IX. — MOYENS D'ACTION DE L'HYGIENE ALIMENTAIRE
Après avoir passé en revue les principales préoccupations de l’hygiène sociale au point de vue alimentaire, nous allons envisager les moyens qu’il convient de mettre en œuvre pour surveiller et diriger l’alimentation d’un peuple.
Ces moyens se divisent tout naturellement en moyens coercitifs et en moyens persuasifs. Les premiers demandent encore à être perfectionnés tout en ne devenant pas inopérants par une excessive rigueur.
Les moyens de coercition ne peuvent s’adresser qu'aux fabricants et aux vendeurs des produits alimentaires. Le consommateur lui n’est guère justiciable que de la persuasion par la propagande, l’éducation, etc.
Les fabricants et les vendeurs de produits alimentaires sont souvent déclarés irresponsables ou bien frappés de peines dérisoires, d’amendes largement compensées par les profits résultant de la fraude. Dans la règle, le commercant ou le producteur ne sont responsables que civilement en cas d’accident provenant d’aliments fournis par eux. Or, la gravité de certains accidents (phallinisme, botulisme, etc.)
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justifient pleinement la responsabilité pénale. Un commerçant qui vend, seiemment ou même par négligence, des champignons mortels ou de la viande avariée, commet ün acte criminel, justiciable d’une peine équivalente à celle qui frappe l’homicide par imprudence.
Bien plus, très souvent non seulement la responsabilité est prouvée, mais aussi l’addition de substances nocives dans le but d’un rendement meilleur au point de vue de vente. Toute une législation est à faire à ce point de vue-là. Les réglementations locales, municipales, mériteraient d’être remplacées par des lois ayant beaucoup plus de poids.
Quant au consommateur, il est évident qu’il ne peut faire l’objet de répression légale (sauf dans les cas où il a entraîné avec lui d’autres personnes. C’est ici qu’interviennent les mesures persuasives. On doit faire l’éducation du public, lui enseignant les principes d’une alimentation rationnelle. On doit faire connaître les rations alimentaires, sous une forme accessible à tous. On doit montrer les dangers de la sousalimentation, comme ceux de la suralimentation. Le public doit connaître la nécessité d’une certaine proportion d’aliments crus dans son régime. On doit lui enseigner l’existence des vitamines, l’importance de certains sels dans le régime, etc. Un soin spécial doit être réservé à l’enseignement des aliments toxiques, au danger des infections propagées par les aliments.
N'oublions pas enfin le rôle de l’hygiéniste pour surveiller l’alimentation de certains groupements, surtout où il y a des êtres jeunes : lycées, casernes, crè-
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ches, etc. Les rations spéciales nécessaires à ces sujets sont bien souvent méconnues.
Nous faisons nôtre le vœu émis par Funk, que nous avons cité plus haut, sur la nécessité d’un spécialiste en hygiène alimentaire attaché à ces institutions ou, tout au moins, celle d’une organisation chargée de la surveillance de l’alimentation nationale.