OBSERVATION XI
Enfant né dans de bonnes conditions ; premier enfant d'un jeune ménage bien portant; le père, trente-trois ans ; la mère, vingt ans.
Élevé dès le début au biberon, le lait était d'une origine excellente, recueilli avec soin à la campagne et très surveillé. On le stérilisait dans l'appareil Soxhlet et on le coupait de 1/3 d'eau. L'enfant se développa sans accident et devint gros el vigoureux : il eut ses deux premières dents à quatre mois et demi. Toutefois il avait une constipation opiniâtre, malgré les lavements et la manne.
Décembre 1902 : au commencement de décembre 1902, à six mois, il cherchait déjà à se tenir sur les jambes.
28 décembre 1902 : on remarque qu'il n’essaie plus de se tenir debout, et bientôt il cesse de mouvoir les membres inférIeurs.
12 janvier : le 12 janvier, à huit mois, brusquement il manifeste des douleurs dans la jambe droite, plus particulièrement, semble-t1l, dans le mollet ; les jours suivants, la douleur envahit la cuisse; on ne constate aucune trace de gonflement ou d'inflammation, mais cependant un léger gonflement de la région malléolaire. Puis, la douleur semble passer à gauche comme sl y avait alternance. À certains moments cependant, l'enfant paraît ne pas souffrir.
Mais les douleurs augmentent ; malgré l'usage de calmants, l'enfant pleure une grande partie du jour et de la nuit.
Le 29 janvier, à l'examen de l'enfant, on constate que les mouvements des membres inférieurs sont incomplets et dou-
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loureux, sans déterminer cependant le siège réel de la douleur ; les épiphyses sont un peu grosses: le thorax a un très léger chapelet chondro-costal. Sur la peau quelques éléments d'eczéma ortié.
Le traitement fut ainsi institué ; calomel pour combattre un état d'infection digestive non douteux que révélait l'état de la langue et des selles un peu odorantes. Supprimer le lait stérilisé, donner seulement du lait bouilli dix à douze minutes, et deux biberons de lait cru simplement tiédi ; couper le lait de 1/4 d'eau bouillie. Jus de citron : trente gouttes par jour. Bouillie de farine d'orge au bout de quelques jours.
Très rapidement les douleurs disparaissent ; au bout de huit jours, il n'en reste rien. Mais la constipation persiste.
Le 15 février, à neuf mois, l'enfant a deux nouvelles dents. A la fin de février (derniers renseignements), tout allait pour le mieux ; l'enfant prospérait et se Lenait sur les jambes.
L’allaitement artificiel par le lait vivant n’est pas seulement appelé à rendre des services dans les cas pathologiques. S'il est vrai de dire que «le lait de la mère appartient à l'enfant » que celles-ci doivent toutes allaiter, il n’en est pas moins vrai que toutes les mères ne peuvent allaiter. Il est incontestable que la nécessité de travailler, la grande fréquence des états pathologiques peuvent être un obstacle insurmontable à l'allaitement maternel : le lait vivant sera, dans ces divers cas, d’un merveilleux secours.
Nous rapportons ici 14 observations d'enfants sains, élevés à la Pouponnière de Porchefontaine, par les soins du D' Raimondi, à l’aide du lait cru provenant de
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vaches recévant une alimentation normale et traitées aseptiquement. Nous avons pu constater de visu l’état des nourrissons dont nous rapportons ici la courbe de poids : leur aspect est robuste el plein de santé, leurs chairs sont fermes ; la suture des fontanelles est rapide; ils ne présentent aucun des stigmates du rachitisme.
On pourra voir, dans les observalions rapportées cidessous, que les courbes de poids suivent une graduation régulièrementascendante et dépassant la normale !.
Aucun des nourrissons dont les observations sont rapportées ici n’a présenté de gastro-entérite. Si quelques-uns ont été mis une fois ou deux au sein de la nourrice, C'élail afin d'empêcher la sécrétion lactée de se tarir.
OBSERVATION 1 (due au D' Raiïmond)