qui fournit ces vitamines, n'est donc plus guère nécessaire dans ces conditions. Notons également qu'il n'est plus aussi essentiel d'éviter les aliments fibreux car le poulet qui grossit peut s'accommoder d'une ration plus volumineuse.
On a généralement l'habitude d'employer moins d'aliments d'origine animale et d'aliments vitaminés dans la ration à poulets que dans celle à poussins et d'augmenter la quantité de gros ingrédients, en remplaçant le petit son (gru)
i'n, i. Abreuvoirs et trémies d'alimentation pour les petits poussins >'\ pendant la
première phase de l'éleva
FiG. 5. — Trémie à pâtée et abreuvoir pour le poulailler de ponte. Une grandeur commode pour l'abreuvoir est de 22 sur 36 pouces, et pour la trémie à pâtée de 24 sur 60 pouces par-dessus tout. On peut réduire la dimension du premier si un seau d'eau suffit. La trémie sans support mesure 12 sur 60 pouces.
par le son, et le gruau d'avoine par l'avoine moulue; on supprime aussi les huiles de poisson. Il y a un système alternatif cependant; on peut, si on le préfère, continuer à donner la ration de premier âge, c'est-à-dire la pâtée à poussins, jusqu'à l'époque où les poulettes sont mises dans le poulailler de ponte, mais alors on augmente la ration de grain afin de réduire la quantité de protéine et de substances minérales, etc., dans la ration. Par exemple, une ration à poussins comme celle qui est mentionnée ci-dessus contient environ 19 p. 100 de protéine, tandis qu'un mélange de grains communs en contient approximativement 11 p. 100. Si l'on donne une quantité suffisante de grain à picorer pour que la ration se compose de parties égales de grain et de pâtée,, îa quantité de protéine dans la ration totale sera de 19+11-^-2, ou 15 p. 100; si l'on donne deux fois autant de grain que de pâtée, on aura 19-j-ll+ll-^- par 3, ou 13-77 p. 100 de protéine dans la ration, ce qui est à peu près la bonne proportion pour les oiseaux approchant de la maturité. Ainsi, en commençant à donner du grain à l'âge de 6 ou 8 semaines, et en augmentant graduellement la quantité de ce grain jusqu'à en donner deux parties pour une partie de pâtée, on réduit graduellement la quantité de protéine et de substances minérales de la ration en proportion des besoins décroissants des oiseaux. Si le mélange de grains à picorer que l'on a préparé se compose de grains contenant de la balle, comme l'avoine et l'orge, le volume de la ration est augmenté également en proportion des besoins. Ce système offre plusieurs avantages. En premier lieu, il permet de changer la ration de façon très graduelle pour qu'elle réponde aux besoins de la croissance, qui changent eux aussi graduellement. En deuxième lieu, grâce à l'alimentation d'une proportion croissante de grains à picorer, le coût de la ration est suffisamment réduit pour compenser pour le coût un peu plus élevé de la pâtée à poussins par comparaison à la pâtée à poulets. Enfin, comme le grain à picorer dont on se sert est le plus souvent produit sur la ferme, on peut employer une plus forte proportion d'aliments d'origine locale
au lieu de moulées ou de produits de meunerie et réaliser une économie de ce chef. Il ne faut pas oublier que si les oiseaux ne sont pas sur un bon parcours vert, les suppléments, tels l'huile de poisson, la verdure déshydratée et la poudre de lait, sont absolument essentiels dans la ration de croissance.
Un mélange de grain à picorer peut se composer de presque toutes combinaisons de grains. Normalement, le blé doit entrer en forte proportion dans le mélange, car l'avoine et l'orge ont le défaut de contenir beaucoup de balle. On devrait employer de l'avoine bien remplie. Le blé d'Inde concassé est un excellent grain et l'on devrait s'en servir en quantités modérées chaque fois qu'on peut s'en procurer.
Période de la ponte
Les poulettes pondeuses sont plus exigeantes en fait de nourriture que celles qui n'ont pas encore dépassé la période du deuxième âge ; elles exigent à peu près la même ration que les poussins. La nourriture nécessaire à la production d'oeufs est la même que pour la croissance, mais il faut y ajouter une substance minérale pour aider à la formation de la coquille de l'œuf. Pendant cette période, la ration de premier âge indiquée convient très bien; il suffira d'y faire de légers changements, par exemple, remplacer le petit son de blé par le son de blé. Pour fournir les éléments nécessaires à la formation de la coquille de l'œuf, on ajoutera du calcaire à la pâtée à raison de 3 p. 100 sous forme de poussière de coquilles d'huîtres, ou de poussière de chaux riche en calcium (95 p. 100). On doit aussi toujours mettre dans une trémie, où les poules pourront en prendre quand elles le désirent, des coquilles d'huîtres broyées ou du gravier de chaux. La raison pour laquelle on recommande d'ajouter de la poussière de coquilles ou de chaux à la pâtée, c'est parce que l'on a constaté que lorsque ces coquilles sont mises simplement dans la trémie, beaucoup de poulettes n'en mangent pas suffisamment pour la formation de la coquille de l'œuf et sont ainsi forcées de tirer du calcium de leurs os. Il faut porter la proportion d'huile de poisson à -h p. 100 de la moulée, suivant sa puissance.
La ration qui précède doit être donnée avec du grain à picorer, pour que les poulettes consomment des quantités égales de grain et de pâtée, donnant ainsi une portion de 15 p. 100 de protéine, ce qui paraît suffire à la ponte.
Les oiseaux tenus dans les "batteries" de ponte donneront apparemment des résultats satisfaisants avec les rations de ponte ordinaires à condition que l'on ajoute à la pâtée une quantité supplémentaire de coquilles d'huîtres broyées ou de pierre à chaux broyée (95 p. 100 de carbonate de calcium). Une proportion approximative de 2-5 p. 100 de calcium (6 p. 100 de carbonate de calcium) de la ration totale semble donner des résultats satisfaisants.
Période de la reproduction
Cette période est de beaucoup la plus exigeante de toutes; il faut régler l'alimentation en vue d'obtenir une ponte abondante ainsi que des œufs qui éclosent bien. En se basant sur les besoins indiqués au tableau 2, on constatera facilement que si l'on porte la proportion d'huile de poisson à -^ p. 100, suivant sa puissance, tel que recommandé, pour la ration de ponte, la ration contiendra une quantité suffisante de vitamines A et D pour la ponte. Cependant, lorsqu'on donne des parties égales de grain, la riboflavine n'est qu'à un niveau d'environ 900 microgrammes par livre et doit être portée à 1,300 microgrammes au moyeu de substitutions ou de changements, tels l'augmentation de la farine de feuilles de luzerne déshydratée ou de la poudre de lait écrémé ou l'emploi de riboflavine synthétique. Si l'on n'a que du lait écrémé comme breuvage, ou peul alors augmenter suffisamment la teneur en riboflavine. On se souviendra que des pari Les égales de grain et de moulée sont données pendant les périodes de ponte et de reproduction; on tiendra compte de ce facteur lorsqu'on calculera la suffisance de la ration totale.
Ali ment s concentrés
On trouve actuellement dans le commerce ce que l'on appelle des pâtées ou aliments concentrés, spécialement préparés pour activer la croissance, la ponte
l'éclosion des œufs. Ces mélanges contiennent les principaux éléments essentiels de la ration, en dehors (W< grains moulus el de leurs sous-produits. Par exemple, un concentré de ponte peut contenir de la farine de poisson, de la farine animale, de la poudre de lait de beurre, de l'huile de foie de morue, du sel, de la poussière de chaux, du sulfate de manganèse, etc.; l'analyse peut révéler au delà de 30 p. 100 de protéine. Ces aliments servent à fournir les ingrédients plus coûteux, que Ton trouve difficilement à la campagne, et qui coûtent cher lorsqu'on les achète par petites quantités. Il y a, en effet, certains ingrédients que l'on a beaucoup de peine à se procurer et l'aviculteur qui ne les achète que par petites quantités doit nécessairement les payer plus cher. En outre, il est obligé de conserver des sacs entamés pour les mélanges à faire et souvent le contenu de ces sacs ouverts se détériore, particulièrement en été, lorsqu'ils sont conservés dans de mauvaises conditions, d'où l'utilité de ces pâtées concentrées. Un autre avantage de ces concentrés, c'est que le cultivateur peut y mélanger ses propres grains moulus. Prenons, par exemple, une pâtée concentrée contenant 35 p. 100 de protéine; on peut y mélanger deux parties de grains locaux pour une partie de pâtée, ce qui donne une proportion de 19 p. 100 de protéine dans la pâtée, et ce mélange est donné à son tour avec des parties égales de grain à picorer, faisant cinq parties de grains locaux pour une partie de concentré acheté. Si l'on désire avoir une ration "toute pâtée'', on peut mélanger 5 parties de grains locaux moulus avec une partie de concentré. Il est inutile d'insister sur les avantages que de tels aliments concentrés présentent dans certaines conditions.
Détérioration des aliments
Le fait que la ration est soigneusement composée de façon à renfermer toutes les substances nutritives nécessaires ne garantit pas que l'aliment sera adéquat lorsqu'il sera donné aux oiseaux. Les ingrédients alimentaires, pris isolément ou combinés, sont susceptibles de se détériorer au cours de la conservation, surtout les vitamines. Quant à la conservation ou emmagasinage proprement dit, les facteurs les plus importants entraînant la détérioration sont la longueur de l'emmagasinage et la température de l'endroit ou de la pièce d'emmagasinage. On utilisera les aliments aussitôt que possible après les avoir mélangés; si on les emmagasine, ce sera à une température aussi basse que possible. C'est une économie mal comprise que d'acheter en grande quantité afin de payer moins cher pour ensuite être obligé d'emmagasiner à température élevée.
L'oxydation et l'incompatibilité des ingrédients employés dans les mélanges, voilà deux causes importantes de détérioration.
C'est dans l'emploi de mélanges préparés d'avance que la perte de vitamines est le plus marquée. Etant donné que certains ingrédients ne sont employés qu'en très faibles quantités et qu'il est, en conséquence, très difficile de les distribuer uniformément dans une grande quantité de nourriture, on les mélange souvent ensemble avec un véhicule quelconque, comme les recoupes, le gruau d'avoine moulue, etc., de façon qu'ils aient assez le volume pour être mélangés convenablement dans la masse de la ration. Quelquefois, ces mélanges ''préparés d'avance" sont conservés longtemps et utilisés au fur et à mesure que l'on en a besoin. Ils se détériorent rapidement lorsque les conditions d'emmagasinage laissent à désirer. Le fait que certains ingrédients des mélanges préalables ne s'incorporent pas bien les uns aux autres augmente considérablement le risque de détérioration, particulièrement chez les vitamines.
On pourra réduire au minimum la perte de vitamines^ dans les mélanges préalables (préparés d'avance) en prenant les précautions suivantes: